‹ Pensées d'une solitaire: précédées d'une autobiographieChapitre 6 sur 22 · VI MA VIE · texte numérisé non relu

VI MA VIE

classe entière fut mise au régime de Talexandrin. Par une faveur toute particulière, le choix des sujets ne tarda pas à m'être laissé. Je n'y allais pas de main morte. Napoléon, Charlemagne, Roland, etc., y passèrent. Mes compagnes maudissaient leur curiosité et m'envoyaient à tous les diables. Le professeur était quelquefois si enchanté de mes compositions, de certains vers surtout, qu'il les portait tout chauds à Victor Hugo. Le grand poète lui-même n'a pas dédaigné de donner des conseils sur le rythme à la pensionnaire; je ne les ai jamais oubliés. Ce même professeur, dont j'étais l'élève favorite et gâtée, pourvoyait à mes besoins littéraires; ses poches étaient toujours pleines pour moi des productions du jour. Ajoutez à ces lectures l'étude de l'anglais et de l'allemand, Shakespeare, Byron, Gœthe, Schiller, m'ouvrant à la fois un nouveau monde poétique, et vous aurez une idée de l'activité et des délices de ma vie de pension. Tout le monde était alors d'accord pour me prédire un bel avenir littéraire.

De son côté, l'abbé Daubrée crut devoir faire preuve de sollicitude à mon égard.

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