‹ Pensées d'une solitaire: précédées d'une autobiographieChapitre 7 sur 22 · MA VIE. VII · texte numérisé non relu

MA VIE. VII

Tout frais émoulu du séminaire, il me communiqua quelques chapitres de ses cahiers de théologie. L*effet ne s'en fit point attendre. Ces dogmes, que je n'acceptais ni ne rejetais, auxquels, occupée que j'étais ailleurs, je ne songeais même plus, ces dogmes, dis-je, m'apparurent tout à coup dans leur monstrueuse absurdité. Je ne pus que les repousser en bloc. Le bon abbé ignora toujours les résultats de sa théologie. Je me gardai bien de Ten instruire ; il en aurait été trop malheureux. L'envie de croire ne me manquait pourtant pas. J'étais certainement, au fond, de nature religieuse, puisque j'eus plus tard des rechutes de mysticisme. Quant à la foi proprement dite, elle m'était devenue à tout jamais impossible.

Au bout de trois années de pension, je rentrai dans ma famille, c'est-à-dire dans la vie à la fois bourgeoise et champêtre. Cette vie-là n'était pas non plus sans charmes.

Dans la journée, chacun se livrait à ses occupations préférées. Mon père cultivait ses fleurs, ma mère surveillait ses récoltes (elle avait fini par prendre goût à la campagne et ne s'ennuyait plus du tout), mes sœurs tra-

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