CARACTERE DE BONTE DANS LES MIRACLES DU SAUVEUR
Applaudissons à notre Sauveur avec les Israélites; écrions -nous comme eux : II a bien fait toutes choses. Bene omnia fecil ' .
Dieu, dans la création de l'univers, se rendit ce témoignage que toutes ses œuvres avaient été parfaitement bien faites. Dieu le Verbe, dans les miracles qu'il a opérés (et remarquez que les miracles ne dérivent point de la loi de la première création et sont une création nouvelle), Dieu le Verbe, dis-je, n'a rien voulu faire qui ne respirât parfaitement la bonté et la bienfaisance.
Moïse a fait des miracles, mais par ses miracles il a frappé les Egyptiens d'une multitude de plaies plus désolantes les unes que les autres. Élie a fait des miracles; mais il ferma le ciel pour que la pluie cessât de tomber sur la terre, et il l'ouvrit ensuite pour en faire tomber un feu qui consuma des cohortes entières avec leur chef. Elisée a fait des miracles ; mais par son ordre des ours accourent du désert et dévorent une troupe d'enfants impies. Pierre a frappé de mort Ananie, cet hypocrite sacrilège ; Paul a frappé d'aveuglement le magicien Élymas : mais Jésus n'a rien fait de semblable. L'Esprit- Saint descendit sur sa personne sous la forme à-'une colombe, et c'est cet Esprit qu'il reprocha aux apôtres de ne point connaître lorsqu'ils lui proposèrent de faire lomber le feu du ciel sur les Samaritains. L'esprit de Jésus est vraiment un esprit de colombe. Les serviteurs de Dieu, dont nous avons parlé, ont été dans l'aire du Seigneur comme les bœufs qui brisent le grain et foulent
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ai{x pieds la jjaille; mais Jésus a paru au milieu de nous comme l'agneau de Dieu, qui ne témoigne point de colère et ne rend point de jugement rigoureux. Tous ses miracles ont eu pour objet la santé du corps, et son enseignement la santé de Tâme. Le corps humain a besoin d'aliments , de soins , de protection contre les accidents du dehors : eh bien , Jésus a fait tomber un très grand nombre de poissons dans les filets pour procurer aux hommes une nourriture plus abondante ; aux noces de Cana, il changea l'eau en une liqueur plus précieuse pour porter ou maintenir la gaieté dans le cœur des convives ; il a fait périr tout à coup un figuier, parce que cet arbre ne portait point les fruits qu'il était destiné à fournir aux hommes ; il a multiplié les pains et les poissons pour nourrir une multitude immense qui l'avait suivi dans le désert ; il a commandé aux vents de se taire pour rassurer quelques navigateurs contre la crainte du naufrage ; il a rendu aux paralytiques le mouvement, aux muets la parole, aux malades la santé, aux lépreux la netteté du corps, aux démoniaques la liberté d'esprit , et aux morts la vie ; enfin , aucun de ses miracles n'a été un acte de rigueur : tous ont été des actes de bienfaisance, tous ont eu pour objet le corps humain et jamais le signe représentatif des richesses, excepté quand il fallut payer à César le tribut ordinaire. {Meditaliones sacra', t. II, p. 396.)