‹ Pensées de Bacon, Kepler, Newton et Euler sur la religion et la moraleChapitre 16 sur 83 · EXTRAIT DU TESTAMENT DE BACON · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU TESTAMENT DE BACON

1° Je lègue à Dieu et je dépose entre ses mains mon âme et mon corps ; je le conjure par les mérites de la bienheureuse passion de mon Sauveur de se souvenir de mon âme au jour de mon trépas, et de mon corps au jour de la résurrection.

Je choisis ma sépulture dans l'église Saint-Michel près Saint-Alban. Mon choix est fondé sur ce que cette église possède déjà les dépouilles mortelles de ma mère, qu'elle est l'église paroissiale de la maison que j'habite à Gorhambury, et de plus la seule église chrétienne dans l'enceinte du vieux Verulam.

Je désirerais que les frais de mes funérailles ne montassent au plus qu'à la somme de trois cents livres.

Je laisse et j'abandonne mon nom et ma mémoire aux discours des hommes charitables, aux nations étrangères et aux générations suivantes.

Je donne et lègue aux pauvres des différentes paroisses où j'ai passé une partie du temps de mon pèlerinage sur la terre, quelques aumônes que la modicité de ma fortune ne me permet pas de faire plus abondantes : aux pauvres de Saint-Martin-des-Champs, où je suis né, et où j'ai vécu pendant les premiers et les derniers jours de ma vie, quarante livres (sterling) : aux pauvres de la paroisse de Saint-Michel, près Saint- Alban, où j'ai choisi ma sépulture, la môme somme, et dix livres en sus, parce que le jour de la mort vaut

mieux que celui de la naissance ' ; aux pauvres de la

1 Le testament est du 19 décembre 1625; Bacon est mort le 9 avril

2 Ecole, vu, 2.

paroisse d'Hemstead , où j'ai entendu les sermons cl assisté aux prières publiques, qui me donnèrent bien de la consolation pendant les ravages de la première grande peste, vingt livres. Je prie M. Shut de se charger du discours au jour de mes obsèques, et, par cette considération, je lui lègue vingt livres.

Je donne à mon digne ami le très honorable marquis d'Effial, dernier ambassadeur de France, mes livres de prières et de psaumes que j'ai traduits en vers avec beaucoup de soin.

Je prie très humblement M. le duc de Buckingham de recommander au roi, mon très gracieux souverain ' , la mémoire de mes longs, continuels et fidèles services, et de l'assurer que, puisqu'il n'a pas cessé d'être mon protecteur, avant même qu'il montât sur le trône, je ne laisserai pas aussi, quoique je n'aie plus, grâce à Dieu, qu'un pied sur la terre, de prier Dieu pour lui ; je le prierai encore au dernier moment de ma vie.

( The last Will of sir Francis Bacon.)

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