CONTRE LA THÈSE PRÉCÉDENTE
k'es suivans jusqu'à la lin du livre. Et ces paroles du chap. viii, ^- 17 : Et j'ai reconnu que de tous les ouvrages de Dieu qui se font sous le soleil, r homme Ji' en peut rendre aucune liaison ^ etc., ne doivent pas être entendues de toutes sortes de personnes, mais seulement de celui qu'il a décrit au. Yerset précédent : Il y a tel homme qui passe les jours et les nuits sans dormir ^ comme si le Prophète vouloit en ce lieu là nous avertir que le trop grand travail et la trop grande assiduité à l'étude des lettres , empêche qu'on ne parvienne à la connoissance de la vérité.... Mais surtout il faut prendre garde à ces paroles, qui se font sous le soleil ; car elles sont souvent répétées dans tout ce livre, et dénotent toujours les choses naturelles, à l'exclusion de la subordination et dépendance qu'elles ont à Dieu; parce que Dieu étant élevé au-dessus de toutes choses, on ne peut pas dire qu'il soit contenu entre celles qui ne sont que sous le soleil : de sorte que le vrai sens de ce passage est, que l'homme ne sauroit avoir une connoissance parfaite des choses naturelles, tandis qu'il ne connoitra point Dieu , en quoi je conviens aussi avec le Prophète. Enfin, au chap. m, ^. 19, où il est dit que V homme et V animal passent de la même manière ^ e^ aussi que V homme na rien de plus que l'animal, il est manifeste que cela ne se dit qu'à raison du corps ; car en cet endroit il n'est fait mention que des choses qui appartiennent au
lo6 Dieu cause de toutes les actions corps; et incontinent après il ajoute, en parlant séparément de l'ame : Qui sait, si l'esprit des enfans d'Adam monte en haut , et si V esprit des animaux descend en bas ? c'est-à-dire , qui peut connoîlre par la force de la raison humaine , et à moins que de se tenir à ce que Dieu nous en a révélé, si les âmes des hommes jouiront de la béatitude éternelle? A la vérité, j'ai bien tâché de prouver par raison naturelle que l'ame de l'homme n'est point corporelle; mais de savoir si elle montera en haut, c'est-à-dire si elle jouira de la gloire de Dieu , j'avoue qu'il n'y a que la seule foi qui puisse nous l'apprendre.
Dieu cause de toutes les actions qui dépendent du libre arbitre de l'homme.
. (Tom.Ier., Lett. VIII.)
Toutes les raisons qui prouvent l'existence de Dieu, et qu'il est la cause première et immuable de tous les effets qui ne dépendent point du libre arbitre des hommes, prouvent, ce me semble, qu'il est aussi la cause de toutes les actions qui en dépendent. Car on ne sauroit démontrer qu'il existe, qu'en le considérant comme un être souverainement parfait ; et il ne seroit pas souverainement parfait, s'il pou voit arriver quelque chose dans le monde qui ne vînt pas entièrement de lui. Il est