‹ Pensées de Descartes, sur la religion et la morale (volume 2)Chapitre 19 sur 58 · Y IL · texte numérisé non relu

Y IL

Mlponses de Descartes aux objections de Gassendi contre la simplicité de l'atne.

(IHédjt. Rep. aux cinquièmes objections.)

M. Gassendi me cleniande de quel corps j'entends parler, quand je prouve qu'il y a une distinction entre l'auie de l'homme et son corps : si c'est du corps grossier composé de membres, ou du corps plus subtil et plus délié répandu dans le corps épais et massif, ou résidant seulement dans quelques-unes de ses parties, qui est peut-cire moi-même.

A quoi je réponds que mon dessein a été d'exclure de mon essence toute espèce de corps, quelque petit et subtil qu'il puisse être, et que mes preuves se rapportent au corps subtil et imperceptible, aussi bien qu'à celui qui est plus grossier et palpable. {Page 4()3.)

11 demande comment j'estime que l'idée du corps, qui est étendu, peut être reçue en moi, c'est-à-dire dans une substance qui n'est point étendue. Car, ou cette idée, dit-il, procède du corps, et pour lors il est certain qu'elle est corporelle, et qu'elle a ses parties les unes hors des autres, et par conséquent qu'elle est étendue, ou bien elle vient d'ailleurs, et se fait sentir par une

174 Réponses aux obj. de Gx\ssendï

autre voie; cependant, parce qu'il est toujours nécessaire qu'elle réprésente le corps qui est étendu, il faut aussi qu'elle ait des parties, et ainsi qu'elle soit étendue : autrement, si elle n'a point de parties, coiiiment en pourra-t-elle réprésenter? si elle n'a point d'étendue, comment pourrat-elle représenter une chose qui en a? si elle est sans figure, comment fera-t-elle sentir une chose figurée? si elle n'a point de situation, comment nous fera-t-elle concevoir une chose qui a des parties les unes hautes, les autres basses, les unes à droite, les autres à gauche, les unes devant, les autres derrière, les unes courbées, les autres droites? si elle est sans variété, comment représentera-t-elle la variété des couleurs, etc. Donc l'idée du corps n'est pas tout-à-fait sans étendue: mais si elle en a, et que vous n'en ayez point, comment est-ce que vous la pourrez recevoir? comment pourrez- vous vous l'ajuster et appliquer? comment vous en servirez-vous? et comment enfin la sentircz-vous peu à peu s'effacer et s'évanouir? {Pag. 433.)

Je réponds {p. 4^4) que la conception ou intellection des choses, soit corporelles, soit spirituelles, se fait sans aucune image ou espèce corporelle; que quand j'ai prouvé que l'esprit n'étott pas étendu, je n'ai point prétendu expliqucrpar-là

quel il étoit , et faire connoître sa nature ;

{p. 4^5) que, quoique l'esprit soit uni à tout le

CONTRE LA SIMPLICITÉ DE l'AME. 3 75

corps, il ne sentoit pas qu'il soit étendu par tout le corps, parce que le propre de l'esprit n'est pas d'être étendu , mais de penser ; enfia, qu'il n'est pas nécessaire que l'esprit soit de l'ordre et de la nature du corps, pour avoir la force ou la \crtu de mouvoir le corps. {Pag. 4^o.)

Vous me faites plusieurs observa lions sur l'union de l'ame avec le corps, qui tendent à prouver qu'elle est étendue : ce sont des doutes qui vous paroissent suivre de mes conclusions, mais qui, dans le vrai , ne vous viennent dans l'esprit que parce que vous voulez soumettre à l'examen de l'imagination, des choses qui, de leur nature, ne sont point sujettes à sa juridiction. Ainsi, quand vous voulez comparer ici le mélange qui se lait du corps et de l'esprit, avee celui de deux corps mêlés ensemble, il me suffit de répondre qu'on ne doit faire entre ces choses aucune comparaison , parce qu'elles sont de deux genres totalement différens ; et qu'il ne faut pas s'imaginer que l'esprit ait des parties, quoiqu'il conçoive des parties dans le corps: car qui vous a appris que tout ce que l'esprit conçoit, doive être réellement en lui? Certainement, si cela étoit, lorsqu'il conçoit la grandeur de l'univers, il auroit aussi en lui celte grandeur; et ainsi il ne seroit pas seulement étendu , mais il seroit même plus grand que tout le monde...

Dans les instances que vous avez faites contre mes réponses, vous m'objectez sur ton t que, quoique

l']B PiÉPONSES AUX OBJ. DE GaSSENÛI

Je fie trouve pas d^ étend ne dans ma pensée j il mf s^ ensuit pas quelle ne soit point étendue , parce ijue ma pensée Ji est pas la règle de la vérité des choses y (juil se peut faire que la distinction que je trouve par ma pensée , entre la pensée et le corps, soit fausse. {Pag. 5o3.) Mais il faut particulièreinenl ici remarquer l'équivoque qui est en ces mois , ma pensée nest pas la règle de la vérité des choses : car si vous voulez dire que nia pensée ne (!oit pas être la règle des autres, pour les obliger à croire une chose à cause que je la pense vraie, j'en suis entièrement d'accord. Loin d'avoir jamais voulu obliger personne à suivre mon autorité, au contraire, j'ai averti en divers lieux qu'on ne se devoit laiijser persuader que par la seule évidence des raisons. De plus, si on prend indifféremment le mot de pensée pour toute sorte d'opération de l'ame, il est certain qu'on peut avoir j^Iusieurs pensées , dont on ne doit rien inférer touchant la vérité des choses qui sont hors de nous; mais aussi cela ne vient point à propos en cet endroit, où il n'est question que des pensées qui sont des perceptions claires et distinctes, et des jugemens que chacun doit faire à part soi, ensuite de ces perceptions. C'est pourquoi je dis que la pensée d'un chacun, c'est-à-dire la perception ou connoissance qu'il a d'une chose, doit être pour lui la règle de la vérité de cette chose ; c'est-à-dire que tous les jugemens qu'il en fait, doivent être con-

CONTRE LA SI^IPLICITÉ DE l'aME, 377

formes à ccitc perception , pour cire bons; mémo touclianl les vérités de la foi , nous devons apercevoir quelque raison qui nous persuade qu^elIcs ont été révélées de Dieu , avant que de nous déterminer à les croire- et quoique les ignorans fassent bien de suivre le jugement des plus capables touchant les choses ditlicilcs à connoîlre, il faut néanmoins que ce soit leur perception qui leur enseigne qu'ils sont ignorans, et que ceux dont ils veulent suivre les jugemens ne le sont peutêtre pas autant; autrement, ils feroient mal de les suivre, et ils agiroient plutôt en automates, ou en bétes, qu'en hommes, {Pag. 5o4.)

J'oubliois de remarquer que vous avancez hardiment, et sans aucune preuve, que l'esprit croît et s'alfoiblit avec le corps : mais de ce que l'esprit n'agit pas si parfaitement dans le corps d'un enfant que dans celui d'un homme parfait, et de ce que souvent ses actions peuvent être empêchées par le vin et par d'autres choses corporelles, il s'ensuit seulement que, tandis qu'il est uni au corps, il s'en sert comme d'un instrument pour faire ces sortes d'opérations qui l'occupent ordinairement, mais non pas que le corps le rend© plus ou moins parfait qu'il est en soi : et la conséquence que vous tirez de là n'est pas meilleure, que si, de ce qu'un artisan ne travaille pas bien , toutes les fois qu'il se sert d'un mauvais outil, yoi\s infériez qu'il emprunte son adresse, et la

178 Réponses aux obj. de Gassendi, etc. science de son art, de la bonté de son instrument

Quelle que soit l'union de l'esprit et du corps, j'ai souvent fait voir, dans mes Méditations, que l'esprit peut agir indépendamment du cerveau ; car il est certain qu'il est de nul usage lorsqu'il s'agit de former des actes d'une pure intellection , mais seulement quand il est question de sentir ou d'imaginer quelque cliose; et quoique, lorsque le senliment ou l'imagination est fortement agitée, (comme il arrive quand le cerveau est troublé) l'esprit ne puisse pas facilement s'appliquer à concevoir d'autres choses, nous expérimentons néanmoins que, lorsque notre imagination n'est pas si fortement émue, nous ne laissons pas souvent de concevoir quelque chose d'entièrement différent de ce que nous imaginons; comme lorsque, au milieu de nos songes, nous apercevons que nous rêvons : car alors nos rêves sont bien un effet de notre imagination, mais il n'appartient qu'à l'entendement seul de nous faire apercevoir de nos rêveries. {Pag. 454, 46-0.) (1).

(i) Descaries termine ainsi sa réponse aux objections de Gassendi, qui, dans l'ordre suivi dans les Méditations, sont les cinquièmes : Jusqu'ici l'esprit s'est entretemi. avec la chair , etc. Pour entendre cette plirase, il faut savoir que Gassendi, dans le cours de ses objections, adressant la parole à Descartes, l'appelle souvenl, 6 esprit, Descarles,

yiii.

3IÙTJI0DE qu'a siiit'ie Descartes pour prouver ^immortalité de l'ame.

{j4brégé efes Méditations)

Pour prouver l'immortalité de l'ame, j'ai cru

qui ne trouvoit pas appareminenl la plaisanleric fort honne, lui répond, d c/iair.

11 paroît, par la Lettre LV du second tome {pag. 2^8 ), que Gassendi avoit été un peu afTeclé de la réponse de Descarles. « 11 me semble, dit Descaries an P, Mersenne, que « M. Gassendi seroit fort injuste s'il s'oflensoit de la réponse « que je lui ai faite : car j'ai eu soin de ne lui rendre que la « pareille, tant à ses complimens qu'à ses attaques, nonoL- « stant que j'ai toujours oui dire que le premier coup en vaut « deux -, en sorte que, bien que je lui eusse rendu le double, « je ne l'aurois pas justement payé. Mais peut-être il est toute elle de mes réponses , parce qu'il y reconnoît la vérité ; et « moi je ne l'ai point été de ses objections, par une raison « toute contraire ».

Dans le vrai, quoique Descartes et Gassendi débutent dans leurs écrits avec beaucoup d'bonnètcté , et les terminent de même, on y aperçoit cependant un fond d'aigreur réciproque. Et il est encore trcs-vrai que Gassendi paroît combattre les argumens de Descartes avec une sorte d'anlmoslté ; qu'il emploie, à faire valoir les objections des alliées et des matérialistes, toute la subtilité et toute la force de sou esprit, et que jamais la cause de ceux-ci n'a été plus vigoiu'euseraent défendue.

]M., Aruauld; qui avoit, immédiatement avant Gassendi,

180 Méthode qu^a suivie Descartês devoir suivre un ordre semblable à celui dontsî? servent les géomètres, qui est d'avancer première-

proposé ses objections à Descartes , s^en étoil bien aperçu , et eu. éloit mécontent, jusqu'au point de suspecter la religion de ce philosophe. 11 s'en explique plus d'une fois dans ses écrits, et particulièrement dans sa Lettre CCCCLXY m, à M. du Vaucel: « Ce que je vous ai marqué de la doctrine de M. Descaries, (c me paroît fort solide. Ceux qui ont contesté ce qu'il a dit de a la distinction de l'ame et du corps, étolent entêtés de la phi- (t losophie d'Epicure, et n'avoient guère de religion. Je sais « bien ce que je vous dis ».

Il existe une vie de Gassendi , imprimée à Paris en ijoi , et dont il paroît, par le privilège, que l'auteur est un M. de la Warde. Le P. Bougerel y a joint une espèce d'approbation ^ dans laquelle il chercbe à justifier Gassendi de l'imputation qui lui est faite par M. Arnauld ; et il remarque avec sagesse que , dans sa Philosophie , ouvrage postérieur aux. instances ^ Gassendi a prouvé , de la manière la plus claire et la plus précise, l'immortalité de l'ame.

Dans une lettre critique et historique , adressée à l'auteur de la vie de Gassendi , on assure (/). 6S) que M. Gassendi ne faisoit aucun cas de ses instances ; qu'il a avoué plusieurs fois à François Henri , que cette production étolt de tous ses écrit» le plus foible et le plus médiocre. « En effet, dit-il, s'il eût a été moins doux et moins complaisant , elle n'auroit jamais « vu le jour. Mais ses amis le contraignirent à l'envoyer à « Descaries, et le violentèrent encore plus pour la faire im- « primer ».

Nous ignorons quel est ce M. François Henri , dont parle l'auteur de la lettre. Il paroît avoir écrit en latin des Mémoire» ;sur Gassendi, que cite l'auteur de celte lettre.

ÏOUR PROUVER l'iAIMORT. DE l'AME. 1 Si

ment loutes les choses dont dépend la proposition qu'on cherche, avant d'en rien conclure.

Or, la première et principale cliose qui est requise pour bien connoître i'immortalilé de l'atne, est de i'ornicr une conception de l'arne claire et nette, et entièrement distincte de toutes les conceptions que l'on peut avoir du corps; c'est ce qui a été fait dans ma seconde Méditation. Il est nécessaire outre cela de savoir que toutes les choses que nous concevons clairement et distinctement sont vraies, de la façon que nous les concevons : ce qui n'a pu être prouvé avant la quatrième Méditation. De plus, il faut avoir une conception distincte de la nature corporelle, et cette conception se forme, partie dans la seconde, et partie dans la cinquième et sixième Méditations. Enfin on doit conclure de tout cela que les choses que l'on conçoit clairement et distinctement être des substances diverses, ainsi que l'on conçoit l'esprit et le corps, sont en effet des substances réellement distinctes les unes des autres; et c'est ce que l'on conclut dans la sixième Méditation. Ce qui se confirme en ce que nous ne concevons aucun corps que cotnme divisible; au lieu que l'esprit ou l'amc de l'homme ne peut se concevoir que comme indivible. En effet, nous ne saurions concevoir la moitié d'aucune ame, comme nous pouvons concevoir la moitié du plus petit de tous les corps : par-là, on reconnoît que leurs natures ne sont pas

i82 Méthode qu'a suivie Descartes, etc.

seulement diverses, mais qu'elles sont même, en quelque façon , contraires. Or cela suffit pour montrer assez clairement que de la corruption du corps ne s'ensuit pas la mort de l'ame , et ainsi pour donner aux hommes l'espérance d'une seconde vie après la mort.

2°. On ne conteste })oint que généralement toutes les substances, c'est-à-dire toutes les clioses qui ne x)euvent exister sans être créées de Dieu , sont de leur nature incorruptibles, et ne peuvent jamais cesser d'être, si Dieu lui-même, en leur refusant son concours, ne les réduit au néant , et que le corps pris en général est une substance, et par conséquent ne périt point : mais le corps humain , en tant qu'il diffère des autres corps , n'est composé que d'une certaine configuration démembres, et d'autres semblables accidens, tandis que l'ame humaine n'est point ainsi composée d'accidens, maisest une pure substance; car, quoique tous ses accidens se changent; quoique, par exemple, elle conçoive de certaines choses, qu'elle en veuille d'autres, et qu'elle en sente d'autres, etc., l'ame pourtant ne devient point autre; au lieu que le corps humain devient une autre chose, de cela seul que la figure de quelques-unes de ses parties se trouve changée; d'où il s'ensuit que le corps humain peut bien facilement périr, mais que l'esprit ou l'ame de l'homme (ce que je ne dislingue point) est immortel de sa nature.

LiA croyance de V'uninorlalité de Vame Jie peut pas autoriser le suicide.

(Tom.l'r., Lett. VHI.)

La connoissance de l'immortalité de Tame, et de la félicité dont clic sera capable, après cette vie, pourroit donner sujet d'en sortir à ceux qui s'y ennuient, s'ils étoient assurés qu'ils jouiroient ensuite de cette félicité : mais aucune raison ne les en assure ; et il n'y a que la fausse philosophie! d'Hégésias, dont le livre fut défendu par Ptolomée , parce que pi usieurs s'étoient tués après l'avoir lu, qui tâche de persuader que cette vie est mauvaise. La vraie enseigne, tout au contraire, que, même parmi les plus tristes accidens et les plus pressantes douleurs, on y peut toujours être content , pourvu qu'on sache user de sa raison.

JjA simplicité de Vame y considérée seule , n'emporte pas la certitude absolue de son immortalité.

(Mévit. Rép. aux secondes object., p. 174)

Le P. Mersennem'a observé çrw^j delà distinction de Vame d\n^ec le corps, il ne s'ensuit pas

Ce

i84 La simplicité de l'ame

qu'elle 6ôit immortelle y parce que, nonobstant cela y on peut dire que Dieu Va faite cVune telle nature , que sa durée finit avec celle de la vie du corps. Je confesse que je n'ai rien à lui répondre ; car je n'ai pas assez de présomption pour entreprendre de déterminer, par la force du raisonnement humain , une chose qui ne dépend que de la pure volonté de Dieu.

La connoissance naturelle nous apprend que l'esprit est différent du corps, et qu'il est une substance; et aussi que îé'corps humain, en tant qu'il diffère des autres corps , est seulement composé d'une certaine configuration de membres, et autres semblables accidensj et enfin que la mort du corps dépend seulement de quelque division ou chansement de figure. Or nous n'avons aucun argument ni aucun exemple qui nous persuade cjue la mort, ou l'anéantissement d'une substance telle qu'est l'esprit , doive suivre d'une cause si légère, comme est un changement de figure, qui n'est autre chose qu'un mode, et encore un mode non de l'esprit, mais du corps, qui est réellement distinct de l'esprit. Et même nous n'avons aucun pirgument ni exemple qui nous puisse persuader qu'il y a des substances qui sont sujettes à être anéanties : ce qui suliit pour conclure que l'esprit, ou l'ame de l'homme ( autant que cela peut être connu par la philosophie naturelle) est immortel.

?flais si on demande, si Dieu , pra' son absolut:

n'emporte pas la CERTIT. DE SON IMxMORT. 1 85

puissance, n'a poinl peut-être déterminé qne les âmes des hommes cessent d'être , au même temps que les corjvs auxquels elles sont unies sont détruits ; c'est àDieu seul d'eti répondre. Elpuisqu'il nous a maintenant révélé que cela n'arrivera point, il ne nous doit plus rester louchant cela aucun doute (i).

(i) Il est bien vrai qu'on ne peut pas démontrer rigoureusement, par les seules lumières de la raison, que toutes les âmes subsisteront éternellement après la mort ; mais on peut démontrer qu'en général elles survivront aux corps , et qu'il y aura pour elles une autre vie. Car Dieu, souverainement juste et souverainement sage, doit mettre une différence entre ceux qui auront constamment observé ses commaudemens pendant leur vie, et ceus. qui les auront constamment violés, entre ceux qui auront prolongé leurs jours à la faveur des crimes , et ceux, qui les auront terminés plutôt , parce qu'ils ont refusé d'en commettre.

Nous convenons bien qu'en général les observateurs fidèles de la loi divine sont plus heureux, même dans cette vie, que ses transgresseurs : mais cela n'arrive pas toujours, et-avec les proportions convenables. Un homme périt dans de cruels lourraens, parce qu'il a refusé de rendre un faux témoignage : la paix qu'il éprouve dans sa conscience forme-t-elle pour lui un dédommagement suffisant de la perte de sa vie , et de tout ce q\i'il possédoit dans ce monde? Donc, s'il n'exisloit point une autre vie. Dieu ne seroit pas juste ; et il -n'y auroit point en ce monde de motif toujours suffisant pour faire le biea et s'abstenir du mal.

Si on prend la peine d'approfondir la pensée de Descarleô , enverra qu'il a clé bien éloigné d'insinuer le contraire.

Ce 2

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