DIVERS SUJETS RELIGIEUX
Différence entre les vérités acquises et les vérités révélées. Abus qu'on peut faire des vérités révélées.
{Tom.II, Lett. C.)
Xii y a cette grande différence entre les vérités acquises et les révélées, que la connoissance de celles-ci ne dépendant que de la grâce, (laquelle Dieu, ne refuse à personne, quoiqu'elle ne soit pas efficace en tous) les plus idiots et les plus simples y peuvent aussi bien réussir que les plus subtils ; au lieu que, sans avoir plus d'esprit que le commun, on ne doit pas espérer de rien faire d'extraordinaire dans les sciences humaines. Et enfin , quoique nous soyons obligés à prendre garde à ce que nos raisonnemens ne nous persuadent aucune chose qui soit contraire à ce que Dieu a voulu que nous crussions , je crois néanmoins que c'est appliquer l'Ecriture sainte à une fin pour laquelle Dieu ne Ta point donnée, et par conséquent en abuser, que d'en vouloir tirer la connoissance des vérités qui n'appartiennent qu'aux sciences humaines, et qui ne servent point à notre salut.
J^A foi chrétienne j qui est obscure dans son objets est claire clans son motif.
( AlÉDiT. lîep. aux secondes object., p. 168.)
Quoiqu'on dise que la foi a pour objet des choses obscures, néanmoins ce pourquoi nous les croyons n'est pas obscur, mais il est plus clair qu'aucune lumière naturelle. Il faut ici distin2;uer entre la matière ou la chose à laquelle nous donnons notre créance, et la raison formelle qui meut notre Yolonté à la donner : car c'est dans cette seule raison formelle que nous voulons qu'il y ait de la clarté et de l'évidence. Et quant à la matière, personne n'a jamais nié qu'elle peut être obscure, et l'obscurité même; car quand je juge que l'obscurité doit être ôtée de nos pensées pour leur pouvoir donner notie consentement sans aucun dangerde faillir, c'est l'obscurilé même qui me sert de matière pour former un jugement clair et distinct.
Outre cela, il fliut remarquer que la clarté, ou l'évidence par laquelle notre volonté peut être excitée à croire, est de deux sortes : l'une qui part de la lumière naturelle, et l'autre qui vient de la. grâce divine.
Or, quoiqu'on dise ordinairenient que la foi êst
î83 La foi chri.tienne
des choses obscures, cependant cela s'enlend seulement de sa matière, non point de la raison formelle pour laquelle nous croyons; au contraire, celle raison formelle consiste en une certaine lumière intérieure, dont Dieu nous ayant surnalurclienient éclairés, nous avons une confiance certaine que les choses qui nous sont proposées à croire ont été révélées par lui, et qu'il est enlièyement impossible qii'il soit menteur et qu'il nons trompe; ce qui est plus assuré que toute autre lumière naturelle, et souvent même plus évident, ^ cause de la lumière de la grâce.
Et certes, les Turcs et les autres infidèles, lorsqu'ils n'embrassent point la religion chrétienne, ne pèchent pas pour ne vouloir point ajouter foi aux choses obscures, connue étant obscures; mais ils pèchent, ou parce qu'ils résistent à la grâce divine qui les avertit intérieurement, ou parce que, péchant en d'autres points, ils se rendent indignes de cette grâce; et je dirai hardiment qu'un infidèle qui, destitué de toute grâce surnaturelle, et ignorant tout-à-fait que les choses que nous autres chrétiens crovons ont été rêvéjées de Dieu, néanmoins attiré par quelques fiiux jaisonnemens , se porteroit à croire ces mêmes choses qui lui seroient obscures, ne seroit pas pour cela fidèle, mais plutôt il pécheroit, en ce qu'il ne se serviroit pas comme il faut de sa raison. £l je ne pense pas que jamais aucun théolugieu
l^ST CLAIRE, J)ANS SON MOTIF. iSc)
oiiliodoxe ait eu d'auUes senlinicns loncliant cela ; et ceux aussi qui liront mes Médilations , n'auront pas sujet de croire que je n'aie point reconnu cette lumière surnaturelle, puisque dans la quatrième, on j'ai soigneusement recherché la cause de l'erreur ou fausseté , j'ai dit, en paroles expresses, qu'elle dispose l'intérieur de uotre pensée à vouloir, et (jue néanmoins elle ne diminue point la liberté.
liJ.
Office de la raison à l'égard de diverses vérités
révélées.
(Tarn. I^K, Lett. XCIX.)
Il est des clîoses qui ne sont crues que par la foi, comme sont celles qui regardent le mystère de rincarnalion , de la Trinité, et semblables. Il en est d'autres qui , quoiqu'elles appartiennent h. la foi, peuvent néanmoins être discutées et prouvées par la raison naturelle, entre lesquelles les théologiens ont coutume de mettre l'existence do Dieu , et la distinction de l'âme humaine d'avec le corps. Enfin, il en est d'autres qui n'appartiennent en aucune façon à la foi , mais qui sont seulement soumises à la reçliercîic du raisonnement hun]nin , comme la quadrature du cercle, la pierre
jQo Office de la raison , etc.
philosopliale , et autres semblables. Et comme ceux-là abusent des paroles de la sainte Ecriture, qui, par quelque mauvaise explication qu'ils leur donnent, croient en pouvoir déduire ces dernières; de même aussi ceux-là dérogent à son autorité , qui entreprennent de démontrer les premières par des argumens tirés de la seule philosophie. Cependant tous les théologiens soutiennent que l'on peut entreprendre de montrer que celles-là même ne répugnent point à la lumière de la raison, et c'est en cela qu'ils mettent leur principale étude; mais pour les secondes, ils estiment qu'elles ne répugnent point à la lumière naturelle même, et ils exhortent et encouragent les philosophes à faire tous leurs efforts pour tâcher de les démontrer par des moyens humains, c'est-à-dire, tirés des seules lumières de la raison. Mais je n'ai encore vu personne qui assurât qu'il ne répugne point à la nature des choses qu'une chose soit autrement que la sainte Ecriture nous enseigne qu'elle est, à moins qu'il ne voulût montrer indirectement qu'il ajoute peu de foi à cette Ecriture; car, comme nous avons été premièrement hommes avant d'être faits chrétiens , il n^est pas croyable que quelqu'un embrasse sérieusement et tout de bon des opinions qu'il juge contraires à la raison qui le fait homme, pour s'attacher à îa foi par laquelle il est chrétien.
Conformité de îaphilosopîiie de Descartes avec
la foi.
{T. II, Lett. LXXXIII. Médit. Lett. au P. Dinet, p. 577, 597. j
La principale raison qui fait que vos ccpKïrères (il écrit à un jésuite) rejettent fort soigneusement toutes sortes de nouveautés en matière de philosophie, est la crainte qu'ils ont qu'elles ne causent aussi quelque changement en la théologie; mais je veux ici parlicuhèrement vous avertir qu'il n'y a rien du tout à craindre de ce côté-là pour les miennes, et que j'ai sujet de rendre grâces à Dieu de ce que lesopinions qui m'ont semblé les plus vraies dans la physique, par la considération des causes naturelles, ont toujours été celles qui s'accordent le mieux de toutes avec les m^'stères de la religion, comme j'espère le faire voir clairement dans les occasions (i).
(1) Descartes n'est entré dans anctiu de ces ouvrages en preuve de cette conformité : Hiais M, de Cordemoy Y a suppléé abondamment. Cet illustre savant, choisi par M. Bossuet pour concourir avec lui , sous le titre de lecteur, à l'éducation de M. le Dauphin, a écrit au célèbre P. Cossart, Jésuite, une Irès-longue lettre, dont Pobjet est de montrer que ce que JDescartek a écrit du système du monde, et de ' l'ame des V:'tes j semble être tiré du premier chapitre de la Genèse. Noxis
1 92 Conformité de la philos, de Desc.
Une vérité ne peut jamais être contraire à une vérité. Ce seroit donc une espèce d'impiété d'ap-
învltons nos lecteurs à lire celte lettre vraiment inttîressanle ; elle leur oîFrira plusieurs traits également honoraLles et au grand génie et à la profonde religion de Descartes. Il paraît dans toute sa conduite, dit M. deCordemoy, qu'il n'auroit pas voulu j pour foute la science du monde , et pour toute la gloire éjki en peut revenir , courir le hasard , je ne dis pas d'un anathilme , mais de la moindre cennure. (Œuvres de Cordem., p. loi.)
On pourroit objecter à Descartes, « que la formation du (( monde, dans son système, différoit en quelques points de (c la formation du monde dans le récit de Moyse. Moyse fait « créer la terre, les eaux, les parties célestes, puis la lumière « et le reste; en sorte que, quand le soleil a été formé, la <f terre étoit déjà enrichie de fruits et parée de fleurs-, au lieu et que M. Descartes fait le soleil, cause non-seulement des u fruits et des fleurs , mais encore de l'assemblage de plusieurs « parties assez intérieures de la terre. Il ne la fait 'même foret mer que long -temps après le soleil, quoique l'Ecriture « marque qu'elle a été formée auparavant ».
Voici la manière intéressante dont M. de Cordemoy répond à cette objection :
« 11 faut prendre garde à deux choses. La première, que <( M. Descartes lui-même a dit que son hypothèse étoit fausse , « eu ce qu'il suppose que la formation de chacun de ces êtres « s'est faite successivement, et qu'il assure que celte manière u étant peu convenable à Dieu, il faut croire que sa toute- <( puissance a mis chaque chose dans l'état le plus parfait où a elle pouvoit être, dès le premier moment de sa production.
<( La seconde, que BI. Descartesira dii , comme philo- « sophe , expliquer que la raison pour laquelle les choses se « conservent comme elles sont , cl ks effets dificrens que noui
AVEC LA roi. igo
préliendcr que les vérités découvertes en philojbopliic, lussent conUaires à celles de la foi. Or
<( atîiiiirons rri'ainlcnanl en la nature. Or, corame il est cer- « tain (j ne les choses se conservant naturellement par le même « moyen qui les a produites, il étoit nécessaire, pour éprou- '»( ver si les lois qu'il suppose que la nature suit pour se conte server sont véritables, qu'il examinât si ces mêmes lois ■je, eussent pu la disposer comme elle est. Et trouvant que, j< selon l'histoire de Moysc même, quoique le soleil ait été .«Jîu'mé- depuis la terre, c'est néanmoins par le soleil que f< Pieu conserve la lei're comme elle est maintenant , puisque «( sa, chaleur est cause de toutes les productions et de tous les u changemens qui arrivent en elle ; il falloil (jue M. Descaries « montrât que ce même soleil auroit pu la mettre en l'état oh « nous la voyons , si Dieu ne l'y avoît mise en vin instant par « sa. toute-puissance.
« A la vérité, la manière dont M. Descartes décrit que le « soleil a disposé la terre, est successive ; ce qu'il avoue,' ainsi « que je l'ai déjà remarqué , être peu convenable à Dieu quand « il produit. Mais enfin, comme ce que Dieu fait en conser- « vaut le monde, est successif, et qu'il le doit être , afin que « chaque chose ait une certaine duj;ée, il a été à propos que « noire philosophe examinât si les principes qu'il étahlissoit , « pour rendre raison de la durée de tous les êtres naturels , « auroient pu les produire par succession de temps : ce qu'il toa exécuté avec une justesse qui me paroit incomparable.. V Ainsi, M. Dcscarles n'a rien l'ait eu cela qui soit contrairo « au dessein de Moyse. • >
«: Ce prophète savoit que c'est par le soleil que Dieu con- « se-rve la terre et h's élrcs nalui eJs , du moins ceux qui sont « Içs plus proches de nous. Mais de peur qu'on ne crut que « cet astre fût la cause de tout, Moyse a voulu précisément ('. que l'on sût que la lumière, oui est celle de toutes les créa-
ig4 CoNFORMITÉ-DE LA rlïlLOS. DE DeSC.
j'avance hardiment que notre religion ne nous enseigne rien qui ne puisse s'expliquer aussi facilement, et même avec plus de liicilité, suivant mes principes, que suivant ceux qui sont communément reçus; et il me semble en avoir* déjà donné une assez belle preuve vers la fin de nia réponse aux quatrièmes objections, sur une question où l'on a ordinairement plus de peine à faire accorder la philosophie avec la théologie (la transubstan-
<( lures qui dépend le plus du soleil , a été faite avant lui : et « cela éloit nécessaire , pour marquer h ceux qui saurolent « ces merveilles, que Dieu les a toutes opérées par sa seule vo- <( lonté, et que, s'il les conserve maintenant avec une espèce « de dépendance enlr'elles , néanmoins elles ne se doivent ni « l'être ni la conservation les unes aux autres, mais à Dieu <c seul.
« De son côté, M. Descaries , qui avoit à e:spliquer cette (t correspondance que Dieu a mise entre les êtres naturels , « et qui devoit rendre raison , par le soleil , de tout ce qui se « fait dans la partie du monde qui nous est la plus connue , « ne pouvoil mieux nous faire entendre comliicn le soleil est « bien disposé par la première puissance à entretenir Félîtt « naturel de tout ce que nous voyons , qu'en montrant que, « suivant cette même disposition , le soleil auroit pu mettre, « par succession de temps , notre monde en l'état où il est , « s'il n'avoit été plus à propos de former toutes les créatures <( dans un ordre contraire à celui qu'cxigeoit la dépendance « qui est maintenant entr'ellcs, et déformer chacun des êlrcs « d'une manière qui fît connoître que , comme l'auteur dix « monde n'avoit eu besoin de rien pour Jout faire, il n'avoit <t pas besoin de temps pour produire aucune des choses que « nous adiuirans ».
AVEC LA J'Ot. jq5
iiatlon). Je scrois ciicoïc picL à faire la inôriie chose sur loulcs les autres questions, s'il en étoit besoin....
Voelins, théologien protestant, prétend, il est vrai , que tle ma philosophie suivent quelques opinions contraires à la vraie théologie : c'est une accusation entièrement fausse et injurieuse. Je no veux point me servir ici de cette exception, que je ne tiens point sa théologie pour vraie et orthodoxe : je n'ai jamais méprisé personne pour n'être pas de même sentiment que moi, principalenient touchant les choses de la ibi , parce que je sais que la loi est un don de Dieu ; au contraire, je chéris et lionore plusieurs théologiens et prédicateurs qui professent la même religicni que lui. Mais puisque je ne traite dans ma philosophie que des choses qui sontconnues clairement par la lumière naturelle, elles ne .sauroient être contraires à la théolo^^ie de personne, à moins que celle théologie ne fut ellemême manifestement opposée à la lumière de la raison : ce que je sais que [)ersonne n'avouera de la théologie dont il fait profession.
De l^lternitè des peines.
{T„m. A--., LeU. CX.)
On m'a proposé de Irailer la question si la bonté de Dieu Jui permet de condamner les hom-
196 Descartes se justifie
mes à des peines éternelles. Cette question est dil ressort de la théologie, et je me suis abstenu de répondre^ non pas que les raisons des libertins en ceci aient quelque force, car elles me semblent frivoles et ridicules, mais parce que je tiens que c'est faire tort aux vérités qui dépendent de la foi, et qui ne peuvent être prouvées par une démonstration naturelle, que de les vouloir affermir par des raisons humaines, et probables seulement (1).
YI.
Descartes se justifie de V accusation de pélngiariisme y et d'avoir écrit contre les vœux,
{Tom. If, Lett. VI; tom. ///, Lett. VU.)
J'ai cherché dans saint Augustin les erreurs de Pelage, pour savoir sur quoi peuvent se fonder ceux qui disent que je suis de son opinion; mais j'admire comment ceux qui ont envie de médire,
(1) Nous regrettons que Descartes n'ait pas voulu traiter celle question dans la uiême lettre. Il dit un mot sur la perfection de l'univers , qui jette un grand jour sur l'optimisme de Leibnilz et de Malebranche, « Dieu mène tout à sa perfec- « lion, c'est-à-dire, tout collective , non pas chaque chose en « particulier ; car cela même , que les choses particulières « périssent, et que d'autres renaissent en leur place, est une K des principales perfections de l'univers ».
DE l'accusation ï)F. PÉLAGIANISMI!. ] 97
s^aviscnt d'en clierclier dds prélexles si peu véritables, et lires de si loin. Pélai^e a dil qu'on poii- •voit faire de bonnes œuvres et mériter la vie éternelle sans la grâce, ce qui a été condamné par l'Lglise; et moi je dis qu'on peut connoîlre par la raison naturelle que Dieu existe. Mais je ne dis pas pour cela que cette connoissance naturelle mérite de soi, et sans la î^i'àce, la gloire surnaturelle que nous attendons dans le ciel : car au contraire il est évident que celte gloire étant surnaturelle, il faut des forces plus que naturelles pour la mériter; et je n'ai rien dit, touchant la connoissance de Dieu, que tous les théologiens ne disent aussi. Mais il faut remarquer que ce qui se connoît par la raison naturelle, comme qu'il est lout bon, tout puissant, tout véritable, etc., peut bien servir à préparer les infidèles à recevoir la foi, mais non pas suifire pour leur faire gagner le ciel; car pour cela il faut croire en Jésus-Christ et aux autres choses révélées, ce qui dépend de la grâce.
Il en est qui s'offensent mal à propos de ce que j'ai dit que les vœux sont faits pour remédier à la foiblesse humaine; car outre que j'ai très-expressément excepté, dans mon Discours sur la Méthode, tout ce qui touche la religion, je voudrois qu'ils m'apprissent à quoi les vœux seroient bons, si les hommes étoient immuables et sans foiblesse. El quoique ce suit une vertu,
.198 Sur une pierre prétendue miracul.
de se confesser, aussi bien que de faire des vœux de religion, cependant cette vertu n'auroit jamais lieu si les hommes ne péchoient point.
Pensée de Descartes sur une pierre prétendue
miraculeuse.
{Tom.ll, Le tt. XXIX.)
Vous me parlez dans l'une de vos lettres (il écrit au P. Mersenne) de l'ombre du corps de saint Bernard, qui paroît sur une pierre; sur quoi je m'assure qu'il est aisé, en la voyant, d'examiner si elle est miraculeuse , ou bien si ce sont seulement les veines de la pierre qui représentent cette figure; mais il est mal aisé de deviner ce qui en est en ne la voyant pas; et je n'en puis dire autre chose , sinon que si elle est miraculeuse , et qu'on la regarde avec dessein d'examiner si les veines de la pierre la peuvent représenter sans miracle, il me semble qu'on y doit remarquer quelque circonstance qui fera voir qu'elles ne le peuvent pas: car pourquoi Dieu feroit-il un miracle, s'il ne vouloit qu'il pût être connu pour miracle?
viir.
YIII.
Souhait di> Descartes pour la réunion des Ilollaiiduis à l'église romaine.
( Ton. ni, Lctt. CVUi.)
J'ai la avec bien de l'intérêt (il écrit à un IIollaiulois) votre traité llamancl sur l'usage des orgues dans l'église, et je n'y ai rien remarqué qui ne s'accorde avec notre église.... Je voudrois cependant qu'en nous disant, comme vous faites, beaucoup d'injures, vous eussiez aussi bien déduit tous les points qui pourroient servir à réunir Genève avec Rome. Mais parce que l'orgue est l'instrument le plus propre de tous pour commencer de bons accords, permettez à mon zèle de dire ici, oiiien accipio , sur ce que vous l'avez choisi pour sujet. Si quelques Indiens ont refusé de se rendre chrétiens, par la crainte qu'ils avoient d'aller au. paradis des Espagnols, j'ai bien plus de raison de souhaiter que votre retour à notre religion me fasse espérer d'être après cette vie avec les habitans de ce pays, où j'ai montré par le fait que j'aiînois mieux vivre que dans le mien propre.
Dd
300 Ressource des grandes âmes
Quelle est la certitude de la présence du corps de Jésus- Christ dans une hostie.
(Tom. II, Lett.Lir.)
J'admire les objections de vos docteurs, (il écrit au P.Mersenne) qui prétendent que nous n'avons point de certitude, suivant ma philosophie, que le prêtre tient l'hostie à l'autel, ou qu'il ait de l'eau pour baptiser, etc. Car qui a jamais dit, même parmi les philosophes de l'école, qu'il y eût une autre certitude qu'une certitude morale de telles choses?Et quoique les théologiens disent qu'il est de la foidecroireque le corps de Jésus-Christ est dans l'Eucharistie, ils ne disent pas toutefois qu'il soit de la foi de croire qu'il est en cette hostie particulière, sinon en tant qu'on suppose, ex fide hw manà , quèd sacerdos habuerit çoluntatern consecrandi , et quod verba pronuucia/'it , et sit rite ordinatus, et talia quœ nullo modo sunt de fide.
Ressource des grandes âmes dans les grands
malheurs.
( Tom. 1er. , Lett. XXVin.)
L'opiniâtreté de la fortune à persécuter votre maison (il parle à la Princesse Palatine) vous