DANS LES LECTURES
sont simples cl ilociles, toujours prc-ls à aj^prciidic les vérités qu'ils ne connoissent pas enccne, et qu'enfin, accoutumés comme ilssont, ;i j^lier leur esprit suivant les circonstances, il est impossible qu'ils ne soient pleins de douceur, de bonlc et do ■véritable politesse.
Ces mêmes hommes n'ignorent pas non plus que la véritable érudition ne dépend pas uniquement de la lecture : en conséquence, ils travaillent à l'acquérir par leurs propres réflexions, par l'usage des aflaires du monde, par la société de plus habiles gens- et ils ne vivent pas uniquement au. milieu des livres. Mais il arrive de là que, ne s'étant point fait la réputation d'hommes doctes, ils ne jouissent, par le défaut de ce titre, d'aucune considération auprès des ignorans, et que, s'ils vivent dans une érudition privée, on les oublie totalement, ou s'il en est quelquefois question, on. n'en parle seulement que comme de bons pères de famille qui ne sont pas entièrement dépourvus de bon sens; et c'est ainsi que de très-grands esprits demeurent souvent parfaitement inconnus. Il est bien vrai que si les personnages dont nous parlons entrent dans lesaifaires, on aura bientôt reconnu qu'ils ont plus de prudence et de politesse que les autres. Mais on attribuera cet avantage à la bonté de leur naturel ; et on ne s'apercevra pas qu'ils le doivent à la manière dont ils on; cultivé leur esprit.
Pv n 2
546 Règles
Danger de souffrir en soi des mouvemens de
colère.
{Ex Epist. ad p^oetium, pag. 26.)
Toute émotion de l'ame , tendante à la colère , la haine, la dispute, est toujours très-préjudiciable à la personne qui est ainsi émue , quelque juste que puisse en être la cause , parce que telle est la nature de l'homme, qu'un petit mouvement déréglé, auquel nous nous livrons , laisse en nous une grande disposition à nous livrer à d'autres mouvemens du même genre, plus déréglés encore j et si quelqu'un a souffert une fois qu'il s'élève dans son ame un mouvement de colère , pour un sujet qui étoit légitime, il deviendra par-là même beaucoup plus enclin à se mettre une autre fois en colère pour un sujet qui ne le seroit pas.
JxEGLES de la correction fraternelle que doivent observer tousles hommes, et particulièrement les prédicateurs.
(Ex Epist. ad p^oetium , pag. 540
L'Apôtre saint Paul , écrivant aux Corinthiens , et voulant leur faire connoître le prix de la charité, s'exprime ainsi: {jChap. xiii.)