‹ Pensées de Descartes, sur la religion et la morale (volume 2)Chapitre 44 sur 58 · DE LA CORRECTION FRATERNELLE · texte numérisé non relu

DE LA CORRECTION FRATERNELLE

nellement intéressés dans le mal qu'il a lait , que lorsqu'il a fait un mal de toute autre espèce, il n'est pas douteux que Noire-Seigneur n'ait renfermé, dans les paroles précédentes, les remède» les plus forts dont il soit permis d'user dans la correction de notre prochain, quelque grave que soit la fiiute dont il s'est rendu coupable : et nous ne sommes bien fondés à appliquer le précepte du Seigneur à toutes les fautes du prochain, à celles mcuie qui, personnellement, ne nous intéresseroient pas, que parce que les hommes vraiment pieux ne sont pas moins touchés du tort qu'en péchajit on fait à Dieu, ou, pour mieux dire, (parce que dans la vérité on ne peut nuire àDieu) du tort que celui qui pèche, et qu'ils aiment comme leur prochain, se fait à lui-même, que du tort que le péché feroit directement et uniquement à leurs personnes.

Si donc l'injure vous a été faite par quelqu'un qui soit chrétien , et que par conséquent la charité vous oblige d'aimer, vous devez donc, premièrement, l'avertir en particulier; s'il ne se corrige pas, avertissez-le unesecondefoisen présence d'un ou de deux de ses amis, et spécialement de ceux que vous avez lieu de croire avoir plus d'autorité sur son esprit. Enfin , s'il ne se rend pas à ce second avertissement, dites -le à V Eglise, c'est-à-dire, portez vos plaintes contre lui dans l'assemblée de tous ceux qui l'aiment vérilable-

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