M. SAINTE-BEUVE
M. Sainte-Beuve a parlé souvent de M. Joubert; il a parlé de lui notamment à l'occasion de ses illustres amis, M. de Cliateaubriand, M. de Fontanes , M. de Chênedollé; et il l'a souvent, cité : car les Pensées sont devenues une sorte de monnaie courante à l'usage dea esprits les plus distingués. Il lui a surtout consacré deux articles étendus, le premier en J838, à propos de la première publication restreinte, faite par les soins de la veuve de M. Joubert et de M. de Chateaubriand* ; le second en 1850, lors de la réimpression de l'édition plus complète qui avait élé publiée en 1842 par M. Paul de Raynal ^. Nous sommes autorisés à donner des extraits étendus de ces deux appréciations si pleines de goût, et où, suivant son usage, M. Sainte-Beuve, toujours habile à mettre en relief les physionomies littéraires, a multiplié les citations et les a choisies avec le tact qu'il possède à un merveilleux degré.
On se rappelle que le volume de 1838, tiré à un petit nombre d'exemplaires, n'avait pas été mis en vente et n'avait été distribué qu'à des amis de la famille. 11 fit cependant quelque bruit : et M. Sainte-Beuve s'empressa d'informer le public de celte nouveauté dont un certain mystère semblait encore rehausser le prix. Naturellement , les citations furent plus nombreuses que jamais , puisqu'on parlait au public d'un livre dont l'accès lui était alors interdit.
Cette première notice commence ainsi :
Bien que les Pensées de l'homme remarquable dont le nom apparaît dans la critique pour la première fois ne