V. LA REVOLUTION
599. — La raison humaine ne fut jamais plus révoltée contre le Dieu de la Croix et ne nia jamais avec plus d'obstination ses droits sur le monde. Elle a imposé à la terre un droit de sa fabrique, le droit de l'homme, appelé plus tard (de droit nouveau, » et qui est simplement le droit de son caprice. Elle a violemment dépouillé les rois de leur couronne, les peuples de leur nationalité, les individus de leur propriété, les autels de leur liberté. Ses sophismes corrompent par la peur les âmes où ils n'ont pas éteint la lumière; toute résistance est vaine. Jamais despote plus insolent n'a dit à la conscience : Tais-toi! ou ne l'a livrée avec plus de dédain aux huées des sicaires. (32 , p. 6.)
600. — Il y a dans l'humanité déchue un esprit destructeur de l'humanité, un caractère de Satan qui est la haine de Dieu et la haine de l'homme comme œuvre de Dieu; et c'est là le trait distinctif de la révolution. La révolution est satanique. disait Joseph de Maistre. Toutes ses voies aboutissent à la destruction , elle y tend par toutes ses entreprises; et son entreprise la plus chère, parce qu'elle y reconnaît sa voie la plus prompte, est d'anéantir l'Église de Jésus-Christ , par laquelle seule l'homme peut vivre dans la justice et dans la liberté. De là son perpétuel effort contre le chef visible de cette Église, son perpétuel dessein de l'ôter de Rome, pour l'ôter ensuite de la vie. (29, p. 13.)
601. — La révolution, dans son intime, est la haine abjecte de tout mal contre tout bien. Il y a des âmes
dégradées qui font le mal pour se venger du bien qui éclaire leur perpétuelle ignominie. Notre vue et notre vie oppriment ces malheureux. Nous marchons sur eux quand nous entrons dans nos églises. Ils voudraient détruire ces temples d'où nous sortons l'ârne éblouie de choses qu'ils n'ont pu voir, enivrés de parfums qu'ils n'ont pu respirer. (22, p. 374.)
602. — Le caractère dominant de la révolution, à toutes les époques, c'est la haine de l'Eglise catholique. Dans cette institution divine, elle reconnaît son suprême adversaire. L'aversion qu'elle lui porte a toujours survécu à ses autres fureurs, victorieuses ou fatiguées. (12, p. 136.)
603. — Dans son essence et dans son but, la révolution, c'est Tanti-catholicisme. Elle veut renverser et détruire l'Église catholique, et ne veut pas autre chose. Elle a ce sentiment partout , sur les trônes, autour des trônes, dans les parlements, dans les clubs, dans les académies et bureaux d'esprit. Là-dessus, tous les révolutionnaires s'entendent et s'entendront toujours. L'Anglais y mettra son éloquence et sa diplomatie , le Moscovite ses armées d'esclaves, le Prussien sa landsturm , l'Italien son stylet , le penseur français son trognon de plume, instrument néfaste , qui , plus que tout autre, a souillé et perverti le bon sens du genre humain. (15, p. 505.)
604. — La révolution a été une punition ; ceux qui la considèrent comme un progrès seront éternellement ses dupes. (12, p. 149.)
605. — De tous les malheurs dont le peuple est menacé, le plus grand, le plus irréparable serait son triomphe. (39, p. 4.)