VIII. LES IMPIES SONT LES ENNEMIS DE LA LIBERTÉ
620. — Le christianisme seul nous tient debout par sa perpétuelle répudiation de la m.ollesse et de l'esclavage. Mais il y faut le christianisnae intégral, celui qui nous donne la présence réelle du Dieu vivant, la parole vivante du Dieu présent. Le christianisme ébréché des hérétiques n'est qu'une philosophie. Il est impuissant à combattre cet envahissement de la nature qui trouve en nous tant d'ardentes complicités. La liberté, dignité si salutaire et si nécessaire, il faut que le christianisme nous la propose et surtout nous l'impose, et lui seul le veut, et lui seul le peut. Ce ne
serait rien de nous défendre d'avoir des esclaves, il faut nous défendre de l'être. On dit que la plus noble aspiration de l'homme est vers la liberté; oui, et son penchant le plus violent est vers l'esclavage. Il veut y réduire les autres, et il s'y précipite lui-même. La grande affaire de l'homme est de se trouver un maître. A. quel prix ne l'achète-t-il pas? Quels sacrifices ne lui fait-il pas? Tu n'auras point d'autre Dieu que Dieu! Voilà le premier article de la loi divine, et la première, la plus large, la seule sohde assise de la liberté humaine.
Aussi, nos anciens libéraux, nos humanitaires, tout cela est devenu partisan de l'autorité et regarde tranquillement dépecer la chair humaine. (23, p. 206.)
621. — La question italienne n'est pas la question de l'indépendance politique d'une nation. Si le Pape n'était point là , peuples, sectes et gouvernements ne se montreraient pas plus touchés du destin de l'Italie autrichienne qu'ils ne le sont des malheurs bien autrement réels de l'Irlande et de la Pologne. La question italienne met le feu sur la terre , parce qu'elle est le dernier acte de la révolte du protestantisme contre l'Église de Dieu. (24, p. 49.)
622. — La révolution ne se propose nullement d'affranchir les Romains, mais uniquement de renverser le trône pontifical. Elle le veut renverser par la raison décisive pour elle que ce trône , dit Joseph de Maistre , est fait pour ennoblir et consolider les autres. Il y a des trônes qui ne le savent pas : la révolution le sait bien! (15, p. 433.)