‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 149 sur 216 · XIII. COMMENT FINISSENT LES PERSECUTIONS · texte numérisé non relu

XIII. COMMENT FINISSENT LES PERSECUTIONS

689. — Tandis que Julien l'Apostat guerroyait chez les Perses, un païen voulut un jour s'amuser d'un chrétien qui lui parut triste. Il lui demanda ce que faisait en ce momxcnt le Fils du charpentier. Le chrétien répondit : Il fait un cercueil.

Avant Julien, le Fils du charpentier avait déjà fait beaucoup de cercueils; depuis Julien, il en a fait beaucoup. Certaines gens paraissent croire qu'il n'en fait plus, qu'il n'en sait plus faire. On se trompe. Mais il y a une besogne à laquelle les adversaires du Fils du charpentier n'ont pas cessé de se livrer, et que parfois il leur laisse poursuivre, comme pour se donner à luimême le loisir de prendre leur mesure. Ce continuel travail des ennemis de Jésus-Christ, c'est la démonstration de la divinité de l'œuvre par excellence de Jésus- Christ, l'Église.

Néron , le premier, y a mis la main : il a arrosé , le premier, l'arbre transplanté du Calvaire. Ses successeurs l'ont imité. Julien est venu à son tour, perfectionnant toutes les anciennes m.éthodes. Jusqu'alors on n'avait su qu'égorger; Julien était baptisé, il sut trahir.

Ce fut un maître. Dieu lui laissa deux ans. D'autres ont eu dix ans, d'autres davantage ; d'autres, se perpétuant par leurs disciples, ont eu des siècles. Le cercueil a été taillé à la mesure des écoles et des nations comme à la mesure des individus. Quelle apologie de l'Église, quelle démonstration de sa divinité, que le seul fait de son existence après dix -neuf siècles d'un pareil combat! (15, p. 537.)

690. — Le mal est homicide, mais homicide de luimême et de ceux qui sont à lui, non pas de Dieu et de ceux qui sont à Dieu.

691. — SiFiniquité pouvait être prudente, elle serait éternelle. Pour limiter l'empire qu'il lui a laissé. Dieu a voulu qu'elle se mentît à elle-même, et elle succombe aux coups que seule elle peut se porter. (9, p. 110.)

692. — Suivant la belle et profonde expression de M. Tabbé Dupanloup, V Église peut perdre des soldats, jamais de batailles. Heureux les soldats qu'elle perd ainsi! Bienheureux ceux qui succombent pour elle! Lorsque les chrétiens savent combattre , l'Eglise vit et Dieu est glorifié. (6, p. 96.)

693. — Qu'importe l'orage, si Dieu nous y soutient? Parce que le vent m'agite, faut-il croire qu'il pourra me déraciner? Par la miséricorde de Dieu les faibles sont forts dans la tourmente; l'ouragan qui renverse les chênes ne fait que courber les brins d'herbe et les roseaux. (37, p. M.)

694. — Quand tout semble mort ou vaincu , quand l'iniquité règne et ne se connaît plus d'ennemis, il reste sur la terre , dans l'ombre, la prière et les gémissements des saints; dans le ciel. Dieu et la foudre. (39, p. 334.)

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