I. DES DIVERSES FORMES DE GOUVERNEMENT
756. — Quand le droit politique a passé par soixante ans de révolutions, il devient méconnaissable aux yeux du plus grand nombre* il perd tellement de sa force aux yeux de tout le reste, qu'il n'y a plus que Dieu qui puisse la lui rendre. Or Dieu, pour opérer ces sortes de résurrections, consulte sa justice et non la nôtre, ses desseins et non pas nos désirs, rarement aussi purs que nous le croyons. Dieu n'a donné l'éternité à rien d'humain, pas plus à la puissance qu'à la vie. C'est par lui que les rois régnent. Il confie, il ôte, il transmet , il rend le sceptre; tout doit finir. Seul, il sait bien le pourquoi, le comment et l'heure, et il se sert des révolutions comme de la mort. (9, p. 464.)
757. — Les gouvernements sont libéraux, s'ils sont honnêtes, s'ils font régner l'ordre par la justice, s'ils ne conspirent pas les uns contre les autres, s'ils ne s'appliquent point à violenter le sentiment et la conscience des peuples pour ruiner la religion , seule vraie liberté et seule unité des peuples. (15, p. 399.)