IV. UN JUSTE -MILIEU
768. — Sans doute, il faut respecter les rois; sans doute il ne faut pas admettre le droit de la révolte; mais on n'emprisonne pas la conscience humaine dans ces formules. Si les rois sont respectables, les peuples le sont aussi... 11 n'y a pas de droit pour la révolte; mais il n'y en a pas davantage pour l'oppression , et aucune portion de l'humanité n'est donnée à aucun homme en ce monde, comme un troupeau qu'il peut légitimement, au gré de son caprice, livrer à ses prêtres ou livrer à ses bûchers.
Où finit le droit du prince? Où commence celui du peuple? Qui connaît cette limite obscure? Qui osera la marquer?
Le plus sûr est d'égaliser autant que possible les forces, d'apprendre à tous les hommes leurs devoirs, de ne pas laisser ignorer aux rois qu'ils sont des hommes. Ils l'oublient aisément, lorsque les actions les plus noires ne rencontrent que des voix muettes et des fronts courbés. (6 p. 205.)