V. MOYENS DE BIEN GOUVERNER
769. — Tous les gouvernements ont en eux la faculté de s'affermir : il leur suffit d'aimer la justice et de servir franchement la liberté. (7, p. 231.)
770. — (( La force , qui vient de Dieu » , c'est une manne qui ne se conserve qu'aux mains de la justice et de l'humanité. (9, p. 439.)
771. — Le bonheur des peuples ne dépend pas de la forme , mais de la sagesse des gouvernements. A la vérité^ quand la forme est bonne, la sagesse est plus facile. Un roi maître chez lui et maître de lui-même , excellente constitution !
Les peuples sont fidèles aux rois qui sont fidèles à Dieu. De tels maîtres, vigilants et justes, pourvoient aux abus que l'esprit de révolution promet de détruire. (19, p. 58.)
772. — Lorsque des gens intelligents et qui connaissent la valeur des mots, parlent d'une société, ils entendent cet état régulier où des lois fortes et sages mettent tout à l'abri des caprices d'un seul homme , qui est un tyran, ou d'une seule force, qui est la multitude. Quand la volonté d'un seul fait tout, sans autre loi, c'est un despotisme; quand la multitude peut tout, malgré les lois , c'est une anarchie , une autre forme du despotisme ; et dans ces deux états seulement se réahse quelque figure de la liberté illimitée, sous le nom de décadence sociale et de dissolution des mœurs. On a d'immondes spectacles, d'immondes enseignements, d'immondes industries ; on trompe , on pille , on insulte, on ment sans souci de sa conscience ni de l'opinion; on spécule et on s'amuse tant qu'on peut et à peu près tant qu'on veut, et on s'avilit dans d'ignobles intrigues , jusqu'à ce que l'on périsse dans d'ignobles révolutions. Voilà la liberté illimitée , où tout est facile , sauf d'être homme de bien , car c'est alors le seul métier où l'on ne se fasse pas beaucoup d'amis. (9, p. 338.)