X. LE POUVOIR ET LA RELIGION
785. — L'inspiration de l'JEglise est nécessaire à la conduite du pouvoir : la protection du pouvoir facilite l'action sociale de l'Église ; hors de l'Église point de salut pour la liberté. (10, p. 416.)
786. — La Religion languit, quand le pouvoir ne gouverne pas, et le pouvoir gouverne mal, quand la Religion ne l'éclairé pas. Le pouvoir doit être indépendant; mais il doit connaître et respecter la loi de Dieu; et comment la respecte-t-il, s'il ne donne pas la liberté à l'Église de Dieu ? L'Église doit être libre ; mais elle n'est complètement libre que si le pouvoir la protège contre les passions qui sans cesse entreprennent d'abattre ses lois, de ruiner ses dogmes, de la réduire en servitude. Un pouvoir faible à cet égard laisse accomplir tout le mal que poun'ait faire un pouvoir méchant. Le pouvoir et l'Église doivent donc s'entendre et marcher d'accord : la loi de leur intérêt est aussi la loi du salut social. (10, p. 115.)
787. — On voudrait des garanties constitutionnelles. Nous aussi, nous en voudrions ; seulement la conscience nous oblige d'avouer que nous ignorons absolument où les prendre. En dehors de l'Eglise et du pouvoir, de la force et de la foi unies par une longue concorde, peuton montrer, dans ce temps et dans ce pays, le germe sérieux d'une garantie quelconque pour la famille, pour la propriété, pour la liberté, pour l'ordre social? Nous adressons cette question à tous les partisans du système parlementaire; ils font toujours la même réponse : une constitution, une tribune, des journaux! c'est-à-dire du papier et des paroles, et quelles paroles !
Des constitutions, on en fait comme on veut, tant qu'on veut. Elles garantissent tout. Par malheur, rien ne les garantit elles-mêmes. Un souffle passe, voilà tout en miettes et en poudre.
La vraie constitution d'une nation , c'est son tempérament, et non pas une collection d'articles plus ou moins habilement combinés pour la former à des vertus ou à des habitudes qu'elle n'a point.
Après tant de garanties données aux factions contre le pouvoir, tout le monde a vu que le pouvoir est désormais pour longtemps la seule garantie de la société contre les factions. (10, p. 165.)