‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 174 sur 216 · XII. LE PARTI CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

XII. LE PARTI CATHOLIQUE

793. — Au milieu de l'Europe agitée et bouleversée par le choc de tous les systèmes, l'Église n'est spécialement ni absolutiste, ni monarchiste, ni républicaine; elle est l'Église. Où l'ordre ancien subsiste, elle le respecte; où des faits nouveaux s'annoncent, elle attend; où un ordre nouveau s'établit, elle acquiesce.

Que repousse-t-elle? Ce que tous les esprits justes et la force même des choses repoussent. Personne ne dit non avec autant d'énergie et de douceur aux vœux insensés qui s'élèvent du sein de la multitude.

Que demande- 1 -elle? Ni richesse, ni pouvoir, ni privilège ; rien que la liberté de ses sacrifices et de ses enseignements divins ! Elle dit au pouvoir, de quelque nom qu'il se nomme : Laissez -moi porter la parole et les bienfaits de Dieu I Elle n'a point d'autre pacte à })roposer, point d'autre pacte à conclure! Celui qui

saura l'accepter, grandira, s'affermira, sera le pouvoir durable. Celui qui refusera est sur le bord du précipice.

794. — Nous , catholiques , nous sommes enclavés dans le parti de l'ordre , mais nous ne lui appartenons pas. Nous acceptons les gouvernements et les hommes, nous ne conspirons pas contre eux ; nous leur payons le tribut; mais nous leur demandons autre chose que cet ordre matériel dont nous avons appris à connaître la fragilité. Nous ne songeons pas aux formes mobiles et changeantes de la société, nous songeons à ses bases éternelles; et nous disons à ceux qui gouvernent qu'ils n'auront notre concours et que nous ne croirons à leur durée qu'autant que nous les verrons capables de ramener la société à ce roc des croyances chrétiennes dont elle ne peut se détacher sans rouler perpétuellement dans les abîmes. (7, p. 548.)

795. — Au milieu des batailles que nous voyons, de ces défaites et de ces triomphes, les chrétiens portent le mot de Dieu, qui seul est la justice et la lumière, et qui seul produira la paix.

Ils ne sont point, politiquement, du parti des riches, parce que les riches n'ont point connu les devoirs de la richesse; ils ne sont point, politiquement, du parti des pauvres, parce que les pauvres ne veulent point accepter les devoirs de la pauvreté. Mais ils enseignent aux pauvres et aux riches comment ils sont indispensables les uns aux autres, et à quelles conditions ils se peuvent accorder. (7, p. 229.)

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