‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 175 sur 216 · XIII. DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

XIII. DE LA LIBERTÉ

796. — La liberté de discussion, la liberté de la presse, la liberté de conscience, toutes les libertés

comprises sous le nom générique de liberté de penser, jouissent d'une grande faveur auprès d'un certain nombre de catholiques. Plusieurs assurent que le destin de l'Église est attaché au plein triomphe de ces libertés. (10, p. 258.)

Mais ce n'est pas tout de crier qu'on aime la liberté, qu'on hait le despotisme, et de faire alliance avec tous ceux qui poussent le même cri. Il faut savoir ce qu'ils entendent, ce que l'on entend soi-même et jusqu'où l'on peut aller.

Qu'est-ce que la liberté de la presse? Qu'est-ce que la liberté de discussion? Qu'est-ce que la liberté de conscience? Nous sommes loin d'en avoir une déiinition généralement adoptée. La plus nette est celle de M. Girardin : Penser tout ce que l'on veut, dire tout ce que Von pense, faire tout ce que Von peut. C'est le principe générateur de la sauvagerie. Les hommes qui tiennent encore à la civilisation en rabattent beaucoup en théorie, et davantage en pratique.

Mais la liberté rouge, la liberté bleue et la liberté blanche, que disent - elles ? S'est -on entendu? A-t-on fixé les limites de la liberté de conscience, de la liberté de la presse, de la liberté de discussion? (10, p. 260.)

797. — Si le premier des principes de 89 n'est pas la liberté de discuter même les principes de 89, ces fameux principes ne sont pas un code de liberté , mais un Coran. (13, p. 36.)

798. — Liberté, égalité, fraternité! Paroles vaines, funestes même, depuis quelles sont devenues politiques; car la politique en a fait trois mensonges. La liberté, c'est la justice; l'égalité, c'est l'humilité; la fraternité, c'est la charité. Nous serons hbres quand nous serons justes ; nous accepterons l'égalité quand nous aurons courbé la tête sous le niveau de la croix; nous pratiquerons la fraternité, quand nous adorerons notre Père qui est aux deux , et quand nous aurons

imploré de lui la grâce d'aimer nos frères du même amour qu'il porte à ses enfants. Jusque - là il n'y aura que de l'égoïsme, de l'envie et de l'orgueil; et la devise républicaine ne sera, comme par le passé, qu'une balle dans nos fusils, ou le fer de la guillotine aux mains des factions triomphantes. (39, p. 14.)

799. — Au lieu d'être des ennemis acharnés de nos institutions nouvelles, elles sont de nous mieux comprises , plus respectées, plus aimées que devons. Nous montrons une indépendance que vous n'avez ni souvent, ni longtemps; un patriotisme qui produit des actes, quand le vôtre ne produit que des paroles. (5, p. 447.)

800. — L'Eglise a droit aux mêmes libertés que tout le monde ; mais tout le monde n'a pas droit aux mêmes libertés que l'Église. Les libertés que l'Église réclame sont de droit naturel et de droit divin , bonnes, nécessaires , légitimes, saintes ; mais les diverses libertés réclamées par les hommes n'ont pas le même caractère, le même titre. (40, p. 56.)

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