II. ANGLETERRE
864. — Après trois siècles , la nation des Anglais est devenue plus barbare qu'elle ne l'était avant l'arrivée de son apôtre le moine Augustin.
Oui, plus barbare! Nous connaissons comme tout le monde les merveilles de l'industrie, de la politique et de la puissance anglaises. Nous savons qu'il n'y a nulle part d'aussi belles brasseries qu'à Londres, que nulle part on ne construit avec plus de splendeur les docks et les vaisseaux , on ne fabrique avec plus de perfection les allumettes chimiques , les épingles et les livres ; nous accordons que c'est le pays de la terre où l'on parle le plus , où l'on parle lo mieux , où l'on conduit avec plus de prudence et de succès toute entreprise humaine.
Mais c'est le pays du monde aussi où le riche connaît le moins son âme, et où l'âme du peuple est le plus méprisée; et c'est ce que nous appelons la barbarie. (9, p. 13.)
865. — Il y a présentement en Europe deux grandes terres d'asile, l'Angleterre et Rome. La puissante Angleterre donne asile aux régicides ; Rome aux princes détrônés. En général, c'est l'Angleterre que les princes admirent. (22, p. 414.)