IV. BIBLE
870. — Humble lecteur de la Bible, et du nombre, grâce à Dieu, de ces croyants qui croient tout, ce n'est pas moi que les ténèbres du saint Livre ni les ruses de
ses adversaires ont embarrassé jamais. Quand un verset n'est pas clair, je passe au verset suivant; si le verset suivant semble contredire celui qui précède, j'attends qu'on me l'explique; si l'on ne peut pas l'expliquer, ou qu'on l'explique mal, si même on prouve qu'il y a là quelque chose de contraire à la science, à l'histoire, à la raison , je crois que l'histoire , la science , la raison ne savent pas leur métier. Je ne suppose nullement que le Saint-Esprit se trompe, parce que ma faible intelligence ne le comprend pas. M' attachant au manteau de la sainte Église, reine des Écritures, je vais plus loin chercher sous sa conduite, dans ce verger splendide, le fruit que Dieu jugera bon pour moi. (19, p. 195.)
871. — Jamais un écrivain n'ouvrira la Bible sans la sentir inimitable et sans être tenté de l'imiter; j'ajoute que cette témérité ne le laissera jamais sans quelque profit. Quant au fond , ce sont les oracles divins qu'il se donne à méditer; quant à la forme, aucune faiblesse ne la peut défigurer assez pour lui enlever entièrement sa splendeur : les images sont grandes , abondantes , simples, soudaines; elles éclairent les vérités les plus sûres de tout ce que la poésie a de plus saisissant. La poésie moderne, accablée d'oripeaux, bat des chemins où elle ne trouve plus rien de neuf, et qui ne mènent à rien de bon; l'Écriture sainte est un monde toujours nouveau qui donnera toujours des fieurs et de l'or. ( 2 , p. 280.)