Tout ce que la médecine conseille, la reli
gion l'ordonne. Seulement la médecine le conseille en vain, et la religion l'ordonne efficacement. C'est par elle que l'on est sobre, chaste, régulier; que le mari s'attache à sa femme, la femme à son enfant ; que l'enfant honore père et mère. Honorer, c'est obéir; obéir à des parents vertueux , c'est imiter leurs vertus. Il y a encore autre chose qu'un code dans les commandements de Dieu, il y a aussi une thérapeutique. La religion fera deux choses que seule elle peut faire, et qui seules conjureront les maux prêts à nous dévorer : elle ouvrira le cœur et la main du riche, elle fermera le cabaret. — S'il arrive un malheur à une famille chrétienne, les secours ne lui manquent pas, ni surtout la patience. Outre que ces chrétiens ont en eux toutes les ressources que la foi donne, outre qu'ils ont été économes, prévoyants et que leur forte nature n'est pas de celles qui succombent au premier choc, leurs vertus ont fait autour d'eux un rempart d'amis qui leur ressemblent, et qui leur tendront fraternellement la main. (39, p. 414-M6.)
407. — En 1832, le choléra fait invasion dans l'Algérie. Aussitôt éclatent de tous côtés les arrêtés, les prescriptions, les conseils, dont la principale pensée est « qu'il faut détourner son esprit de Tidée du choléra. » On conseille de plus la sobriété, la chasteté, beaucoup d'autres vertus, non comme vertus, mais comme remèdes. De Dieu , pas un mot.
On étonnerait beaucoup nos esculapes si on leur montrait combien ils sont souvent d'accord avec ce catéchisme qu'ils méprisent.
Quelle pitié de voir des gens de mérite recommander des vertus dont leur science leur a fait reconnaître les bienfaits, et se montrer en même temps pleins d'animosité contre les doctrines et les ministres d'une religion qui seule a le pouvoir d'implanter et de faire vivre au cœur de Thomme ces salutaires vertus! (3, p. 255.)
408. — Les prescriptions, les défenses de la loi chrétienne, l'intervention de l'Église ont pour but d'opérer sur les objets de nos désirs cette transformation qui les épure, et sans laquelle ils nuisent à toute l'économie de la vie humaine. Ainsi le sacrement de mariage est un désinfectant. Le bonheur ne se trouve pas en dehors des légitimes conditions du bonheur. ( 39 ,
409. — Où sont aujourd'hui, parmi les peuples, le courage et la grandeur? Où sont parmi les hommes la science et l'amour de l'humanité? Là où est la foi catholique. Où sont les convictions durables? Dans la foi catholique. Où vont les esprits généreux? A la foi catholique. Quel faisceau se grossit et se serre tous les jours, et ne s'éparpille pas sous le vent délétère de la passion et de l'intérêt? Le faisceau catholique. (28, p. 240.)
440. — A deux mille ans de distance , la parole du Christ demeure l'unique vraie lumière de l'homme sur lui-même et sur Dieu; elle soutient le monde catholique, entouré de fanatiques ennemis; elle soutient la loi naturelle, investie et battue en brèche par un philosophisme insensé; elle soutient la raison humaine sujette au vertige et au délire ; non-seulement elle conserve et elle répare, mais elle enfante; elle enfante des prêtres et des saints, elle enfante la foi ; des plus stériles cœurs elle arrache encore l'admiration et l'amour. Qui aurait inventé cette parole? (4, p. 44;.)
444. — Telle est la puissance du catholicisme, sa divine fécondité, que les nations qui le possèdent encore, n'ont qu'à le laisser faire, disons mieux, n'ont qu'à le laisser vivre, même dans les conditions les plus défavorables, pour recevoir de lui un renouvellement de sagesse qui les attire quasi invinciblement sur le terrain de leurs plus nobles intérêts. ( 29, p. 44.)
112. — Cette foi n'est pas morte. Tout ce qu'elle a fait d'admirable, elle peut le faire encore, elle s'ofTre à le faire. Elle demande en pleurant ces enfants qu'elle peut remplir de l'abondance des vertus privées et sociales, cette société malade qu'elle peut guérir et relever en une génération. Elle garde les traditions austères de la probité, les sources ardentes du dévouement, le trésor de cette charité qui fait de tout homme riche ou seulement valide, un économe et un père pour les malheureux. Elle offre tout cela ; mais on la repousse.
113. — Quel est le principal et l'unique élément de la civilisation parmi ces hordes qui n'ont pas assez, pour se nourrir, de l'immensité des savanes, et qui s'éteignent dans de perpétuelles guerres de tribu à tribu, de famille à famille, de frère à frère? Un missionnaire vient : il se fait écouter de la horde , il y fait recevoir un code qui n'est autre que les commandements de Dieu et de TÉglise, et la maison succède à la hutte.
Hé bien ! la première chose que la France ait à faire pour se sauver, ce n'est pas une république ni un empire, ni une monarchie ; c'est de redevenir chrétienne. (9, p. 158.)
114. — Établissez au sein de la plus dégradée des peuplades sauvages quelques prêtres catholiques qui ne connaissent que leur Dieu : en cinquante années ils auront fait un peuple dont la police et la philosophie émerveilleraient tous les sages de la Grèce.
Transportez dans l'Éden une population pourvue de tous les arts, de toutes les lois, de toutes les sciences de l'Europe, mais qui ne sache rien de Dieu: cinquante ans après vous ne retrouverez que des sauvages, si vous retrouvez quelqu'un.
Attaquer la religion, c'est donc attaquer la société dans sa base. (5, p. 102.)
415. — A l'ouest de la France, Cherbourg, est une arme puissante : la forteresse, c'est Sainte -Anne-d'Auray. (14, p. 330.)