VII. STABILITÉ DE L EGLISE
152. — Le voilà, ce terrible Vatican ! On le croirait vide. Quelques gardes à la porte, quelques serviteurs, quelques pèlerins qui viennent chercher une bénédiction , quelques secrétaires, et plus rien. Le moindre duc
d'Allemagne, que dis -je? le moindre juif d'Angleterre ou de France entretient autour de lui plus de pompe et de courtisans. Argentum et aurum non est mihi.
Néanmoins ils ne se trompent pas ceux qui dirigent tant d'efforts contre ces murs dont la majesté désarmée ne renferme que les nobles forces et les nobles richesses de l'esprit! Ils ne se trompent pas ces fils de Satan. Le Vatican est la forteresse du monde chrétien. Qu'il soit emporté : la terre de l'homme et son âme appartiennent au vieil ennemi.
Mais pourquoi l'ennemi n'est-il pas déjà maître? Il a tant de canons, tant de journaux, tant de langues!
Amen, amen, dico vohis : Sur cette demeure dont nous ne voyons que la faiblesse et le délaissement, l'ange qui pénétra dans les prisons d'Hérode, invisible et invincible, plane l'épée à la main. (21, p. 71.)
153. — Le Pape n'a en face que de vieux adversaires; l'essai d'aujourd'hui n'est que la prolongation d'une entreprise qui compte dix-huit siècles d'avortetements. (21, p. 93.)
154. — Le monde est chargé de beaucoup de constructions imposantes hérissées de canons ; mais il n'y a qu'un roc, et tout le reste est poussière et jouet du vent. (22, p, 319.)
155. — L'Église romaine est comme un grand arbre, secoué périodiquement par d'effroyables tempêtes, qui le dépouillent de ses feuilles , qui brisent et dispersent au loin ses rameaux; mais ces rameaux brisés prennent racine où le vent les porte ; tandis que le tronc luimême, toujours indestructible, se couvre d'une floraison nouvelle, et semble moins mutilé que rajeuni. (12, p. 500.)