I. AME
292. — 0 étonnante et incompréhensible dignité d'une âme, qui est ici-bas, seule peut-être, emprisonnée d'un corps infirme et revêtu de haillons, au milieu d'un guêpier de méchancetés humaines !
Reine exilée , elle sait qu'elle retrouvera sa couronne et son empire; qu'il n'y a point de frontière, ni de distance, ni d'armées ennemies qui l'en éloignent, si seulement elle veut y entrer. Elle voit son royaume divin , et chaque pas qu'elle fait l'en rapproche ; toute douleur qui tombe sur elle, toute humiliation qui l'atteint lui prépare un surcroît plus splendide de puissance et de gloire; elle sait cela. Elle sait aussi que rien ne peut ravir tant de biens : pour les perdre il lui faudrait un acte hbre de sa volonté ; pour être détrônée, il faut qu'elle abdique. En attendant, c'est une créature de Dieu qui souffre! Sans doute; mais en souffrant, elle mérite, elle espère, elle aime. (49, p. 103.)
293. — Toute cette forme de la terre disparaîtra, sera rejetée comme un vêlement vieilli, s'évanouira comme une vapeur; mais l'âme qui vous aime, ô mon
Dieu, et que vous aimez, entrera pour jamais dans la gloire de vos deux, qui ne passeront point. (19, p. 102.)
294. — L'âme qui aime Dieu , quelles que soient d'ailleurs ses misères , surpasse en prix infiniment ce soleil et toutes ces splendeurs terrestres que nous admirons. Vous l'avez aimée et vous l'avez choisie de toute éternité pour être l'objet de votre amour. Vous l'avez créée pour vous connaître, vous l'avez animée de votre souffle , vous l'avez rachetée par les souffrances et par le sang de votre Fils unique , et du haut du ciel vous veillez sans cesse pour qu'elle mérite d'entrer un jour dans votre éternité. (19, p. 521.)