‹ Pensées de M. Louis VeuillotChapitre 73 sur 216 · VT. CONVERSION · texte numérisé non relu

VT. CONVERSION

325. — Lorsqu'un pécheur impénitent confesse que le mal qu'il fait est le mal , lorsqu'il ne se dit pas innocent, lorsqu'il ne cherche pas à s'excuser, qu'il est déjà grand et sage ! (18, p. 463.)

326. — Dans une conversion ordinaire il y a la grâce autant que dans la conversion de saint Paul. Dieu n'a pas besoin d'employer les foudres et les tremblements de terre; il ne fait pas à tous ses adversaires l'honneur de les renverser sur le grand chemin. Mais qu'il terrasse le persécuteur, ou qu'il se contente de dire au publicain : Suis-moi, ou au lépreux : Va te montrer au prêtre, c'est toujours la même grâce et le même miracle, qui sollicite et ne violente pas la liberté. La puissance de l'illumination dépend de la bonne volonté humaine, non du nombre des feux allumés. Une veilleuse, quand nous ouvrons les yeux, suffit pour nous diriger dans les ténèbres; mais quand même le ciel et la terre s'embraseraient, qu'importe aux yeux qui ne veulent pas voir? (9, p. 515.)

327. — Quand il s'agit de conversion, le bon sens, la saine intelligence, le savoir, même le plus étendu, fournissent peu d'objeclions : c'est l'orgueil, c'est le délire des sens, c'est le bestial attachement qui nous assujettit aux joies de la matière, qui les fournissent à flots. (25, p. 252.)

328. — Je me suis demandé comment j'étais sur la terre, pourquoi j'y étais, et j'ai prié. L'étude est bonne, mais elle n'est pas si nécessaire. Le bon sens est chrétien, chrétien orthodoxe, qui plus est. C'est encore une chose où éclate admirablement la bonté de Dieu. (28, p. 230.)

329. — Le converti est un voyageur qui , après une longue course, se retrouve enfin dans l'enclos de sa maison : encore quelques pas, il franchira le seuil, il embrassera son père, il reverra sa famille, il reprendra sa place restée vide au foyer.

Que lui importent la lassitude, l'isolement, la misère? Il retourne à son royaume d'innocence et d'espoir. Ce dénué peut déjà faire aux puissants de la terre l'aumône d'une prière que le Ciel entendra; ce condamné a retrouvé le vieux titre de famille qui lui donne place au rang des élus; ce roi détrôné va ressaisir sa couronne éternelle. Le monde peut lui jeter ses mépris, faire briller à ses yeux ses hochets de clinquant, présenter à sa bouche ses coupes d'ivresses ; il ne l'entend pas , il ne le voit pas, il ne se détournera plus. (28, p. 238.)

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