XIII. FEMMES
349. — La femme chrétienne, c'est le bonheur modeste et silencieux de la maison , la vie humblement remplie de bonnes œuvres ignorées et de grandes actions sans bruit terrestre , l'affection inépuisable et profonde, mais muette comme l'eau d'un puits caché, qui ne reflète jamais que le ciel. (36, p. 139.)
350. — Celte femme chrétienne fut aimée et honorée de son mari , elle fît du bien, laissa de saints exemples, vécut dans une douce paix et mourut tranquille. — Quoi qu'on puisse voir, quoi que disent les apparences et les mensonges, c'est là pour une femme l'unique gloire, l'unique sort qu'il faut envier. Tout autre bonheur en ce monde, tout autre éclat n'est que dehors, tromperie, amertume. (38, p. 58.)
351 . — La femme pure peut bien , pour ressaisir le cœur de son mari , recourir à la parure et égayer l'austérité du foyer domestique; elle ne peut pas, quelque dédain qu'elle doive souffrir, se rendre semblable aux indignes rivales qui lui sont préférées , et demander à l'éloquence du vice l'affection refusée aux simplicités de la vertu. Elle n y gagnerait rien , elle y perdrait l'estime et le respect qui plaident malgré tout pour elle, et qui la feront triompher un jour. (14, p. 583.)
352. — Que m'importent les discours des femmes Spartiates, et tous les bons mots des héros grecs et romains? Ils m'amusent; ceux d'une bonne femme chrétienne m'édifient. En fait de femme héroïque qui ait dit une très-belle parole dans l'antiquité, j'admire surtout l'illustre Symphorose, chrétienne et sainte. L'empereur Adrien la menaça, si elle n'abjurait, de faire mourir ses huit enfants et de la faire mourir ensuite : (c Je rends grâces à Dieu, dit-elle, d'être martyrisée pour lui neuf fois en un seul jour! » (37, p. 67.)
353. — Jusqu'où vont les connaissances d'une femme au delà de la grammaire usuelle , de l'arithmétique et d'une certaine chronologie élémentaire, cela importe peu. Gomment cette femme pense, comment elle juge et saura se conduire, dans quels principes elle trouvera sa force, dans quelles idées elle puisera ses consolations, sur quelles convictions elle assoira le rigide amour de ses devoirs..., voilà l'essentiel. (37, p. 3.)
354. — Les femmes sont croyantes, ou crédules. Croyantes, elle persévèrent ; crédules, elles s'obstinent. Elles arrivent à de grands résultats où la raison ni quelquefois le raisonnement n'ont pas un grand rôle. Par esprit de foi , elles vont en avant sans incertitude et sans crainte, comptant toujours sur un miracle; et le miracle se fait souvent. S'il s'agit de convertir un pécheur, elles lui disent à brûle-pourpoint des choses qu'il ne voudrait pas entendre d'un homme, et qui l'ébranlent. Elles prient, elles donnent des médailles, elles font dire des messes et des neuvaines, elles reviennent cent fois, elles importunent, et elles l'emportent. S'agitil d'établir une œuvre : point de repos , point d'obstacle; elles fatiguent Dieu, si le mot peut se dire de Dieu comme des hommes; l'œuvre est fondée. (20, p. 23.)
355. — Toute femme est coquette de nature, comme tout homme est naturellement vain et menteur, omnis homo mendax. Mais la grâce corrige et retourne la nature , de même que le péché l'enfonce dans la corruption.
Quelques femmes abjurent la coquetterie absolument et montent vers la haute vertu; quelques autres, plus ou moins, descendent, deviennent coquettes formelles et s'acheminent vers la perdition ; la plupart demeurent sur la terre, dans le milieu, dans la nature, entre la grâce et le péché, qui se les disputent et qu'elles rêvent peut-être de concilier; à la messe le matin, au bal le soir, voulant plaire, craignant de plaire trop, éprouvant cette crainte le matin plus que le soir, plus disposées le soir à risquer de trop plaire qu'à se résoudre le matin de ne pas plaire du tout; très-aisément et très-sincèrement touchées de repentir quand elles s'aperçoivent qu'elles ont trop plu , mais d'un repentir qui n'est pas ordinairement sans douceur et sans un peu d'envie de recommencer. (42, xi, p. 232.)