‹ Pensées de Nicole de Port RoyalChapitre 2 sur 99 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

de conforme aux règles de l'art, et les passage* qui offraient une fidèle imitation de la belle nature. .Puis venait l'enseignement de la philosophie et de la logique.

Bien diffèrent de ces professeurs, qui ne sont animés que du désir de faire briller leur esprit, Nicole n'avait pour but que d'éclairer et de développer celui de ses élevés. Pour répandre plus de clarté dans ses entretiens, il les entremêlait d'exemples faciles à saisir et de comparaisons justes et palpables. Comme il laissait à chacun la liberté des objections , il y répondait d'une manière nette et limpide ; et il ne lui arrivait jamais d'interrompre on de suspendre ces colloques instructifs , qu'il ne vît clairement que ses explications ne laissaient pas le moindre nuage dans l'intelligence de ses auditeurs.

Une telle métbode devait produire d'heureux résultats. Aussi Nicole compta-t-il parmi ses écoliers des sujets de la première distinction , entre autres Angran, Lenain de Tillemont, connu depuis par de savans mémoires sur l'bistoire ecclésiastique, et Jean Racine , dont le nom seul éclipse les plus brillantes épithètes.

Les bommes sortis de cette école n'oublièrent jamais qu'ils £y avaient puise une éducation aussi pieuse qu'éclairée , et nourrirent toujours au fond de leur cœur une vive reconnaissance pour leurs anciens maitrcs. Racine seul se dépouilla un moment de ce noble sentiment à l'égard de Nicole , et voici dans quelle circonstance. Le professeur de Port- Royal, réfulant, dans ses Lettres à un J'isiontiaire. les opinions extravagantes de Desmarest de Saint- Sorlin, auteur de comédies et de romans tombés dans un juste oubli, avait avancé « qu'un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoison

Page 1