CHAPITRE VIÎ. 485 XT
Quand il est question de juger si on doit faire la mierve et tuer tant d'hommes, condamner tant d'Espagnols à la mort, c'est un homme seul qui en juge, et encore intéressé : ce devrait être un tiers indiffèrent.
Comme les duchés et les royautés et magistratures sont réels et nécessaires, à cause de ce que la force règle tout, il y en a partout et toujours; mais parce que ce n'est que la fantaisie qui fait qu'un tel ou tel le soit, cela n'est pas constant, cela est sujet à varier.
Tyrannie. — Ainsi ces discours sont faux et tyranniques : Je suis beau, donc on doit me craindre. Je suis fort, donc on doit m'aimer. Je suis... La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu'on ne peut avoir que par une autre. On rend différents devoirs aux différents mérites : devoir d'amour à l'agrément; devoir de crainte à la force; devoir de créance à la science. On doit rendre ces devoirs-là; on est injuste de les refuser, et injuste d'en demander (Vautres. Et c'est de même être faux et tyran de dire : Il n'est pas fort, donc je ne l'estimerai pas ; il n'est pas hatile, donc je ne le craindrai pas.
ne l'admet que pour rhomme déchu et il n'en tire qu'une plus vive raison de pousser toujours ^ la délivrance. (Sainte-Beuve.)