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3, Tîm, a. 5. leur dire avec saint Paul : Celui qui ne prend pas soin de sa propre maison ^ comment veut-il prendre soin de église de Dieu ?
^ Zèle pour Féglise, zèle qu'on ne peut louer assez ni assez recommander ; mais, du reste 5 c'est une vertu 5 et toute vertu consiste dans un milieu et dans un juste tempérament qui évite toutes les extrémités. Vous prenez les intérêts de l'église, et en cela vous faites votre devoir , et le devoir de tout chrétien 5 de tout catholique. Mais ne les prenez-vous point quelquefois plus que Téglisa ne les prend elle-même ? Pourquoi ces abattemens 5 ces désolations où vous tombez? pourquoi ces inquiétudes, ces alarmes continuelles? pourquoi ces aigreurs , ces amertumes de cœur? N'omettez rien de tout ce qui dépend de votre vigilance^ et de votre attention; parlez, agissez : mais au regard du succès , laissez à Dieu le soin de SOR église ; c'est son affaire plus que la vôtre. Le mal vient de ce qu'il se glisse dans la plupart de ces disputes, beaucoup de naturel, beaucoup d'humain. Si l'on n'y prend garde, une guerre de religion devient une guerre de passion.
^ Ce n'est pas toujours par la profession que nous faisons d'être attachés à l'église , qu'on peut bien discerner si nous sommes vraiment catholiques , ou si nous ne le sommes pas. Il n'y a poisit de langage plus ordinaire aux hérétiques et aux novateurs 5 que de témoigner dans leurs discours et dans leurs écrits un grand attachement à l'église ^ que de prêcher la soumission à l'église, que d'ex, horter les fidèles à prier pour Fégiise, Mais quelle
SUR l'Église. io5 est celte église pour laquelle ils semblent si zélés? une église à leur mode, et qu'ils se sont faite; une église 5 ou plutôt une secte séparée de la vraie église. Voilà ce qu'ils entendent sous ce titre pompeux d'église ; et voilà ce qui éblouit les simples, et ce qui les trompe. La voix est de Jacob ^ mais Gen. 27. 22. les mains sont d^Esail. C'est donc à la règle et au caractère distinctif que nous a marqué saint Ambroise, qu'il faut s'en tenir. Ce père parle de Satyre, son frère, et voici ce qu'il en dit : Après im naufrage d'où il étoit échappé , il voulut en action de grâces participer au sacrement de l'autel, et dans cette pensée il s'adressa à l'évêque du lieu. Mais comme c'étoit un temps de division et de schisme , il s'informa d'abord si cet évéque étoit catholique : c^est-à-dire^ ajoute saint Ambroise , expliquant ce terme de catholique , sHl J/nhr^ étoit uni de communion et de créance avec Véglise romaine / car sans cela Satyre ne reconnoissoit point de vraie catholicité , et n'en devoit point reconnoître.
§ Tout est subordonné dans l'église ; mais ce grand principe , ce principe si raisonnable et si essentiel pour la conduite et le bon ordre de toute société, nous l'entendons diversement, selon les divers rapports sous lesquels nous le considérons. A l'égard de ceux qui dépendent de nous, nous sommes les plus rigides et les plus implacables défenseurs de la subordination : mais s'il s'agit d'une puissance supérieure de cjui nous dépendons nous-mêmes, c'est sous ce rapport que la subordination n'excite plus tajit notre zèle ; il se raleutit
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beaueoiipj et même il s'éteint absolument. Ainsi entendez parler un supérieur ecclésiastique de ceux qui sont soumis à sa juridiction , ce sont des plaintes perpétuelles du peu de docilité qu'il trouve dans les esprits ; ce sont de profonds gémissemens sfur le renversement de la discipline, parce que chacun veut suivre ses idées et vivre à sa mode ; m sont les discours les . plus palliétiqoe.s et les plus belles maximes sur ia nécessité de la dépendance 5 pour établir la règle et pour la maintenir. Tout ce qu'il dit est sage , solide , incontestable ; mais il seroit question de voir si ce qu'il dit, il le pratique lui-même à l'égard d'une souveroine> et légitime puissance dont il relève et à qui il doit se soumettre. Voilà néanmoins ce qui seroit lÀen plus efficace et plus persuasif, que tant de gémissemens et tant de plaintes, que tant de belles maximes et tant de discours. Peut-être croiroiton, en se soumettant, affoiblir l'autorité dont on est revêtu ; et c'est au contraire ce qui Faffermiroit. Voulons-nous qu'on nous rende volontiers l'obéis-^ sance qui nous est due , donnons nous-mêmes Texem^ pie, et rendons de bonne grâce l'obéissance que BOUS devons.
§ Dans les troubles de l'état, le bon parti est toujours celui du roi et de son conseil ; et dans les troubles de l'église , en matière de créance et de doctrine , le bon parti est toujours celui du vicaire de Jésus-Christ, du siège apostolique ^ •.et du corps des évêques.
§ Un époux infidèle qui quitte son épouse pour en prendre une ou plus npble ou plus riche, voilà
SUR T^'ÉGLISK. lO^
ridée que je conçois d'un bénéficier qui, par un intérêt temporel et tout humain, quitte son église pour passer à une autre. Mais, dit-il, je ne fais rien contre les règles, dès que la puissance ecclésiastique et supérieure me donne sur cela les pouvoirs nécessaires. Pour lui répondre , je me servirai encore de la même figure; il en fera telle application qu'il lui plaira. Des pharisiens vinrent demander au Fils de Dieu s'il étoit permis à un homme de renvoyer la femme qu'il avoit épousée. Qu'est-ce que Moïse a ordonné là-dessus , leur répondit le Sauveur du monde ? Moïse , direntils, a permis de faire un acte de divorce , et de se séparer ainsi de sa femme. Il est vrai, reprit Jésus-Christ, Moïse vous l'a accordé ; mais il ne l'a accordé qu'à la dureté de votre cœur. MauJt. ig, s
D'autres n'ont garde d'abandonner un bénéfice qu'ils possèdent , et ne pensent point à le quitter : il est dans leurs mains ; mais leurs mains n'en sont pas remplies. Que faut-il donc ? accumuler bénéfices sur bénéfices. Ils disent aisément , et le disent même bien haut : Ce n'est pas assez ; mais on ne les entend jamais dire : C'est trop. Le prophète , parlant à ces riches qui entassent acquêts sur acquêts , et joignent maisons à maisons, s'écrioit : Ny aura-t-il que vous sur la haie. h terre pour r habiter? Il me semble que je pourrois m'écrier de même : Ny aura-t-il que vous dans V église pour la servir? Mais, que dis-je, pour servir l'église ? Elle seroit souvent bien mal servie , si elle ne l'étoit que par ceux qui veulent avoir plus de raisons et plus d'obligations de la servir.