DIVINE
réflexion 5 qtie s'ils n'y avoient nul intérêt. Cependant de quoi se remplissent-ils l'esprit ? de mille sujets frivoles 5 et des divers événemens du monde où souvent ils n'ont point de part ^ tandis qu'ils perdent le souvenir de l'événement le plus prodigieux , et dont il leur est le plus important d'être bien instruits , puisque c'est le mystère de leur rédemption et de leur salut. Les autres y pensent ; mais ^ par une curiosité présomptueuse , ils voudroient comprendre et pénétrer ^ avec les foibles lumières de leur raison ^ ce qui est audessus de la raison humaine et de ses connoissances. D'où il arrive , qu'abandonnés à leur propre sens 5 ils tombent dans les plus grossières erreurs, et qu'ils s'y attachent quelquefois avec une telle obstination, qu'il n'est presque plus possible de les en retirer. L'église , hélas ! ne l'a que trop éprouvé j et n'en a que trop gémi , puisque c'est de là qae soat venues tant d'hérésies qui l'ont désolée.
Ne cessons point de méditer un mystère si digne de toute notre attention 5 mais méditons -le eu chrétiens 5 c'est-à-dire , avec toute la simplicité de la foi , et toute sa soumission. Car nous ne le pouvons connoître que par la foi ; et plus même notre foi sera simple et soumise , plus serons-nous en état d'entrer , si j'ose parler ainsi , dans ce sanctuaire, et de découvrir les immenses trésors de grâce et de gloire qui y sont renfermés : je dis de grâce pour nous, et de gloire paur Dieu. Ce sont les humbles que Dieu éclaire , et c'est à eux qu'il communique ses vérités les plus sublimes
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et les plus secrètes; au lieu qu'il laisse errer en d'épaisses ténèbres , ces esprits orgueilleux qui présument d'eux-mêmes, et prétejident tçut yoir par eux-mêmes-
Second point. Mystère dont nous devons faire Fobjet de nos plus tendres affections. Un Dieuîîomme , réduit à toutes les misères de Thomme y et cela pour Thomme; si ce n'est pas un objet propre à exciter dans nos cœurs les sentimens les? plus affectueux y il n'y a rien qui puisse nous affectionner 5 et nous toucher : sentimens d'admiration, de vénération, d'amour, de reconnoissance , de zèle. Et si nous avons eu jusqu'à présent le malheur de ne ri^n faire pour un Dieu qui a tout fait pour nousj si même , par la plus énorme ingratitude, la passion nous a portés jusqu'à l'offenser,, et à lui déplaire : sentimens de repentir, de douleur, de confusions; résolutions à l'égard de l'avenir les plus sincères , protestations les plus vives, désirs les plus ardens. Tels ont été ^ dès l'ancienne loi, les sentimens des patriarches et des prophètes , dans la vue anticipée que Dieu leur donnoit de Jésus-Christ, qu'ils attendoient, et après lequel ils soupiroient. Tels ont été , depuis la venue de ce Fils éternel de Dieu, les sentie mens de toute l'église ; et voilà ce qui fait le plus doux entretien des âmes fidèles. De là ces extases , ces ravissemens , ces saints transports où elles J^j. 38. 4. entrent. De là ce feu qui allume dans leur meâUation^ comme parle le prophète royal, et dont elles sont toutes embrasées.