DANS L^EUCHARISTIE
Premier poiist. Outrages éclatans et pleins de violence de la part des hérétiques, ennemis déclarés de Féglise. Nous prêchons Jésus-Christ ^ i.Cor)? écrivoit saint Paul aux chrétiens de Corinthe. Cet j oint du Seigneur , ce Christ , est la force même | de Dieu et la sagesse de Dieu , pour les vrais j fidèles qui ont cru et qui croient en lui : mais 1 pour les Juifs, c'a été un sujet de scandale^ et I il a paru aux gentils une folie. Paroles que j'ap-^ plique en particulier au grand mystère du corps et du sang de Jésus-Christ , présens sous les es-= pèces du pain et du vin.
Nous prêchons cet ineffable mystère ; nous en démontrons l'incontestable vérité ; et les âmes dociles à la foi nous écoutent , se soumettent , re-connoissent dans ce sacrement leur Sauveur et leur Dieu, Mais qu'en ont pensé des hommes incré^dules et présomptueux , que le démon de l'hérésie a infectés de son souffle empoisonné ? qu'en ont^ ils dit ? Le sacrement le plus redoutable , et devant qui les puissances même du ciel tremblent et s'humilient, a été pour eux un objet de dérision; c'a été luie folie. Comment surtout en ont parlé les Vv' iclef , les Calvin , les (Ecolampade , tant d'autres suppôts de l'enfer , et ministres du mensonge ? Ils ont y pour m'exprimer avec le prophète , ils ont aiguisé leurs langues comme celle du serpent , et de leurs bouches empestées ils ont lancé le plus subtil venin de l'aspic. Oserois~je rapporter ici leurs blasphèmes? leurs livres en sont remplis. Car , pour contenter l'aigreur dont ils étoient animés il ne leur suîSiSoit pas de parler ; il falloit
que la plume, teinte dans le fiel le plus amer 5 prêtât à la langue son ministère ; il falloit que la main traçât sur le papier tout ce que le cœur avoit conçu de plus outrageant et de plus insultant.
De là tant d'ouvrages qu'ils ont répandus par toute la terre , et qu'ils ont laissés à la postérité 5 pour être des monumens durables et publics contre les hommages que nous rendons à Jésus- Christ dans son sanctuaire. C'est là , c'est dans ces ouvrages écrits avec toute la malignité et tonte l'impiété que leur inspiroit Tesprit d'erreur , c'est là 5 dis-je j qu'ils se sont spécialement élevés contre le plus salutaire et le plus grand sacrifice , qui est celui de la messe. Ont-ils rien omis pour le décrier , pour l'avilir , pour l'anéantir et l'abolir ? Et quels termes y ont-ils employés ? sous quelles idées l'ont-ils représenté ? Ne descendons point à un détail d'expressions ^ qui ne peuvent convenir à la dignité de la chaire , et qui ne serviroient qu'à blesser les oreilles pieuses, et à révolter les esprits.
Cependant l'église a-t-elle abandonné son divin Époux ^ traité de la sorte, et livré à de telles insultes ? Dépositaire du plus riche trésor , l'a-telle laissé enlever, sans se mettre en devoir de le défendre? Elle s'est opposée, comme un mur d'airain , à des rebelles et à des audacieux, que nulle considération, nul égard ne retenoient. Elle les a frappés de ses anathèmes ; mais , déterminés à tout événement, ils ont également méprisé, et les anathèmes et Féglise. Elle les a retranchés de ss communion; elle les a séparés, et ils se sont séparé?
DANS l'eucharistie. 4^9
eux-mêmes. Si bien que , par un renversement le plus injurieux au Fils de Dieu , et le plus contraire à ses desseins 5 le sacrement qu'il avoit in* stitué pour être le sacré lien d'une paix, d'une charité , d'ime union mutuelle et perpétuelle entre ses disciples 5 est devenu l'occasion des plus scandaleuses divisions , et des guerres les plus sanglantes.
Où me conduit mon sujet? à quelles fureurs! Que d'effrayantes peintures j'aurois à vous faire , si le temps me le permeltoit ! Vous verriez familles contre familles , villes contre villes , provinces contre provinces , le feu de la sédition al-^ lumé de toutes parts , et les royaumes 5 les empires sur le penchant de leur ruine. Vous verriez les temples pillés 5 souillés, changés en des places d'armes , ou habités par de vils animaux , et leur tenant lieu de retraite. Vous verriez des troupesf de satellites attaquer le Seigneur dans sa sainte maison , et porter sur lui leurs mains parricides. Quand les soldats, envoyés des Juifs, vinrent l'investir dans le jardin, et le prendre : Vous venez ^^^^^f^^ 26, à moi y leur dit-il y comme à un malfaiteur , armés de hâtons et (Fépées. Ah ! Seigneur, qui l'eût alors imaginé , que , dans le cours des siècles , il y auroit encore des hommes à qui vous pourriez faire le même reproche? Qui l'eût pensé, que, dans l'avenir , il y auroit d'autres temps, de m.alheureux temps où vos tabernacles seroient brisés et enfoncés, où vos autels seroient renversés , votre corps adorable seroit tiré des vases sacrés qui le renferment, et jeté sur le fumier;, foulé au^ pieds.
livré aux flammes ? Des temps où le sang de vos prêtres , en haine du sacrement dont ils étoient les ministres 5 couleroit devant vos yeux? où ils seroient poursuivis , tourmentés , immolés comme des victimes ? Or , on les a vus , ces temps. Toute l'église en a gémi ; tout le peuple fidèle en a été dans le trouble et la confusion ; les partis se sont formés, les schismes ont rompu l'unité : la robe du Sauveur, qu'épargnèrent les soldats mêmes en le crucifiant, cette robe a été déchirée; le troupeau s'est dispersé, et quelle espérance y a-t-il de le rassembler sous le même pasteur et à la même table ? Que dis-je ! le bras du Seigneur n'est point raccourci : cette réunion, qui ne peut être l'œuvre que du Très-Haut, nous la voyons heureusement commencée. Les serviteurs du père de famille ramènent des troupes entières, et en remplissent la salle du festin : le nombre des conviés se multiplie à la table de Jésus-Christ ; il croît de jour en jour , et le présent efFace , en quelque manière , le souvenir du passé 5 ou du moins nous en console.
Qu'étoit-il donc nécessaire, me direz- vous, de le rappeler, ce souvenir si odieux? et pourquoi se retracer des images plus capables de scandaliser que d'édifier ? Pourquoi ? il le falloit pour affermir la foi peut-être encore chancelante de tant de prosélites nouvellement réconciliés à l'é- .glise. Car la grande i^éflexion qu'ils ont à faire ^iir tout cela, c'est de se demander à eux-mêmes, s'il est à croire que leurs pères , en se portant -à des excès dont on ne peut entendre le récit sans frémir, fussent conduits par l'esprit de vérité.
DANS l'eucharistie.
L'évaîjgîle de Jésus-Christ est un évangile de paix ; il nous forme à Fobéissance ^ et non point aux révoltes : il nous apprend à souffrir la mort 5 et non point à la donner. Les apôtres ne l'ont point prêché à la tête des armées; ils ne Font point annoncé le feu et le fer à la main ; ils ne l'ont point établi en violant toutes les lois de l'équité, de la charité, de la société, et même de l'humanité. Le glaive dont ils ont usé, étoit un glaive tout spirituel ; c'étoit le glaive de la divine parole, et non point ce glaive matériel et exterminateur qui tue et qui ravage.
Tout ceci, mes très-chers frères, nouvel héritage acquis à Jésus-Christ et à son église ; tout ceci, je le dis, non pour vous confondre, mais pour vous instruire. En reconnoissant l'esprit de passion et de rébellion , dont vos pères se laissèrent transporter, et ne reconnoissant point dans ces caractères l'esprit de Dieu, vous conclurez sans peine qu'ils ne marehoient pas dans les voies du Seigneur ; que l'esprit de ténèbres les aveugloit et les égaroit ; qu'il leur avoit fasciné les yeux ; et qu'une ignorance criminelle , puisqu'elle étoif volontaire , les empêchoit de connoître le Dieu qu'ils outrageoient , et la dignité du sacrement qu'ils rejetoient. Vous rendrez au ciel mille actions de grâces, ét mille fois vous le bénirez, de vous avoir découvert un mystère qui leur fut caché, et qui l'est encore à tant d'autres , dont les plus puissans motifs n'ont pu vaincre jusqu'à présent Tobstination. Vous ne penserez désormais qu'à dédommager l'église de Jésus-Christ de toutes le^
douleurs que vous lui avez fait ressentir, et Jésus- Christ lui-même de tous les honneurs que vous lui avez trop long-temps refuse's. Enfin, comme le Fils de Dieu disoit que des étrangers viendroient de Torient et de l'occident, et que , par préférence aux enfans du royaume, ils seroient assis dans le banquet céleste avec Abraham, Isaac et Jacob; vous vous efForcerez, entre les vrais adorateurs de la très-sainte eucharistie, et à la table où elle se distribue , d'être au nombre des plus zélés et des plus fervens.
Second point. Outrages, quoique moins violens, plus sensibles toutefois, et en quelque manière plus piquans de la part des catholiques, indignes enfans de l'église. C'est une plainte bien commune , et que vous avez cent fois entendue, que celle de David, lorsque ses propres amis l'ayant délaissé, et s'étant même tournés contre lui , il s'adressoit Ps 5^. à l'un d'eux, et lui faisoit ce reproche : Si c^étoit un ennemi qui m^eût attaqué et qui m^eût chargé de malédictions y la chose me paroitroit moins surprenante y et y en serois moins touché : mais vous y uni avec moi d^ esprit et de cœur ^ vous y le confident de mon âme y et pour qui je n'avois rien de secret; vous y avec qui je vivois y je m'entretenois, 7^ mangeois : que vous m'ayez oublié et méconnu 5 que vous m'ayez insulté et déshonoré, voilà ce qui ne m'est pas supportable ; voilà, pour moi, le trait le plus vif, et ce qui doit me blesser plus sensiblement. Reproche que les interprètes rappliquent à Jésus-Christ , par rapport à ce perfide
DANS l'eucharistie.
disciple qui le trahit et le vendit aux Juifs, après avoir fait avec lui la cène.
Or, ce reproche, mes chers auditeurs, ne vous regarde-t-il pas vous-mêmes, et ne peut-il pas bien vous convenir ? Je parle à vous, que l'église a formés, qu'elle a élevés, qu'elle a nourris du lait de la plus saiue doctrine ; à vous, qui la reconnoissez pour mère , et qui , sauvés du naufrage où tant d'autres ont péri, avez heureusement conservé le don de la foi ; à vous, catholiques de nom, catholiques de profession, qui, par l'engagement le plus étroit et le plus inviolable attachement, deviez être pour Jésus-Christ, ce qu'étoient les apôtres pour ce divin Maître, quand il leur dit, en les félicitant : T^ous êtes démeurés auprès de moi y ^^<^ et vous m^avez été fidèles dans les épreuves que y ai eues à soutenir : encore une fois, c'est à vous que je parle. Vous ne pouvez ignorer quelle est la sainteté et la dignité de ces temples que la piété de nos pères a construits et consacrés à Dieu. Lieux saints, parce que Dieu, qui d'ailleurs remplit tout l'univers, en a fait spécialement sa maison, et que c'est là qu'il doit recevoir notre encens et notre culte. Mais lieux doublement et plus particulièrement saints, parce que c'est le sanctuaire destiné à l'adorable eucharistie , et qu'elle y est tout ensemble, et comme sacrement, et comme sacrifice : comme sacrement, où l'Homme-Dieu est présent en personne, et nous donne sa chair à manger; comme sacrifice , où <;e même Dieu-Homme est immolé pour nous, ainsi qu'il le fut sur la croix, €t devient notre hostie et notre rédemption.
494 JÉSUS-CHRIST 0€TRAGÉ
Quand donc nous entrons dans le temple, où allons-nous ? et tant que nous y restons ^ où som- I mes-nous ? Nous allons nous présenter à Jésus- Christ 5 nous sommes devant Jésus-Christ , près de Jésus-Christ , sous les yeux de Jésus-Christ. De I son autel il nous voit ; il connoît toutes nos pensées,
il démêle tous nos sentimens , il entend toutes nos paroles ^ il est témoin de toutes nos démarches , €t il exige de tout cela le juste tribut : c'est-à-dire, qu'il exige que toutes nos pensées se portent vers lui 5 que tous nos sentimens n'aient pour objet que lui , que toutes nos paroles ne soient , ou que des demandes 5 ou que des actions de grâces, ou que des louanges qui s'adressent à lui -, que toutes nos démarches , tous nos exercices ne tendent qu'à l'honorer et à nous humilier devant lui. Partout ailleurs il consent que , sans rien penser , ni rien désirer , ni rien dire , ni rien faire qui soit con-r tre la raison et la religion , du reste nous nou^ occupions des choses humaines, selon qu'il convient à notre état. Mais dans le lieu saint , et au pied de l'autel où il a établi son trône, il est du respect et de l'honneur qu'il attend de nous, que nous bannissions de notre esprit toutes les affaires, tous les soins, toutes les vues du siècle; et que rien de profane n'interrompe l'attention que nous devons à son auguste sacrement. Ainsi Jacob, après avoir vu seulement en songe le Seigneur, et cette échelle mystérieuse où les anges montoient Gene$. c, 28. descendoicnt : Que ce lieu est terrible ! s'écria-^ t-il tout éperdu et saisi de crainte ; c^est la porte du cielj^ ç^est la demeure de Dieu. Ce n'est, ni
DANS l'eucharistie.
en songe , ni en figure , que nous voyons le sacrement de Jésus-Christ. Rien de plus réel que sa présence ; et de là jugeons à quoi elle nous engage , et ce qu'elle doit nous inspirer.
Voilà 5 mes frères , ce que nous savons assez dans une stérile et sèche spéculation ; mais comment y répond la pratique ? Le dirai-je l et faut-il que je révèle ce qui fait l'opprobre ^ bien plus des fidèles , ou prétendus fidèles , que du sacré mystère qu'ils outragent ? Mais en vain voudroisje déguiser ce qui n'est que trop connu, ce qui se produit au plus grand jour , ce qui scandalise le peuple de Dieu , ce qui avilit nos assemblées et nos cérémonies les plus religieuses , ce qui change le temple du Dieu vivant, et la maison du Seigneur, en des places publiques et des rendez^ vous, où l'on vient se distraire , se dissiper, couler le temps et le perdre en d'inutiles amusemens.
Là 5 quels sujets appliquent l'esprit , et de quelles idées , de quelles imaginations se repaît-il ? Pensées frivoles , pensées vagues et sans arrêt , égaremens continuels , mille réflexions confuses , mille raisonnemens , ou plutôt mille rêveries. Là, quels sentimens forme le cœur ? souvent les plus vains et les plus mondains , et même les plus corrompus et les plus sensuels ; tantôt envie de paroître et de se montrer ; envie de se destinguer et d'attirer sur soi les regards ; envie de plaire , et pour cela les ajustemens , les parures immodestes , les airs étudiés , les retours perpétuels sur sa personne ; tantôt complaisances secrètes , désirs criminels , inclinations naissantes , selon que
les yeux se promènent avec moins de retenue , où qu'ils se fixent sur ce qui les frappe plus fortement y et qui peut allumer le feu de la passion. Là 5 quelle est la matière des entretiens ? On laisse les ministres de l'église s'acquitter de leurs fonctions, on les laisse parler à Dieu, chanter les louanges de Dieu 5 célébrer les oiFices divins , consacrer le corps de Jésus-Christ , l'offrir en sacrifice , soit pour eux-mêmes , soit pour tous les assistans ; mais ces mêmes assistans , que font-ils ? ils lient ensemble d'oisives conversations , tiennent même les discours les plus dissolus , s'attroupent quelquefois comme dans un cercle , et mêlent leurs voix à celles des prêtres j non pour prier , mais pour se réjouir et pour plaisanter. Là , de quelle manière agit-on, et comment se comporte-t-on ? Quelles contenances négligées et peu séantes! quels mouvemens de la tête pour observer tout ce qui se passe autour de soi , et jamais ce qui se passe à l'autel et devant soi ! Daigne-t-on fléchir quelques momens le genou ? on se lève bientôt , on s'asseoit , on se tourne de tous les côtés , selon que le caprice l'inspire , ou que la commodité le demande.
Je dis ce qui paroît ; mais que seroit-ce , si , je venois à percer le mur ? Que seroit-ce , si , donnant à cette morale toute son étendue , je venois à découvrir ces œuvres d'iniquité , ces œuvres de ténèbres , qui se dérobent à la vue des hommes , mais qui ne peuvent échapper à la vue de Dieu ? Car vous voyez tout , Seigneur : vos yeux 5 suivant la comparaison de votre apôtre,
DANS l'eucharistie. 497 sont plus péîiétrans que le glaive le mieux affilé. Et qu'aperçoivent-ils , ô Dieu de pureté et la pureté même ? Je n'oserois y penser : comment oserois-je m'en expliquer ? Tirons le rideau sur toutes ces abominations , et déplorons l'affreuse décadence 5 non pas de l'église de Jésus-Christ , puisqu'elle est toujours la même , toujours pure et sans tache ; mais des enfans de l'église , les frères et les cohéritiers de Jésus-Christ. Voilà donc ce Gaudium
, ^ . , rneum et co-
cher troupeau; voila ces aiscipies qu'il s etoit reser-ro?7fz mea. vés 5 et dont il vouîoit faire sa joie ^ sa gloire, ï'^i^jp- 4* sa couronne. Il se proposoit d'en être spécialement honoré : sont-ce là les marques d'honneur qu'il devoit attendre ? Il est vrai ; on ne va pas toujours jusqu'à lui refuser certains témoignages d'un respect apparent , et à ne pas avoir certains égards. H y a quelques dehors, à quoi ne permettent guère de manquer, ou un reste de foi, ou plus souvent une considération tout humaine. On se tient devant l'autel , et en présence du sacrement, la tête nue; on s'incline à certain temps, on se prosterne même : mais qu'est-ce que ces démonstrations extérieures? N'est-ce pas un jeu? Ne sont-ce pas des insultes , plutôt que des actes de religion ?
Quoi qu'il en soit , je finis par où j'ai commencé, enmarquantle fruit que nous devons retirer de ce discours, i. Apprenons quels efforts il en dut coûter à l'amour de Jésus-Christ pour nous, quand il voulut demeurer avec les hommes , et qu'il nous laissa le sacré dépôt de son corps. Il voyoit à quels outrages il s'exposoit dans la suite T. IL
des siècles , et tout l'avenir lui étoit présent : maïs Tamour d'un Dieu surmonte tous les obstacles ; et l'audace 5 ki malignité , l'impiété , l'énorme ingratitude des hommes, ne pouvoient aller à tels excès, que ce divin amour ne se portât encore plus loin, et qu'il n'en reçut quelque atteinte. 2. Ce qui n'est pas moins digne de notre étonnement , et ce qui lie peut être l'effet que d'une infinie miséricorde, c'est qu'un Dieu , tant de fois et si outrageusement insulté y n'ait pas éclaté sur l'heure , qu'il ait suspendu ses foudres , qu'il ait fait en quelque sorte violence à sa justice , laquelle ne cessoit P*. 73. point de lui crier : Levez-pous ^ Seigneur ^ et prenez en main votre cause. Les Samaritains n'avoient pas voulu donner chez eux entrée à Jésus- Christ; et, pour ce seul refus, ses disciples lui demandèrent de faire tomber le feu du ciel , et de réduire en cendre toute une ville. Qu'eussentils dit, s'ils l'eussent vu au milieu de toutes les ignominies, où je vous l'ai dépeint? Cet aimable Sauveur n'écouta point le juste ressentiment des disciples; il n'écouta, et n'écoute tous les jours que cette douceur inaltérable , que cet esprit de la loi de grâce qu'il est venu annoncer au monde,, 3. Concevons un nouveau zèle pour l'honneur de la maison de Dieu et du sacrement de Jésus- Christ. Au souvenir de tant d'irrévérences passées > faisons-lui toute la réparation qui dépend de nous. S'il ne nous est pas possible de lui rendre toute la gloire qu'il mérite, et qui lui a été ravie, du moins glorifions-le autant que nous le pouvons- Ah! Seigneur, que tous les peuples vous révè-
DANS l'eucharistie. 499 rent; et qiie ne tient- il à moi de conduire à vos pieds tout ce qu'il y a d'hommes sur la terre , pour vous faire hommage et vous honorer ! Ce ne sont là que des souhaits, peu efficaces, mais sincères, mais du cœur; et au défaut de Fexécution, qui n'est pas toujours en notre pouvoir, vous vous contentez, Seigneur, du désir, et vous Tacceptez.
rvx\ yvk ^w^-t fwt v«>« w% iv*'» w^/w% vu'» w» w»'v»^ ^'W(/v»^^.'Vib'k,'vv«/vvi ivv%:V«^.v%