‹ Pensées de Shakspeare: suivies de quelques scènes de ses tragedieChapitre 2 sur 11 · PENSEES · texte numérisé non relu

PENSEES

DE

XL est toujouFS en notre pouvoir Sl être lels ou tels.

— Souvent les foFcea et les reasouroe»

<iue nous attribuons au ciel^ résident en nous-mêmes. Le destin nous laisse Hbres de nos actions;- il ne recule nos projets que lorsque nous sommes paresseux noui&-mén»es et tcop lents à lec «néCutor (i).

(i) ..... N«lre gloiro Mt lUo» nos propre» oMÎtif.

, {Ipkigéaietn Valide. )

•— Sâ la balance de la vie n^avait pas le poids de la raison à opposer au poids des passons , la fougue du sang et la bassesse de nos penchans nous perleraient aux plus absurdes inconsëquences ; mais nous ayons la raison pour calmer la fureur des sens> réprimer l'aiguillon ^e nos désirs^ et dompter nos passions effirénëes ; et ce que Ton appelle amour ne croit dans notre sein^^ que comme une i^nce sauvage^ ou un rejeton parasite.

-— La probité est une insensée qui travaille pour des ingi*ats. (i)

— . Les sermens lëk plus for(s se con-

(i) Insensée et &roacbe Terta ! j'obéis à ta Toiz sans mérite : je tVbhorre en faisant tont pour toi* Que sont tes vaines consolatioDS contre les vives donlearf de l'àme? Va, triste idole des ualbea* reaxy tu ne fais qu'augmenter leur misère , en leur ôtantles ressources que la fortune leur laisse* {Noutvlie Héknse.)

sumem au feù de la passion comme une « paille l^^re.

— C'est Fusage ! tout ce que Tusage veut de nous^ nous deyous le faire.

Laissez la poussière s'accumuler pen* dant dès années^ le temps Taffelrmit et larend éternelle. L'erreur^ atome dans sa naissance^ s'enfle et ?i'agrandît comme une énorme montagne qui domine et étouffe lâ vérité.

-— La vie des hommes de bien expire plus Vite que la fleur dans le bouton : ils meurent ayant d'être malades, (i)

— Le lendemain ^ puis le lendemain

(i) La mort • respecté le rebut de ramée; ' Les héros ne sont plus Tanx lâches , aa:^ penren Les dieax semblent fermer le chemin des enfers; Aux plus ^ands des humains ils en ourrent la rente. Uijsse est donc virant!... et Tbersite, sans doute. Voilà , reilà les dieox , et nons les adorons !

{FhitociêU , «et. I , te. 4. )

et UB wnAre leiidemaia«iiebre s'^iranee^ d'un jour à Tautre^ d^uu pas insensible ^ et tous UQs jour^ pasi$é.s n'ont fait q«'ë*clairer de» in«»enséâ dans le ckemin <|uî mÀ»e 4 l^ sovahre màn. La vie c'est qu'une onlbre ambulanlf -i elle.res»

semble à un pauvre CQsaiédi«ii qui s'eniile dWgjaeil et de coarroux sur le thëâ^ tire y r.eq>atie d'une heure |. il dispariist ensuite ,, et il est oublié pour jamais»

^^ Là cloche fii&iibre sonne à cha«* ^.ue instant les jGanérailles d'un mort^ sans qu'on se demande seuletnentTHMir qui ?

Monùiogue Ae Matbeth.

Si l'action faîte, tout finissait là> le plus tât serait le mieux. Si l'assassinat enveloppait toutes ses suites, que sa fin fût tout succès, qu'un seul coup pût tout terminer > tout finir içi-basji.

t«aleiiiem iei<4)ftSi..... ^ iês ¥«râs de- ce mo^e^ dejOBrirmgt dû temps ndu^Dons l»iH{erions«iftlisaardda»9.1a Tie avenir.

Mais dans ces cas, nous, siihiaaons ^ même ici-«basj», notre jugement. Nous ne faisons qu^enseigner deis leçons sanguiaairesy qut.une. Sois. dou9ëe3v reviennent sur leur auteur, et le ;|^iinissexK^ par sa ri^i^^, J^a justice, dç sa mai»»

équHab)^;i, -repousse vers nos lèvres la coupe empQÎsoçi^u.^ei et nousenf^ii^ a.yaier juscjii'à laji^ toute ran^rtftW^XO;

' '(ty Bitàatiéndè ce morcmtt^. ' -■ . « V<» ri'hpi9i|)nini0Vii^«|it M f nft jM»Mi» A»ImM. . U est d«s diaox Teogenrs , dont Pœil partout la sait ; En Tain notM «ntoaTaDt des Toiles de la nuit, Nooe etrpérotts tz'oita|>er cef œil qni tortjours Teni«r An moment du fbtfait I« fnstice sommeille; ' Mais eealemtit 9Mi'ty>i1e a^a t^cte inhnmain , Klle appareil terrible et le glaive À la main. ' . Qnef ioÛTinent de traîner des jours tissas d'aliirmes. De ne plus roir d*obiets qni nons offrent des cTiarmes; De selerer hi naît dans dMiorribler tranvpDrttf , iansip«m^«iv de son seia arracbo» le remord»!

-^ Noire plus, grand 1>ien> c'est lé sommeil Mious TinToquons souvent, et nous craignons la mort qui n*e$t rien déplus (i).

Monologue d'Handeti

Être ou né pas être? c'est là la question. • . . • • • S*îl est plus noble à l'âme de souftir les traits poigtiatis dé Tinjuste fortutte ,' oii, se rëvoltànt contre Cette taLûltitude de màux^ de s'opposer au torrent et les finir? Mourir, dormir, rien de plus , et par le sio.m^ieil dire :

Nous mettons un terme aux angoisses

Il Taodrait mieox e«nt fois, affiriMaGlii49.foa crioM, Dans le fond d'ua cerca«il remplacn •« rickime!

( Ddcis, Macbeth, act. v • «c. ^. )

(i) Habes somnum imaginent moriis , eamque (juotidiè induis ^ et dubitas ^uin sensus in morte nulius sit y cum in ejus simuiacro videos esse fudlumsensum» (Ciciaov*)

du coeur et à cette foule de plaies et>de douleurs^ Théritage naturel de ceUe masse de ebair»«..é Ce points où tout est coi^sommëy devrait être dësiiréayQç ferveur, — Mourir. — Dormir* — Dorr mir'^.. rév^r peut-»éire, oui, voilà le graud obstacle ; car de savoir, quels songes peuvent suirv^nir dans ce soi^-meil de la mort , ajurés q^uç. iioms «ou^ sommes dépouilles de cet^ envejipfi^fl mortelle > c'est de, quoi nous forcer à fair« une paase« Voilà Vidéi^ • que doûne une.si iQi^fgiïe vie à la calamité* Car quelhon^me voudrait supporter, les ti;aits.ei les inj^ures du tepaps^lee^. injustices de roppresseur^ Iqs outrages de lorgueilleux^ les tortures de Tamour méprisé 9 les longs délais de la loi , Tinsolence des gens en place > et lesavilissans rebuts que le méri^ patient esfuie de ITiômme sans âme, lorsque avec

Qtt péinçM i\ -pùtïerttit Im^méme se |>ro€fur^ Je repos ? Qui voudrait porter tous tes ùotàeH,n% , et suer et gémir soff^ le poids i*\ine lâfaorfeu^e vie^ si et; n^est qné^ la crante- Âe qpHtlqné ayeftîr apr^fr la mort.^...' Cette colàtrëe ignorée dont' mil voya?geUr àe revient f- ple^e laf Tolomë dams une aflfreuse perplexités^ et itfo«s fart 'prc^érer de supporter les maux ^ne* nous sentons > plutét que de fuir Ter» (i^autres maux qfue nous ne OOfsiaisétfTis pas; Aiifâi la ooùseiettce^ fait dé nôtia to^as des pô^kroito ; aitrsi tèut le feu^de ta résolnuion la plu^ déterminée se déCoWr^ et s^^^rnt ' 'i^vant la -pàt^ Iveur de* eetife pe^iséé.' (i )

— Démente ; il ftnt choisir et passer i Unstant De U -vie « la mort , et i|< l'être «n n^Bll». Dieax justes» b% en est» éclairez mon cotiMfe. Faut-il vieillir courbé sons la main qui m'outrage.

5i «^ Le oonrtisaii qui se carre éàu»

nn kaiih de soie ^u^il a*a pas paye, a

Sapporter oa fiair moo niath«iir «t noo sort?

Qui nmê^el qnim'$xxtA»T et «n'est-ce 91M U «oBt?

C'est U 69 de «es auhx , c'est mon vniqae aeilej

j|fvée4e lenge treniyports , c'est on sommeil tranquille.

OnVenflUrt, et tont meurt... Mais nn affrenx réreil

Poit «uecéder pent*étre aux douceors da sommeils

Oa nous menace « on dit qoe cette courte rie

De tonrmens étemels est aassitdt suivie.

Omort! moment fatal! affreuse éternité!

Tout corar, k ton nom seul , se |^c^ épouTanté.

Ré y qui pourrait sans toi snpporter cette rie;

Pe nos fourbes puisssns bénir l'hypocrisie;

D'une indigne maîtresse encenser le* erreurs ;

Bamper sons un ministre, adorer ses hauteurs;

JUpfMUver J«s ieiifveiMrt de eoa a«e nbatton

A des amis in^ate qui détournent U eue ?

Le mort serait trop douce en ces extrémités;

Maia le acmpnle parle , et noua crie : arrètei !

n défend k nos mains cet heureux homicide»

Et d'vn héro» guerrier fait nn chrétien timide.

(ToLTAinn, Mélangée Uitérairêê.)

Meurona, que craindre encor quand on m cessé d'être? Le mWt... c'est' le eeumeîJ... c'est «a réreil peut-être» ^•at^tye^ «h 1 c'vst «e imit gai (Use épwiraaté

5a le pas sur le Ynarcband aux dépens de qui il brille; mais sa dette demeure

L'homme an bord da cercueil , par le doato anrAté<r Derant ce vaste abSme , il se jette en arriére» Ressaisit Texistence et s'attache à la terre. Dans nos tronbles pressens qui peut nous arertir Des secrets de ce monde oà tont va s'engloutir? Sans r<>ffroi qu'il inspire et la terreur sacrée Qui défend son passage et siège à son entrée» Combien de malheureux iraient dans le tombeaa De leurs longues douleurs déposer le fardeau! Ah ! que ce port aouvent est vu d'un œil d'enrie Par le faible agité sur Ibs flots de la rie!

Mais il craint dans ses maux, au-delà du trépas, J}m maux plus grands encor , et qu'il ue connaît pas. (Ducis, HamUt, act,ir»sc. i**.)

Voici les réflexions que madame de Staël fiiît anr ce morceau et sur le jeu de Tàlma da^ cette scène :

« Lors<{ue Hamlet arrive seul, au A« acte, sur la scène, et qu*il dit, en beaux vers firançais^ la fameux monologue to bepr not io 6e,

La mort , c'est le sommeil, c'est un réreil peut-être. Peut-être..... etc.

Talma ne faisait pas un geste ; quelquefois seule* ment il remuait k tèto pour questionner la terre

toujours entière sur le registre du crtfancier.

— La cour est un endroit qyJil est aussi diiScile de quitter^ qu'il est malaise de s*j mainteuir^ la pente est si glissante ^ ' que la craiute de choir est aussi funeste que la chute même.

•— Combien de fois dans le monde l'honneur est-il puni d'avoir fait le bien^ et, ce qui est plus cruel encore, souvent il est forcé de sourire à sou blâme;i

et le ciel sur ce que c'est qae la mort! immobile, la dignité de la méditation absorbait tout son être* L'on Toyait un homme au milieu de deux miBe hommes en silence , interroger la pensée sur le sort des mortels? Dans peu d'années tout ce qui était là n'existera plus; mais d'autres hommes assisteront à leur tour aux mêmes incertitudes, et se plongeront de même dans l'abîme, sans en con- Hattre la profondeur. »

{De V Allemagne^ tom. 2 , pag. Tt^f, cfiap. de la DédaniAtion. )

-*- L*homme heureux ressemble à ud arbre qui voit ses rameaux courbés sous le poids de ses fruits. Dans une niiit survient un orage ou des brigands : ils secouent sur la terre tous ses beaux fruits^ jusqu'à ses feuilles^ et le laissent exposé aux injures'de Tair.

— Plus votre rang vous ëléve , plus il vous approche du malheur. Heureux^ quelque humble que soit leur état, ceux qui voient accomplir leurs modestes^ vœux règles sur la nature , et que cha-* que saison satisfait.

— • Le soupçon d*un malheur incertain fait souvent une impression plus, funeste que la certitude d'un malheur arrive.

•— < O fatalité ^ que Tbouneur ne wet trouve jamais où est la beauté > la vé-« rite où est la vraisemblance , Tamomc^

£déle où se préseute un riyal ! que les «ermeus des femmes ne les lient pas plus à ceux qui les ont reçu$^ qu'elles ne tiennent elles-mêmes à leur vertu qui n*est qu'un mensonge»

— ' L'ingratitude est une furie au cœur de marbre.

— L'ingratitude de nos propres enfans^ n'est-k;e pas comme si la Bouche mordait la main lorsqu'elle lui porte la nourriture?

— . Quand nous voyons des liommes qui sont au-dessus de nous partager nos maux et notre infortune^ nous oublions presque les nôtres. Celui qui souffire seul^ souffire surtout dans son âme, en laissant deirière lui des êtres exempts de peine, et le specucle du bonheur.

Ma is l'âme glisse sur les douleurs, quand le chagcin a des compagnons et que l'on «ouffre en sociëlé.

— Iie6 petits vices paraissent à tra« yers les haillons de la misère. Mais la fourrure et la robe de soie cacbelit tout.

Donnez au vice un bouclier d'or, et le glaive de la justice viendra s*j briser sans Fentamer. Mais couvrez son bouclier de baillons^ u^pygmée va le per«* cer avec une faible paille.

— Admirez le ridicule des hommes^ de vouloir^ quand notre fortune souffre et dépérit par notre imprudence , par le dérèglement de notre conduite ^ accuser de nos maux le soleil , la lune et les étoiles > comme si nous étions vicieux et médians par une inévitable fatalité^ insensés par une impulsion céleste; fripons^ traîtres et coquins par l'action invincible des sphères; ivrognes, menteurs^ adultères par une obéissance forcée aux planètes ; et que tout le mal que nous faisons n arrivai

que parce qne le ciel complice nous y pousse malgré nous.

— Tenez toujours votre raison derrière votre penchant pour veiller sur Im^ et restez hors du trait dangereux du dësir. La jeûna vierge circonspecte e^ assez prodigue in elle dévoile sa beauté aux rayons de Tastre de la nuit.

La vertu elle*méine n'échappe pas aux traits de la calomnie ; Tinsecte ronge les belles roses du printemps^ souvent même avant que leur tendre bouton soit épanoui 5 c'est dans le matin de la jeunesse 9 à Theure des douces rosées^ que les souffles contagieux sont le plus fréqueus.

•— - Quel chef-d'œuvre que Thomme !

qu'il est noble par sa raison , infini dans ses facultés! Quelle expression admi* rable et touchante dans sa figure et dans

— Un subalterne peut quelquefois faire une actiou trop éclatante, et les grands ne pardonnent pas le tort de les avoir trop bien servis.

— A force de négliger les marques de Tamitié, çto en perd le sentimi^nt.

•— Est-ce donc un crime que de se précipiter soi-même dans la secret»

4em.eure de U mort ^ avant que la mort ose yenir à nous ?

— La femme est un mets^ digne fles dieux, quand le diable ne Fassa^isonne pas.

— La cérémonie et lés vains compli* mens n'ont été inveptés que pour suppléer à rinsuffisanoe des actions, potir.

parer Faceueil faux d'un cœur qui dé-

C'est un petit conp d'aiguillon

Qui non* force encore À mienx faire*

(Vo&TAl&B.)

6i ment sa bienfaisance , et s'en repent mëm€ avant de Favoir exercée ; maïs où se trouve la véritable amitié^ la cérémonie est inutile, (i)

— Nous nous faisons insensés pour avoir du plaisir 5 nous prodiguons la flatterie, pour dépouiller des hommes à qui nou^ ne rendons dans leur vieillesse indigente que haine et malice envenima. Quel homme respire , qui ne corrompe ou ne soit corrompu? Quel homme expire, qui n'emporte au tom-

(i) |i« bienséance n'est que le masque du vice; où ^y«Tta règne elle est inutile î je n'en veux poinu (^I^ovbbejlV y Nouifelle Héloïsc*)

« . . Je ne bais rien tant que les çRntorsions •

De tous ces grands faiseurs de protestations. Ces «Sables ttoenenrs d'embrassades frivoles , Ces ebli^eans disevrs d'inntiles paroles., Qoi de çirilités arec tous font combat , Et traitent dn aBèmc air l'honnête homine et le fat. (Lt Misanthrope,)

6-4 beau> pour seul don, de sesamîs, le cliagriu de quelque outrage odieux? hes homme» ne manquent jatnais de fermer leur porte au soleil défi qa'il décline et se couche.

— Les voleurs nous disent : la bqurse ou la vie ; les médecins nous* prennent la bourse et la vie tout à la fois*

— Uintérét^riutérétyCedém^^nrSubtit qui change les résolutions de Thomme^ oet agioteiu: qui égorge Thonneur et la bonne foi; cet artisan {onrnalier des parjures, qui débauche tout ^ rois, mendians^ vieillards^y7etui€Srgei»«, el jusqu'à la teficbe tîerge qu'il dépôùtHé dé son unique bien y de sôti fragile honneur; l'intérêt, ce tyran à la physionomie douce et flatteuse > à qui. les mains démangent saûs ce^e; cet aimant qui attire et fait pencher le monde y que ia nature avait sagement

i>alaii49frj$ii;r lui-même , et quelle avait fait pow roaler d'un cours égal et conatant^ dans une ligne toujours droite et unifonne; rintérët, ce mobile universel qui rompt partout Fëgalitë , et détourne le monde de la voie droite, de ses lois et de sa fin j cette idole de prostitution, cet agent de parjures, ce mol qui change et corrompt tout dans runi-> vers : rîmérët! (j)

— La douleur est fière , et reoud £er le CQsur qu'elle remplit (a).

(i) ,.*, L'intérêt, cp ril roi de la terre»

Poar qui l'on fait et la pai^ et la i^nerre , triste rii pensif auprès d'un cofFre-fort, Tend le pins faible aux crinee dn pins fort.

( VoMPAima. )

(a} Remarcme de Johnson ï ce sujet : « Le chagrin amollit l'Ame tant qn^elle est encore échaufi&e par l'espérance ; mais il l'endurcit quand elle est glacée par le désesppin L'infortuné, Unt (jn'il loi reste quelque lueur de soulagement, est

— Quand on a promis de faire le mal , n'esKe pas un mal que d'exécuter sa promesse y et la vertu n'est-elle pas de ne pas faire ce qu'on ne peut £aire sana crime? (i)

— Cestla malédiction des rois d*(étre environnés d'esclaves qui s'autorisent d'un signe de leur humeur, comàie d*un ordre exprès, pour courir se baigner dans le sang des hommes. Le moindre coup d'oeil d'un souverain, ils Fînterprétent en arrêt de mort. Ils préten-

souple et flexiblie; mais quand ilVy,» plus de secours à attendre^ il devient intrépide et inflexible y également irrité contre ceux qui l*in-. •ultent et contre ceux qui ne le secourent pas \ négligeant d» plaire lorsqu'il n'en attend plus, aucun fruit, et ne craignant pas d'offenser, parce qu'il n'a plus rien à perdre. »

(i) L« p«c$ar« est ▼artu^uand on promit l« crime.

* (GmiaxUioa.)

ieui lire dans l'âme d'un roi , lorsque la sérérité peinte sur le firent de la maîesté^ vient plutôt d*un moment d'hu* meur^ que d'aucun projet rëflëclii»

— Combattre et mourir^ c'est rendre la mort que Von reçoit et détruire le destructeur 5 au lieu que mourir ea tremblant > c'est céder en eselare^ à 1% mort 9 le tribut de la vie.

— Tout le monde parle de l'éut^ dans le moment d'une révolution. Les grandes calamités sont toujours précédées par des murmures publics ^.plaintifs et désastreux.

— ^ L'amitié des amis pervers sechange eo^ défiance*.

— Conun edans jun théâtre , lorsqu'un acteur chéri du public vient de quitter la scène j les yeux des iqpectateurs se portent négligemment sur celui qui liu

mncèàe > dans Yiàée que son Tain r^ n'apfKHTte de l'ennui , ainsi les yem du fieuple sVréiteut à regvet sur le succesT seur d'un prince aimé de «es sujets.

n*- L'bmnme qui ne s'aime pas luimême» ne peut aimer personne.

— Les premiers mois que la nourrice d'un roi devrait lui apprendre à prononcer sont : Je pardonne,

— Le trésor le plus pur que puisse donuer cette vîe mortelle^ c^est une réputation sans tache. Otez ce bien ^ les hommes ne sont plus qu'une terre do« rée , une argile peinte.

— On dit* qu'il est dans la voix è.fs m'ourans une espèce de charme qui captive l'attention , et qu'une voix qui va s'éteindre> est plus écoutée que ceux qui, pleins de jeunesse et de santé ^ pro« digueut à loisir les flatteries. La vérité

sort 4e la bouche de rkomme qui fioui&e.

— La reconnaissance est le seul trésor du pauyre.

— L*homme ne peut pas plus séparer la vieillesse de l'avarice, qu'il ne peut chasser l'amour d!^un corps jeune et vigoureux.

— L'homme inutile peut dormir, tandis que Thomme de courage est ap« pelé partout.

«T-*- J'aimerais mieux entendre à mon oreille le cliquetis d'un chandelier de cuivre roulant sur le pavé , le cri d'une roue sèche qui gratte sur squ essieu j ce bruit agacerait moins mes nerfs que toutes ces petites poésies minaudiéresj si fort à la mode*

•^ Le doax sommeil se plait mieux daua la chauaiiére enfumée du pauvre

es

que dans la chambre paribmée des grands. 11 va fermer les yeux du niousse^ il l'endort dans l^ berceau même des tempêtes^ au milieu d'un vacarme si affireux^ qu'au bruit la mort même s'en éveille dans le fond des abîmes- D lui prodigue le repos > et invité par tous les charmes et tous les soins imaginables, il le refu$e souvent à un roi. O vous donc , bumbles sujets > seuls heureux dans votre abaissement^ jouissez du doux repos. Il n'en est point pour la tête qui porte une couronne.

— De combien de douceurs et de paisibles jouissances de l'âme sont privée les rois et que goûtent leurs sujets ! Le monarque est plus malheureux d'être craint ^ que les sujets de craindre.

Ki le sceptre , ni la couronne, ni la pourpre ne font dormir les rois d'un sommeil aussi profond que le dernier

«9 ies esclar^s, qui, Tesprit yide et le corps rempli du pain amer de rindJ* gence^ ¥à chercher le repos. Lé jour, depuis sou lever jusqu^à son coucher, il se couvre de sueur sous. Tcsil brûlant du soleil; mais toute ta nuit il dort en paix dans un tranquille Élysëe ', et 1^ lendemain^ à la naissakice du jour, il se lève j^^ il aide à Phëbus à atteler seU coursiers à son char, et il suit la même carrière pendant le cours éternel dé Tannée, dans la chaîne d'un travail utile jusqu'à son tombeau.

— Que faut-il pour être le favori d^un prince? savoir ^ouer au petit palet ^ sauter à pieds joints par-dessus des tay hourets, jurer de bonne grâce, porter des bottines bien collées, comme sur une jambe d*enseigue, ne causer point de querelles entre les grands, en rap-^ portant les histoires secrètes > enfia

àn^ eç id^î^iriouy qui déintâMiA un pawrr^ g^HMi iws uu earf& aouple et

— Si Ton pouiraîi lire dans le livre des destins , si Ton pouyait le voir , le feunehomme^ même le pins heureux, k ra«peei de la carrière qui lui reste à franchir^ à la vue des périls qu'il a pasdés^ dés chagnus qui Tatteudent eneoreplus loin, fermerait le livre, et iroudrâit s'asseoir et mourir.

— Un sage qui observe avec attention peut prophétiser assez justç le gros des hasards qui ne sont pas encore éclos , mais qiiî reposent enfermés 4ans leur§ principes et leurs germes.

— Une conscience trop çpupable ne jproil; plus à la clémence»

-rr^ IJm paii.e9l.uDe eonquéte. Lei

7' dame pairds sont noUemem tâifi«tià> sans-qu'aucaiE perde. ' '

— La fprtu&e né yienara-t-éïle ja-.

mais tés deux mains pleines^ ne. fera-;* t-elle jamais un don quMIe ne lé fasse ei^iar pamn revévs? Taniâittte donne ra^ypëtit & rhonime ^ et lai ttttksë Tali-^ ment : e^eftleaort dupatiffe-etiifiilité.^ Tautôt elle.le place au milieii! d*un festjdn^ ,et lui aie le désir ; cesdesor^ du riche, qui possède IVbondance ei n'en iouit pas.

ri - . ; .

— r La couronne pi^se sur c$1i9J,,^jh la porte : die ressemble i une ricke^af lourde armure qui , échauffiée dei ^ar^*' deurs de Tétéj bfùl« rbonua^ qu'eût défend.

^ JamaMd^etix- i^yamxiéîsr tf\>nthftt^ ensemble que le sang ft*nh corolé à grand» âots*^ et ehaqfte goutte dfe silng

7* ittnocem crie malédîctioa et demande yengeance contre lliomme dent l*injustice affile Tëpée , et qni exerce de si horribles ravages sur la vie des mortels déjà si mallieuceuse et si courte.

— Uil excès de prësomptk>i|L n'est pas un vice aussi bas , aussi dangereux qu'un humiliant mépris de soi-métne.

— Quand la douceur et la cruauté se ^disputent un royaume^ c'est la douéeur qui gagne le prix.

— Toujours quelque dose de bien repo^ dans le sein du mkl médié , si les hommes se donnaient la peine de Fy 'chercher. Un ennemi est pour nous ane sorte de conscience extérieure q^i nous conseille et nous recommande for-* tement notre devoir. C'ibsC ainsi. que Y^n peut cueillir quelques gouttes de miel sur la ronce la plus sauvage ^ et

£s^ire serrir Tenfer même à nous prêcher la vertu.

— Quelquefois là voix d'une femme peut être utile au Ëien^ lorsque les hompie.s se débattent trop long-temps sur des articles trop subtils et trop obsti-* nément eiigés.

-*-> Le conseil d*un «mi: sage est la mort de plusieurs ennemis»:

^ -Li. Urié pierre est bientôt trouvée

pour lapider un màthéùfeux,

-^ Oii,le peuple s'assemble et fait du

tum^Ue^ il y a toujours quelque gain

à recueillir.^ quand on n<est soi-i^âme,

ni.^ntboui^iaste ni atupide. .

— * On ne fait aucun cas de la verta danç les hommes du peuple.

^ .^ X^a misère est brave.

-«*. Le buisson touffu de raubëpini* ne donne*t*il pas un plus doux ombrage aux bergers veillant sur leur in-* nocent troupeau, qu*un dais richement brodé n*e a donne aux rois qui craignent sans cesse la perfidie de leur»

sujets? Le lait grossier qui nourrit le berger, sa claire et fraicbe boisson qu'il boit dans son outre de cuir, son sommeil, à ses hewres, sous l'ombrage fraifi, d'un arbre., autant de biens dont il jouit dans la sécurité d'une douce paix»

sont bien au-dessus des tables délicates d'un prince, dé ses mets recb^^bés et servis dans des plats d*or , . de son coucber dans un lit somptueux, qu'assiègent lès soucis^ la défiance et la trahison*

-iM Quand le péril est inévitable, c'est une faiblesse puérile et honteuse

7> de s'arrêter i le craindre^ et â dëfJorer son sort au lieu de le braver.

— * Ceux qui sont sur la cime. des grandeurs^ ue sont renverses que par des secousses violentes et redoublées; mais s'ils tombent^ ils se brisent en pièces.

; — Une nouvelle aoUesse est comme une monnaie dont Fempreinte est toute fraîche^ et qui commence à peine à avoir cours.

-^ Cest une dangereuse chose^que la conscience ! elle rend tout le monde poltron. Un homme ne peut pas vo^ 1er qu'elle ne l'accuse; un homme ne peut jurer dans un besoin ^ qu'elle ne le gourmande; un homme ne peut séduire la femme de son voisin qu'elle ne letmhiase. CeM une espèce de lu-

tin au front timide et toujours prêt à rougir^ qui se révolte dans notre sein* Elle TOUS suscite mille obstacles à yos projets. Elle réduit à la mendicité celui qui l'écoute ; aussi est-elle bannie de toutes les villes et cités ^ comme un ennemi pernicieux 5 et tout homme qui veut vivre à son aise^ fait ses efforts pour ne s'en rapporter qu'à soi^ et se passer d'elle.

-— L'homme > par un instinct qui tient de la divinité^ pressenties malh^rs qui sont prêts à lui arriver 5 comme nous voyons l'eau s'enfler^ à l'ap^MTOche d'une violente tempête.

-— • Le mal que font les hommes vit sur le Lronze } et leurs vertus , nous les traçons sur l'onde.

— La vérité devrait vivre et passer

8' che du canon. Après marche gravement l'homme de robe : son ventre rond et rebondi digère un chapon succulent; son œil est sévère; sa barbe ^ coupée dans une forme particulière, en impose; il abonde en vieilles sentences, en maximes vulgaires, et c'est ainsi qu'il joué son rôle. Le sixième âgé offre un maigre pantalon en pantoufles (i) , avec des lunettes sur le nez, et des poches sur le côté 3 les bas bien conservés de sa jeunesse , se trouvent maintenant trop larges pour sa jambe rétrécie , qui flotte dans leurs vastes pli s. Sa voix, jadis forte et mâle, aiguisée en fausset d'enfant, ne fait plus que siffler d'un ton aigre et grêle. Enfin le septième et

(i) Allusion au personnage de la comédie italienne , il PanUdoney le seul qui joue ton rôle en pantoufles.

8^ dernier âge vient finir son liistoire.

pleine d^^yénemens si divers : seconde enfance^ état d*oubli profond, où rhomme se trouve sans dents, sans jeux, sans goût ^ sans rien de tout ce qu'il a possédé, (i)

(i) On ne sera peut-être pM Ûché de comparer aux Sept âges de Shakspeare^ les Quatre âges d'Horace^ imités par Boileau^ et que M. Merrille vient de mettre si heoreosement en action dans sa nouTdie comédie*

jEtaiis cuJitBçue notandi tunt HH mores, Mohilibuêgue dssor matarU dundus, st atinis* Jleddere gui pocesjam icitpuer^ aepede cerio Signai humum^ ge$tit parihus coUudere^ et tram CoUigii aeponit tswurè st snutatur in Aorae.

lmhsrhi$Ji»eniês tandem euitods remoto , Gaudet equie canihtuques et apricigramine eampi / Csreuê in piHumfiscti « monitorihuê asper»

Utilium tardue provisor, prodigue œrie, SubUmit cupidusqus et amata relinguere pernix. Conversis studiiss sstae anUnuequs virUia Quanit opsi st antieitias^ interpit honoris Comnàeisss capst guod moM mutare laborst^

■^ — Le meilleur prédicateur est celui qui de conforme à ses sermons.

JSulta 9enem eircumveniuni incommoda : vel quoâ Quant, et inventiê miter ahttinet ae timei uti ; Vel guèd ret omnet timide gelidèque minisirat; Diiator, tp0longUê, inen,pa^idusgiâe/uturi, Diffieiliê , gueruluê > laudaior temporii acti Sepuero, eentor eattigatorque minorum,

( Do Arte po«ficfl. )

L0 temps « qui chaiif* toat> chang* anan sos baïueors:

Chaque âge a aes plaisirs, son esprit et ses moeurs.

Un jeune homme, toujours bouiUant dans ses caprices «

Est prompt à receroir Fimpresaion des rices;

Est Tain dans %t* discours^ rolsge en se» désira.

Rétif à la censure et fou dans les plaisirs.

L'Age ririi plus mûr, inspire un air plus sage ,

Se ponsae auprès des grande, s'intrigue, se ménage ,

Contre les coupa dm uaX aonge à se maintenir.

Et loin dans le présent regarde l'arenir.

La rieillesse chagrine incessamment amasse,

Gaide, non pas pour soi, les trésors qu'elle erftasse;

Marche en tous ê99 desseins d'un pas lent et glacé;

Tonjonrs plaint le présent et raate le passé ,

Inhabile aoz plaisirs dont la jeunesse nfinsn

Ulâae en enz las doncenrs que l'âge lui refuse.

{Vjtrt poétique, chaal3.)

«-^ Le cerveau peut imaginer des lois pour arrêter la fougue du sang , . mais un tempérament ardent saute par-des* sus une froide loi.

— ^ La folle jeunesse s'élance comme le cerf léger au-dessus des filets du grave conseil , vieillard impotent et boiteux.

— Une méohante â<ne qui produit un témoignage sacré , ressemble à un scélérat qui a le sourire sur les lèvres ^ et à une belle pomme dont le cœur est pouri.

— L*amitiéeiEigea4rdlle jamais qu'un

stérile métal se multipliât pour elle dans la main d'un ami !

— Plût au ciel que les biens^ les char* ges^ les dignités nefuteentpas enlevés par la corruption, et que le puir et brïl-

lam honneur ne s^acqtik jamais que par les vertus de celui qui en est reyétu!

que de gens qui sont ipius seraient couyerts! que d'autres qui commandent seraient commandes! que de grains de bassesse à séparer de la vraie semence d^lionneur! que Ton retrouverai td'bom»

mes cachés sous le .Ghau|P|^e et sous Ie9 ruines du temps ^ et auxquels on devrait rendre leur premier éclat !

*-Le vulgaire > qui n'aperçoit rien au-delà de ce que son ceil oharmé lui présente^' ressemble a l'Hirondelle qui bâtit au-dehors du mur^ et expose son nid aux injures de l'air ^ à la portée et dans le chemin même des accidens.

— i Les sots^ quand ils choisissent, font tant à force d'esprit et de raisonnement, qu'ils se trompent.

-~* Le monde est sans cesse déçu par

Tapparence. En justice, est-il cause si mauraise , si dësespërée qui , plaidëe par une voix éloquente et gracieuse , ne masque son injustice sous un air d*în<^ nocence et d'équité? En religion, estil une erreur damnable , qu*un front ingénu ne sanctifie et ne fasse goûter, en j adaptant un texte spécieux , et cachant le poison sous les fleurs ? U n^est pas de rice si simple et si nu , qui n'offre sur ses dehors quelques caractères de la vertu. Que de pohrons aussi trompeurs que des degrés bâtis de sable, qui por« lent cependant sur leur mentoa les barbes- d'Hercule et du terrible Mars!

ouvrez leur sein , vous ne trouverez que des foies blancs comme lait 5 ils ne pren* nent que Técume de la bravoure pour se rendre redoutables. Regardez la beauté, et vous verrez qu'elle s'acquiert à force de parure étrangère. On

>dbyGo0gle

reconaait souvent ces tresses d*or, flot* lant avec grâce au grë du zëphir, sax une beauté supposée ^ pour être la pro»* priëtë d'une autre tëte^ et le crâne ^i les a nourries est dans le tombeau.

— En vérité , bientôt le rôle qui siéra le mieux à Tesprit sera le silence^ et il n*y aura plus que les perroquets qu'on pourra louer de parler,

— Heureuses celles qui peuvent mal* triser assez leur sang pour soutenir la vie de vestales; mais plus heureuse est sur la terre la rose cueillie^ que celle qui y se flétrissant sur son épine vierge^ croit ^ vit et meurt i3olée dans un triste et froid bonheur.

. •— Quel tourment de choisir l'objet de son amour par les jeux d'autrui !

— Quand il s'est trouvé de la sjm-

pa^ie dànste choix d^une ëflouse; la guerre^ la mort ou la maladie > sont -renues le traverser et l'anëantir^ et le bon* heur de Tamour passe comixïe un £icni , disparait comme une ombre , ne dure que Vinstant d'un songe ^ s'évanouit comme Tëclair dans une épaisse nuit»

Dans un clin d'œil il découvre le ciel et la terre, et avant que Fhomme ait eu le temps de dire : vojez ! les ténèbres l'ont englouti.

\ — La liberté sans fre.in , est toujours mariée avec le malheur.

» -— La calomnie vit héréditairement et s'établit pour toujours dans le lieu dont elle a une fois pris possession.

— Le temps marche à pas de voleur, jour et nuit.

-^ Cest la tendresse et non pas la

«9 ^autë des femmes qui devrait gagner notre amour.

— Une femme en courroux est comme une fontaine troublëe 9 fangeuse^ sans transparence^ sans pureté^ et perd toute sa beauté ; et , tant qu'elle est dans cet étal de trouble, personne^ dansPexç^ même de la soif la pins brûlante, ne daignera boire de son onde, ni seulement en approcher ses lèvres*

I — Le repentir porte avec lui un^ certaine douceur, (i)

. . — Les femmes sont des anges quand on les recherche : sont-elles obtenues, tout finit là. L*âme du plaisir est dans la recherche du plaisir même. La femme

(i) Un repentir sincère est un baume sur la.

conscience blessée.

(Note de misiriss Griffiih. )

aimée ne sait rien^ si elle ne sait pascela.

Les hommes prisent Tohjet^ avant sa conquête^ bien au-dessus de sa valeur.

Jamais il n'exista de femme qui ait connu tant de douceurs dans Tamour satisfait , qu'il j en a dans le dësir et les sollicitations, (i)

— • Dans toutes les entreprises com-^ mencées sur la terre ^ les vastes promesses que fait à Thomme l'espérance, avortent toujours et ne sont jamais toutes remplies ; les obstacles et les revers naissent du sein même des exploits les plus glorieux et' les plus importons. Ainsi des nœuds formés par la rencontre des ruisseaux opposés d'une sève surabondante, infectent le pin altier et robuste ', et détournent du cours direct de leur

( i) A TamoDr tatiafait tont ton clt«rm« est ôté.

(FeêHndéPiorre.y

troissêifïce, le fil errant de ses fibres tor« tueuses.

— Ce n*est point dans les faveurs et le sourire de la fortune^ que là trempe de la vertu sublime et pure se reconnaît^ car alors le lâche et le brave, le sage et rinsensé> le savaut etTignorant^ Thomme dur et rhomme sensible > se ressemblent et présentent les traits d*uûe même famille. Cest dans la tempête que soulève le courroux de cette déesse , c'est alors que sous l'impression de son fiouffle puissant^ la séparation s^opérej son souf&è disperse au loin la paille vaine et légère^ et tout ce qui a de la consistance et du corps demeure fixé par son poids, par la richesse de son mérite^ et se montre pur et sans mélange.

-*- L*él<^e perd son lustre et sa valeur, lorsqu'il sort de la bouche même

de rhomme qui eu est Vobj'et^ la louange que la renommée adopte et se charge de publier^ est celle que le repentir arrache à Tennemi; voilà la seule pure , la seule qui s^éléve et se répande dans Tunivers.

— La défiance modeste est, avec raison , nommée le phare du sage 5 c^est la sonde qui fouille le fond des événemens et des maux.

— L'amitié dont la sagesse n'est pas le nœud est aisément désunie par la folie.

— L*homme orgueilleux se dévore lui-même. L'orgueil est son miroir, son héraut, son historien , son panégyriste; et toute belle action qu'il vante luimême, il en détruit et anéantit le mérite par sa propre louange.

- ■ — Unir la sagesse ei Tamour surpasse le pouvoir de rhomme. Ce prodige est réservé pour les dieux, (i)

• •— Les hommes ue prodiguent leurs liommages qu'aux rayons de la for- .tuaé> comme les insectes ne déploient leurs ailes qu'aux rayons de Tété; et 'l'homme qui n'est que simplement homme ^ ne reçoit aucuns honneurs; U n'est honoré que pour ce qui tient i son extérieur^ comme la place ^ les •richesses^ la faveur^ avantages qui sont le prix, du hasard^ atissi souvent que du mérite. Quand ces honneurs^ étais fragiles et glissans d'une amitié glis-

(i) Amare et tapere vix à €>eq eçneêditur,

(Pub. Sjr.)

..... La ridfon n'est paf oc qtà régie l'amour.

( Le Jdiêanthrope. )

santé et fragile comme ettx^ yiemient à tomber^ tout croule et s*abime dans leur chute.

-^ Le Temps a sur son dos une besace où il jette les aumdnes qu^il ya recueillant pour l'oubli^ énorme géant , monstre nourri d'ingratitude. Ces rebuts sont les belles et les bonnes aettcms passées^ dévorées aussitdt qu'elles sont nées^ publiées dèsqu'eUessont faites. La persévérance seule entretient l'honneur dans son éclat. Aifoirfait ^ c'est être comme passé de nM>de et suspendu i l'écart^ ainsi qu^une coue d'armes rouillée^ danft un dépôt formé pour la curio* site de l'avenir.

— Nous faisons quelquefois des choses que uous ne voulons pas faire ; nous sommes nos propres démons à nous-

mêmes, lorsque nous routons tenter la' fragilité de nos forces, eu présumant trop de leur puissance si yariable.

-^ n est de mauvaises qualités qui se montrent avec tant d'avantages ^ qu'elles trouvent un asile et dés faveurs, tandis que la vertu , d^une trempé inflexible, se morfond et le^nguit 'exposée aux injures de Fait" (i) ; aussi" voyonsnous isotivent la sagesse nue et indigente, aux gages de la folie qui regorge de biens*

— Les entreprises extraordinaires sont impossibles pour ceux qui mesurent leur difficulté sur le rapport de leurs sens, et qui , jugeant sur les communes apparences, s'imaginent que tout

(t) Probitaê laudatur et algei,

(Jur.)

ce qu'ils n*ont point encore tu n'arrivera point.

•— Quand la vertu sort d'une source obscure , son obscurité est illustrée par les actions et le mérite de. rhomme.

L'honneur sans la vertu , et qui n'est formé que de vains titres de gr^ndeiu:

et de noblesse ^ n'est qu'une enflure h.jy dropique. Ce qui est bon par lui-même est bon sans nom et sans litres; et ce qui est vil> reste toujours vil^ malgré les titres.

-« Il est étrange ^ue notre sang à tous^ qui^ pour la couleur^ le poids et la chaleur^ mêlé ensemble n'offrirait aucune trace de distinction^ prétende cependant se séparer^ dans les hommes, par de si vastes différences.

— Souvent la langue d'un hàmme est la ruine de son makre.

— Ce n'est pas le nombre des sermens qui fait la vérité : la yéritë est dans un vœu simple et sincère.

— La vîede rhomme*est une trame tissue de bon «t de mauvais fil mêlé en»

tiemUe.^Nos vôrtus seraient tropfièréssi nosrlkutes n<eacbaûaientpasr6rgueil; et nos vices nous.poneraietit au désespoir, si nous n'étions consolés par nos vertus,

-*- Lçsbojnm^s sont pour le mariage , les jeunes gens pour le plaisir.

-T-« Il }r a.tou)oiirsdansle'monde une place pour ub homme ^ et des ressources pouç le faire vivre. I •

— Kè parlons plus du piassé^ saisissons par les cheveux le présent qui fuit^' car nous Vieillissons toujours^ «t sur nos projets les plus prompts^ le temps glisse

sans bruit et d'un pas insensible , et les efiace ayant qu'ils soient réalisés.

— Le ciel se sert de nous comme nous faisons des torcbes. Ce n*est pas pour elles qu'elles éclaiieat et brillent j et si' nos tertus restaient enseye« lies dans notre sein f ce serait comnie si nous ne les avions pas.

~ Telle est l'autorité, ce demi-dieu dis la terre ? elle frappe qui elle veut, épargne qui elle veut^ et elle est toujours juste.

— Nos dotttes sent dea traîtres t[ui nous font souyent parère le bien qu'il dépendait de nous de gagner, en nous âtant par la crainte le courage de le tenter.

-^ Il me £aut pas faire de la kl on yain époayft»tailj^ le plafaut pour ef*-

frayer les oiseaux de pioie et lui laissant cette apparence vaine 9 jusqu'à ce que familiarisés par Thabitude de le voir, ils osent venir se percher sur l'objet même de leur terreur. Cependant n'aiguisons le glaive de la loi que pour faire d'abord une légère inclisîon, plutôt que d'en frapper à coups mortels.

— * Quelques hommes prospèrent par le crime 9 d'autres succombent par la vertu, n en est qui échappent aux tortures réservées pour le vice, et ne répondent i personne de leurs offenses; d'autres sont condamnés pour une faute unique.

— Un homme vertueux ne peut pas vouloir ce qu'il ne doit pas faire.

— r De toute la pompe qui revêt les grands^ ni la couronne du monarque^

ni le glaive du ministre , ni le' bâton du .maréckal d'armëe, ni la robe du juge, rien ne leur sied aftissi bien que la clëmènce*

— Se peut-il que la pudeur porte à nos sens une impression plu^ dangereuse que les séductions d'ui^e femn^e légère et coquette , et que la plus forte des tentations soit celle qui nous invite au crime par les attraits de la vertu?

•— O dignité! à pompe extérieure ^ qu'il t'arrive souvent d'extorquer le respect craintif de la multitude insejosée^ par Téclat de tes vétemens^ de ton enveloppe visible , et d'enchaîner les sages séduits à tes fausses apparences!

— • Tous les plaisirs sont vains; mais les plus, vains de tous sont ceux qui , acquis avec peine ^ ne produisent pour

ÏOI

fruity que de kl' peine ; comme dé se tourmemev et pâlip sur un livre , pour cbercher la kimiére de la v^érité, tandis que sou ëclat ne sert qu'à aveugler la vue éblouie qui la poursuit. Cést perdre les yeux à chercher la clarté t ainsi on les use à suivre une faible lueur dans les ténèbres. Ces infatigables poite*faix de la science^ n'ont jamais rien gagné qu'un vil renom fondé sur les livres d'autrui. (j\

(i) n sembUi à trois grediss , dans leur petit cerrêau , Qae pour être imprimés et reliés en reev , Les voilà dans Tétat d'importantes |>erso]mes; Qa'arecleur plnme ils font le destiii des conronaes; Q.n'an moindre petit bmit de lenrs productions lu doivent voir cbex eux voler les pensions ; Que sur enxrniiiv«rs.a la vue attachée; Que partout do leur nom la gloire est épanchée ; Et qu'en science il» sont des prodiges fameux. Pour savoir ce qu'ont dit ^es autres avant eux ; Pour «voir eu, trente aoa , des jeux et des oreilles» pour ar oir employé neuf on dix mille veilles

i — LViude est souyent en dë£aut et dupe d'elle-même : tandis qu'elle s'oc* cupe des vaines cbunaissances qu'elle désire^ elle oublie la chose essentieUe qu'elle devrait savoir, (i)

— La passion de la gloire se rend coupable de crimes détestables > lorsque pour obtenir la renommée , pour gagner la louange^ biens extérieurs et vains ^ nous dirigeons vers ce but tous les efforts et tous les mouvemens du cœur.

A se bien barbouiller de grec et de latin,

£t se charger l'esprit d'un ténébreux butin

De tons les Tiens £atr«s qw tratnent dans l0s Ityree •

Gens qni de lenr savoir paraissent tonjonrs irres }

Bicbes, ponr tont mérite, en babil importwi ;

lohabiles à tont, vides de sens comami ,

Et pleins d'nn ridicnle et d*mie impertinence

A décrier partent Tesprit «t la science.

{Ftmme9 tavanieê^ a. 4 , t. 9.)

(t) Et Ton sait tont dies moi hors ce qu'il fant saroir.

io3 — L'homme vicieux mime' Thomme souillé du même vice*

— * Le sang de la bouillante jeunesse ne s'enflamme jamais autant dans la passion^ que le vieillard qui déserte la raison pour se livrer à un fol amour.

— i La folie n*a point dans les fous la même énergie et le même excès que dans les sages,

-— Lorsqu^un esprit rare est possédé d'une folle passion^ toutes ses facultés dégénèrent^ à force d'esprit^ en bêtise et en démence.

Il n*est point d'hommes aussi constamment dupes ^ quand ils sont une fois pris^ que ces beaux esprits changés en fous. La folie éclose dans le sein de Id sagesse , s'arme de toute son autorité et des secoms de la science^ et tous les ta-

io4

lens de Tesprit servent à décorer et i déguiser ses. écarts, (i)

— Le succès d*un bon mot dépend de Toreille qui Fentend^ plus que de la langue qui le dit.

' (i) Cest «ne obseryation çpi'en général les plfts grands fous en amour, ce sont les esprits les plus sensés, parce que la supériorité de leurs talens ajoute à la force de leur passion. Une remarque plus singulière , c^est que pour rendre un homme de génie et d'un espf it supérieur, amoureux fou , il n*est poinX de femmes plus propres à faire ce miracle , que celles qui sont simples et niaise&, pourvu qu'elles aient cependant ce qu'on trouve assez généralement dans ces caractères , une^ dose suffisante de ruse et d'artifice. La raison trouve, son pair dans la raison^ et elle ne peut être • domptée que par la folie. Les ruses et l'artifice d'une belle Agnès ne lui semblent que de la luû^ tfetéy qu'une simplicité charmante; et il est naturel do se plier aux caprices de ces favorites , avec lesquelles on croit iimtile dé raisonner»

(Mistriss Grxffxth.)

io5

— La |iitië est dëjà un pas rets Fa- .mour»'

— Il n*est dans la nature ;de vériiables diflbrmités que celles de Vâme ; nul ne peut être taxé de laideur que Tingra't, La vraie beauté c'est la vertu j le vice que couvre un beau masque > n'est qu'un coffre vide, que le démon a décoré à Texlérreur.

— Qu'une femme choisissetoujours un homme plus âgé qu'elle., c'est le

V moyen d'être plus assortie à son époux et plus sÂre de conserver sa. place dans son cœur. Car nous avons beau vanter la force de notre sexe (i) , nous sommes plus étourdis, plus flottans dans nos caprices; nous sommes plus aisément

(i) Shakspeare met ces réflexions dans la boa-> che d'un homme.

loG emportés par le désir et par Tiiiconstance. L^amour s'use et se perd plus vite dans notre imagination que dans celle des femmes.

\ — Une bonne action qu'on laisse mourir dans le silence et T oublia en tue mille autres qui seraient venues à sa suite.

— La prospérité est le plus sûr lien de Tamour; Faffliction et le malheur altèrent sa fraîcheur^ et corrompent le cœur même, (i)

— Quoique l'autorité soit un ours féroce, cependant avec de l'or on la mène souvent par le nez.

(i) Rien n'aae tant Tardeor de ce oœad qoi nom lie Que les fUclieax besoins des choses de la vie; Et Ton en vient sonvent à a'accnser tons denz De tons les ooirt chagrins qni snivent de tels tMSndi- {Femmes sapantes.)

— L'améur babite dans les^lus belles imeSf cmiàiB le ver dévorant s'àttaclie au boâtloiK de la pins belle rdse.

— Les filles ;" par pudeur^ refusent ] de.bôucAie^ ce qu'elles voudi^aiênt^ au / fond du cœur^ qu'on les forçât de pren* dre.

— Une femme affecte SQuvent de dédaigner ce qui lui ferait le plus d^ plaisir.

— L'or.etJes don^ brl^ai^ çni une éloquence muette qui rep3.j^e,le.eœur d'une femme > bien plus que les plus beaux 4iscoùr».

— Le temps court et fait ëclore tous les biens, « ' " ^.

— Une faible impression d'amour est eomme uîicf figtire tradëe'siir ta glâce^ qu*un rayon de soleil effacd cl dissout.

io8 — i Si rhomme était coastant , il serait parfait f ce seul. défaulL ireQtralne dans tous les autres^ et le porte, à tous les crimes,

; -rjL^j^uce pitié est le synîbole de la vraiçjgïJ^ïïd^tir.

— La reconnaissance e,st un. noble et digne salaire pour les ânies gênéreuses. ^ ^

— Le chagrin renfermé , comme le féu dans tiù' foiir étoupé,' brûle et calcine ïe cœut <juî lé garde.

— - Pourquoi désespérerait^il du succès ^ celui qui sait faire sa cour ayec de douces paroles , de tendres regards et de riches cadeaux?

— ' Pleureur avec ceux qui. pleurent, ^onne quelque soulagement; mais un

chagrin qu'on ensuite est une double mort;

— Quand on a épuise tous les remé-*.

des^ et gue sur Fâme est tpmbé le coup fatal que suspendait encore l'espérance^ tous les chagrins sont finiS.

~ La foule insensée se presse autour d'un homnie qui s'évanouit; ils viennent tous pour le secourir^ et ils;ne tonv que lui intercepter l'air^ qui ie ranimerait.,

— Cest un double fardeau d'avoir a supporter son chagrin, et les maximes consolantes qu'on nous prêche , quand pour a.paiser sa douleur on est réduit aux tristes secours de la.patience« Toutes^ . ces maximes arbitraires dans leur application^ sont tour-à-tour du baume ou du fiel sur la plaie. '

— - Qui dérobe ma bourse ne me dérobe qu^uue vile matière : c'est quelque chose ^ ce n'est rien. Elle fut à moi, elle est i lui, et elle a eu mille air ires maîtres. Mais celui qui m^vole ma bonne renommée tne vole un bien qui .m'appartient^ sans renriohir lui-même.

-^ L'humeur des hommes ne s'attai^Êt pas au grand objet qui en est It caïue; elle se répand sur les inférieurs et se prend à tout ce qu'elle rencontre; et voilà comme nous sommes. Que nous ayons un doigt qui souflSre , il communique à tous^nos sens pleins de santé un sentiment de douleur et de peine.

— Les fous peuvent souvent parler avec bon sens des sottises que font les gens d'esprit (i).

(i) La latire pQut évntepivàh coiaime iinsup-

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