A. de ces fausses Religions
Plutarque (a) nous asseure que les Romains firent recommencer tout de nouveau une de ces Processions
50 solennelles, où l'on trainoit par la ville sur des Brancars les Images des Dieux, et autres Reliques sacrées, parce que d'un côté l'un des chevaux de l'equippage s'arrêta en un certain endroit sans tirer, et de l'autre que le Charrier prit les rênes de la bride de la main gauche. Qu'en une
55 autre rencontre ils refirent trente fois un même sacrifice, parce qu'ils crurent qu'il y étoit toujours survenu quelque manque de formalité. Que Q- Sulpitius (b) fut déposé de sa Prelature, parce que le chapeau sacerdotal luy étoit tombé de dessus la tête en sacrifiant, et que C. Flaminius,
6o qui avoit été nommé Colonel de la Cavalerie par le Dictateur Minutius, fut destitué, parce qu'au moment que le Dictateur le nommoit, on ouït le bruit d'une souris. On peut voir plusieurs exemples de cette force dans le même Auteur, et dans d'autres livres non suspects, sans qu'il
65 soit besoin de recourir à ce beau passage d'Arnobe (c) qui tourne si bien en ridicule les Payens, quoi qu'il n'outre point la matière, et qu'il ne dise rien qui ne se
(a) 7m vita Coriolani.
(b) Idem, Plutarch. in vita Marcel.
(c) lu cxrimoniis vestris rebusque divinis postuliouibus locus est, et piaculi dicitur contracta esse commissio, si per imprudentix lapsum aut in verbo quispiam, aut simpuvio dcerràrit, aut si cursu in solcmnibus ludis, curriculisque divinis : commissum omîtes statim in reliçiones clamatis sacras, si ludiits coustitit, aut Tibicen repente conticuit, aut si patrimus ille qui vocal 11 r puer omisit per ignorantiam loritm, aut terrain tenere non potuit. (Arnob., lib. 4, advers. Gentes.)
48. C. Plutarque raconte que l'une de ces processions solennelles, où l'on trainoit par la ville sur des brancars, les Images des Dieux, autres Reliques, fut recommencée tout de nouveau à Rome.