‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 11 sur 167 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Comètes ne sont point le présage d'aucun malheur. \ Avec plusieurs Réflexions Morales et Politiques, | et plusieurs Observations historiques; et la réfutation \ de quelques erreurs populaires. A Cologne | chez Pierre Marteau. \ M.DC.LXXXII | .»

Telle est la version, fort vraisemblable, donnée par Des Maiseaux dans sa Biographie de Bayle. Dans une lettre à Minutoli, Bayle explique de façon un peu différente les circonstances dans lesquelles parut son premier ouvrage :

« Ce qu'il y a de vrai c'est qu'aiaut rencontré, à un de mes derniers voiages de Paris, un ancien condisciple qui s'étoit fait recevoir Docteur de Sorbonne et aiant raisonné avec lui sur bien des choses, je lui promis de lui écrire une petite dissertation sur ce qu'on appelle ordinairement des Prodiges et des Signes de l'avenir. Il me dit que je lui ferois plaisir, mais qu'afin qu'il la put montrer à ses Amis, il me prioit de parler en Catholique, ne voulant pas paraître en commerce avec des Hérétiques. Une Comète aiant paru quelques mois après je me servis de l'occasion et me mis à composer, mais étant passé de pensée en pensée jusqu'à des questions un peu singulières, je ne vis pas qu'il fut à propos de faire voir cela à personne. Néanmoins, étant allé à Paris, après la Cassation de notre Académie de Sedan, je cherchai mon Docteur pour lui donner mon manuscrit, je trouvai, qu'il étoit à la Campagne, dans une Province fort éloignée, sans apprendre précisément où c'était. Peu après, je fus appelle en Hollande et je montrai à un Libraire de cette Ville le Manuscrit, comme l'aiant reçu à Paris d'une Personne qui n'avait pas voulu en dire l'Auteur. Ce Libraire voiant que je parlois de la Pièce en Homme qui ne se mettoit pas fort en peine de ce qu'on en feroit, la mit bientôt sous la presse, sans me consulter ; aiant su d'un Homme, à qui il la montra, qu'il y avoit des choses qui la feroient vendre. Si bien que, sans me demander mon approbation, on imprima une Partie du Livre. On me montra même la Préface qu'on devoit y mettre.

En un mot, je me vis comme forcé à les laisser faire, espérant que jamais on ne me soupçonneroit. Je rajustai un peu la Préface ; et c'est pour cela qu'elle vous a paru peut-être du stile du Livre. Je ne crois pas que personne eut jamais su en ce Païs que j'étois l'Auteur de l'Ouvrage, si, par hasard, celui qui avoit vu le Manuscrit, n'eut vu ensuite de mon Ecriture, qu'il reconnut. » (A Minutoli, Rotterdam, 30 de mars 1683).

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