‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 112 sur 167 · C. souverain Maître de l'Univers · texte numérisé non relu

C. souverain Maître de l'Univers

70. C. ne manquoit pas lorsqu'il paroissoit des météores, ou des étoiles non communes, d'employer son art trompeur à persuader. 74. C. si l'on ne les appaisoit.

Que les Politiques ont fomenté la superstition des présages.

La Politique s'est aussi mêlée du soin de faire valoir les présages, afin d'avoir de bonnes ressources, ou pour intimider les sujets, ou pour les remplir de confiance. Si les Soldats Romains eussent été des Esprits Forts, Drusus

5 fils de Tybere n'eust pas eu le bonheur de calmer la mutinerie des Légions de la Pannonie, qui ne gardoient plus aucune mesure. Mais une éclipse qui survint fort à propos étonna tellement ces mutins, que Drusus qui se prévalut en habile homme de leur terreur panique, en fit

10 tout ce qu'il voulut (a). Une éclipse de Lune épouvanta si fort l'armée d'Alexandre le Grand quelques jours avant la bataille d'Arbelles, que les Soldats s'imaginant que le Ciel leur donnoit des marques de son courroux, ne vouloient point passer outre. Leurs murmures alloient à une

15 sédition toute ouverte, lors qu'Alexandre fit commandement aux Devins Egyptiens, qui étoient les mieux versez en la science des Astres, de dire leur sentiment sur cette éclipse en présence des officiers de l'armée. Les Devins, sans s'amuser à expliquer le secret de leur Physique, qu'ils

20 tenoient caché au Vulgaire, se contentèrent d'assurer le Roy que le Soleil étoit pour les Grecs, et la Lune pour les Perses, et qu'elle ne s'éclipsoit jamais, qu'elle ne les menaçeast de quelque calamité : sur quoy ils raporterent

(a) Tacit., Annal., Mb. I.

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