‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 115 sur 167 · C. lorsque j'ai fait voir · texte numérisé non relu

C. lorsque j'ai fait voir

mens des fleuves passaient dans le Paganisme pour des présages de malheur. Il prétend que le Tybre n'avoit fait tant de ravages, que par complaisance pour sa femme Ilie, qui vouloit venger la mort de César son parent. Il fait

40 comprendre aussi que tous les autres malheurs qui avoient affligé, ou qui alloient affliger l'Empire, étoient l'effet de l'assassinat de cet Empereur. Si nous en croyons Virgile, le soleil fut tellement affligé de la mort du même César, qu'il en prit le deuil, et qu'il offusqua sa lumière de

45 telle sorte, qu'on craignit de ne le voir plus (a). Cependant on n'eut pas plutôt veu luire une Comète peu après la mort de César, que d'autres flateurs dirent que c'étoit son ame receùe au nombre des Dieux, et pour cette raison on consacra un Temple à cette Comète (b), et on

50 représenta César avec une étoile sur le front.

On ne peut pas voir des contradictions plus évidentes : car si l'ame de César a été receùe au nombre des Dieux, si elle a brillé dans le Ciel parmi les étoiles, pourquoi est-ce que le soleil s'afflige ? Pourquoi se couvre-t-il de

55 ténèbres ? Ne doit-il pas prendre plus de part à la gloire du Ciel, lui qui est de ce Pays-là qu'aux malheurs de Rome ? Assurément Virgile fait sa cour d'une manière bien singulière, puis que pendant que les autres disent que le Ciel se voit honoré de la possession d'une nouvelle étoile

t>o par la mort de César, il asseure lui que le soleil se couvre d'obscurité. S'il eust eu moins de bon sens, il eust accommodé sa pensée avec celle des autres, en disant que le soleil étoit si fâché de voir parmi les Astres une nouvelle étoile à qui le Ciel faisoit plus d'honneur qu'à lui, qu'il

6) se cachoit de honte. Mais il étoit trop judicieux pour se

fa) Georg., I. I.

(b) Siieton. in Cxs., cap. 88.

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