C. il est probable
nos egareméns, se servit de l'impression forte que l'exemple d'un grand Roy peut faire sur les esprits, pour ouvrir les yeux à quelques Seigneurs de cette Cour. Mais il est
25 aussi fort probable, qu'il y en eut plusieurs qui se firent baptiser uniquement afin d'être du côté des plus forts. Si les Philosophes Payens qui assistèrent à la Harangue que Constantin prononcea devant les Pères du Concile de Xicée pour défendre la Divinité de Jésus Christ, furent
30 plus touchez de ce discours, que de toutes les Apologies qu'ils avoient leiies : si jamais la Religion Chrétienne ne leur a paru plus plausible, que quand un Empereur revêtu de toute sa Majesté, parla pour elle ; n'est-il pas bien apparent que la veue d'un grand Roy qui embrasse l'Evangile,
55 et la force d'un si grand exemple, déterminèrent quantité de gens de Cour, à faire comme luy, sans examiner la chose plus amplement ? On peut donc dire, qu'en ces tems de prospérité, l'exemple des uns servoit de conviction aux autres de Province en Province ; et qu'ainsi
40 plusieurs personnes de tout état, et de toute condition entroient dans l'Eglise sans aucune véritable vocation, et y apportoient tous leurs préjugez.
Du penchant que les hommes ont à être de la Religion dominante, et du mal que cela fait à la vraye Eglise.
Mr. de Mezerai (a) raporte une chose touchant Catherine de Medicis, qui me paroit considérable. A la bataille
(a) Abrégé Chrotwl. Anno 1562.