‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 121 sur 167 · C. emploia la forte impression · texte numérisé non relu

C. emploia la forte impression

Pensées sur la Comète. 15

5 de Dreux le parti du Roy ayant eu du pire dans le commencement, il y eut des fuyars qui piquèrent jusqu'à Paris, où ils publièrent que tout étoit perdu. Catherine de Medicis sans s'émouvoir autrement se contenta de dire, Hc bien, il faudra donc prier Dieu en François, et se mit à

10 caresser fort les amis du Prince de Condé, et des nouvelles opinions. On voit par là qu'elle étoit toute resignée à la ruine de la Religion Catholique dans ce Royaume, et toute prête à la sacrifier au parti de la nouvelle Religion, s'il fut devenu le plus puissant. Cette trouppe de Filles

15 d'honneur, qu'elle employoit à lui faire des Créatures, au dépens de tout ce qu'il vous plaira, n'eust pas été non plus fort mal-aisée à persuader qu'il faloit prier Dieu en François, si le Prince de Condé victorieux les eust mariées avantageusement à des Seigneurs Huguenots : et ainsi à

20 proportion chacun à l'exemple de la Reyne Mère se fust accommodé à la nouvelle Religion, ou pour conserver ses charges, ou pour en obtenir quelqu'une par le crédit du Prince. Si bien qu'il ne tint qu'à une bataille gagnée par les Royaux, que la Religion Dominante ne devinst la

25 Religion tolérée et disgraciée, que l'ont eust quittée par trouppes pour s'avancer plus aisément. C'eust été la même chose trente ans après, si Henri IV eust peu terrasser la Ligue par la force de ses armes. En ce cas-là, je vous répons qu'il n'y eust point eu de Conférences de Sureine,

30 point de promesses de se faire instruire ; le Roy victorieux n'eust eu aucun doute sur sa Religion. Il l'eust mise sur le trône, et c'eust été un grand bonheur pour les Catholiques d'obtenir un Edit de Nantes pour être à tout le moins tolérez. On les eust traittez haut à la main, et

Page 1