C. qui peut raisonnablement être interprétée
52. C. qu'un Huguenot soit pauvre, s'il persiste dans sa Religion, qu'il perde ses charges et ses emplois ; qu'il soit exposé à mille insultes ; qu'il ne puisse aller au prêche qu'avec mille peines. On offre mille douceurs à ceux qui abjure leur créance.
60 une infinité de gens dans ce siecle-cy, qui à ce prix-là feraient profession de croire tout ce qu'on voudroit.
Comme nous avons deux sortes de convertisseurs, les uns de robe courte, et les autres de robe longue, je ne croi pas qu'il faille faire un même jugement de tous. Ceux
65 de robe longue me paroissent moins excusables que les autres, tant parce qu'ils ont inspiré au Roy toutes ces manières de convertir, que parce qu'ils ont leu dans l'Histoire Ecclésiastique la condamnation de ces manières : au lieu que les convertisseurs de robe courte ne
70 font qu'obéir aux ordres du Roy, et ne sont pas de profession à savoir ce que disent les Anciens Pères. Permettez moi de vous citer un passage de Socrate, qui fait voir en même tems que ces manières de convertir étoient blâmées par les anciens Chrétiens, et engageoient une
75 infinité de personnes à abjurer la profession de leur créance. Je sai bien que vous n'ignorez pas ce passage ; mais vous ignorez peut-être que je le sai : alors je m'en ferai honneur, s'il vous plait, auprès de vous. Voici donc ce que dit Socrate (a), Pour ce qui est de la trop grande
80 cruauté, qu'on avait employée sous l'Empire de Diocletien, l'Empereur Julien ne s'en voulut pas servir (b), mais il ne laissa pas de persécuter l'Eglise (remarquez bien ces paroles)
CAR J'APPELLE PERSECUTION, LORS QUE DES GENS QUI SE TIENNENT EN REPOS, SONT INQUIETEZ DE QUELQUE MANIERE
85 que ce soit. Or il inquiéta les Chrétiens de cette façon. Il fit une loi qui leur défendait d'étudier, de peur, disoit-il, que par le secours des sciences, ils ne repondissent plus aisément aux Philosophes Payens. Il les éloigna aussi de tout emploi militaire dans le Palais, et de tout Gouvernement de Province,
(a) Hist. Eccks., lib. 3, cap. 12 et ij.
(b) Où jit,v -nivTT; to-j S'.ûxê'.v à-iiyzzrj- o'.wyjxov Se Xéyco tô ô~(i>soûv TapdtTTïiv touî •r,a,u/3ÎÇovTaç.
90 et en partie par ses caresses, en partie par ses libéralité^, il en attira beaucoup au culte des Dieux. On vit alors, comme à l'épreuve du Creuset, qui estoient les faux Chrétiens, et qui estoient les véritables. Car les véritables Chrétiens se défirent gaiement de leurs charges, prêts à endurer toutes choses, 95 plutôt que de renoncera la foi. Mais ceux qui, au lieu d'être véritablement Chrétiens, préféraient les richesses et les honneurs du monde à la vraye félicité, ne balancèrent pas à sacrifier aux Idoles. Il parle en suite d'un Sophiste nommé Ecebolius, qui est le véritable portrait d'une infinité de
100 gens. // estait toujours de la Religion des Empereurs. Sous V Empire de Constantius il fit semblant d'avoir un %èle merveilleux pour l'Evangile ; mais sous Julien il parut excessivement attaché aux superstitions Payeuues. Après la mort de Julien, le Christianisme étant remonté sur le thrône, le
105 Sophiste ne manqua pas de reprendre la profession de Chrétien. Enfin Socrate nous aprend, que sous cet Empereur Apostat, les Chrétiens furent obligez de payer des sommes immenses pour se racheter de l'obligation de sacrifier aux Dieux.
110 II n'y a point d'honnête homme qui ne condamne cette manière de convertir ; et si les Dieux de Julien eussent été raisonnables, ils eussent détesté les Chrétiens qui ne leur eussent offert des sacrifices, qu'afin de se sauver de la taxe qu'on leur faisoit payer rigoureusement. Quel cas
1 1 5 croyons-nous donc que Dieu fasse de tant de Huguenots qui se convertissent pour du pain ; Dieu, dis-je, qui est infiniment plus digne d'être servi à cause de lui-même, que les Divinitez du Paganisme ?
Je suis presque seur que vous ne me croyez pas assez
120 versé dans l'Histoire Ecclésiastique, pour avoir ouï parler d'un Evesque Grec, nommé Asterius, qui vivoit sur la fin du quatrième siècle. Il est néanmoins vrai que je connois
ce nom-là, et que j'ay leu son Homilie contre l'avarice, où j'ay trouvé un passage qui ne sera pas mal placé en
125 cet endroit. Oui est-ce, s'écrie-t-il, qui a obligé des Chrcstieus à s'abandonner au culte des Démons ? N'est-ce pas le désir des Richesses ? N'est-ce pas l'espérance et la promesse que les impies leur ont faites, des biens cl des àïgnitù\ du monde, qui a porté ces misérables à changer de Religion
130 comme d'habit ? Nous nous souvenons encore des exemples des premiers lems, et nous en avons veu de nos jours de bien funestes. Car lors que l'Empereur (Julien) levant tout d'un coup le masque, découvrit ce qu'il avoit dissimulé fort longtems, et sacrifia publiquement aux Dieux, et incita les autres
155 par diverses recompenses à faire de même, combien y en eut-il qui abandonnèrent l'Eglise pour se ranger à la communion des Idolâtres ? Combien y en eut-il qui attire^ par différais leurres, avalèrent le hameçon de l'impiété ?
Il ne faut pas douter que les Gentils ne dissent à peu
140 prés les mêmes choses, lors que les Empereurs Chrétiens attiraient les Idolâtres à la vraye Religion par l'espérance de faire fortune ; et il ne faut pas douter non plus, qu'ils n'eussent raison de soutenir, qu'un très grand nombre de gens les quittoient par complaisance pour le Prince. Car
145 il est seur, comme je l'ay déjà remarqué, que du tems des Constantins, des Theodoses et des Clovis, la plus grande partie des Payens qui vouloient être bons Courtisans, ou qui n'avoient point de conscience, ou qui croyoient qu'on peut plaire à Dieu par toute sorte de
150 cultes, se jetterent dans la bonne Religion. Dieu sait le gré que l'Evangile leur en devoit savoir, et le préjudice que la vérité en a souffert. Ces faux convertis ont été un germe de superstitions et d'erreurs, dont peut-être l'Eglise se sent encore. Nous avons présentement à
155 craindre tout le contraire de nos faux convertis, savoir un
germe d'incrédulité qui sappera peu à peu nos fondemens, et qui à la longue inspirera du mépris à nos Peuples pour les Dévotions qui ont le plus de vogue parmi nous. Or si nous changeons dans ces points-là, que deviendront
ï6o les fondemens de nôtre foi, qui ne subsistent que dans la supposition de l'infaillibilité, et par conséquent de l'immutabilité de l'Eglise ? Ne me dites pas, que quand même les nouveaux Catholiques nous ameineroient peu à peu l'abolition de certains cultes, les Décisions des Con-
165 ciles demeureroient hors de toute atteinte. Car quoi qu'en dise Mr. de Condom, on ne peut guère sauver l'infaillibilité de l'Eglise, si on abandonne aux Protestans les Dévotions qui les choquent (1). Je trouverai peut-être l'occasion de vous parler plus amplement de cela avant que de
170 finir. Je ne la chercherai point : mais si elle se présente, je vous promets de ne la point laisser échaper.
Quand je songe (a) à la remarque que font les Rabins, que les Idolâtres qui suivirent en très grand nombre, et en qualité de Prosélytes, le Peuple de Dieu sortant du
175 Pays d'Egypte, furent les premiers Auteurs de la fonte du Veau d'or, et de tous les murmures de ce Peuple dans le désert, je tremble pour l'Eglise Catholique ; m'imaginant que tous ces nouveaux Convertis exciteront cent murmures dans l'occasion contre plusieurs choses, qui
180 leur paraîtront d'autant plus choquantes, qu'ils les regarderont de prés : Dieu sur tout. Il y a des gens fort sensez (b), qui croient que le nombre prodigieux de Sectes qui se voient parmi les Turcs, vient de ce qu'il y a eu
(a) Voi. Ja. Windet de viià functorum statu, p. 2f6.
(b) Ricaui, Etat de l'Emp. Ottom., liv. 2, ch. 12.
(i)Bossuet, Exposition de la doctrine catholique sur les matières de controverse.
plusieurs personnes de différente Religion, qui ont 185 embrassé le Mahometisme ou par intérest, ou par force. Les Grecs qui l'ont fait, étant d'un Pays qui a été l'Ecole des arts et des sciences, ont mêlé les anciennes opinions des Philosophes avec les rêveries de l'Alcoran, dont ils n'étoient pas trop contens. Les Russiens, les Moscovites, 190 les Circassiens, et autres Nations semblables, y ont aussi ajouté quelque chose du leur : et c'est ce qui a multiplié les Sectes à l'infini. Ce que je viens de dire après les Rabins est assez conforme à l'Ecriture (a), qui remarque en deux endroits, qu'il y eut une grande multitude de 19S gens qui sortirent d'Egypte avec les enfans d'Israël ; et en un autre lieu, que ce furent eux qui commencèrent le murmure. Mais c'est trop m'écarter de mon sujet ; revenons-y.
Preuves de fait de la transplantation des erreurs du Paganisme dans le Christianisme (i).
Si les remarques que j'ay faites ne suffisent pas pour prouver que les Payens ont conservé diverses erreurs en
(a) Exode, ch. 12, v. }8 et Komb., chap. 11, v. 4.
(1) Ces reproches adressés au Catholicisme sur la persistance des cérémonies et des superstitions Payennes dans son culte étaient, comme l'a justemeut remarqué M. Delvolvé, un lieu commun de la littérature protestante à cette époque. Dans un livre que Bayle admirait <r M. Claude réfuta les Préjugés légitimes par un des plus beaux livres que lui ou aucun autre des ministres ait jamais faits » Claude avait élevé contre le catholicisme les mêmes griefs :
« D'ailleurs comme nos Pères voyoient une partie de ces cérémonies prises des Juifs, ils en voyoient aussi un grand nombre d'autres tirées
5 entrant dans le Christianisme, lesquelles en suite se sont perpétuées par tradition ; je m'en vais aporter une preuve contre laquelle il n'y a pas le mot à dire, puis que c'est une preuve fondée sur des faits incontestables.
Il paroîtpar les Sermons des anciens Pères de l'Eglise,
10 que les Chrétiens de leur tems s'imaginoient, qu'en jettant des cris de toute sa force, on soulageoit la Lune éclipsée, et qu'on la faisoit revenir comme d'un évanouissement, qui lui eust été mortel, si on n'eust bien crié (a). St. Ambroisc, l'Auteur du Sermon 215 de tempore, qui
15 est parmi ceux de St. Augustin ; Saint Eloy, Evesque de Noyon, ont parlé fortement contre cet abus ; ce qui fait voir qu'il étoit en usage parmi ceux à qui ils parloient. Il
(a) Voy. Mr Tbiers, Trait, des supers!., ch. 2]. 13. C. si l'on n'eût bien crié.
ou imitées des Payens, par l'aveu même de ceux qui les autorisoient ou qui les pratiquoient. Car on peut mettre dans ce rang l'usage de l'eau lustrale, ou de l'eau bénite, tant à l'entrée des Eglises que dans les maisons particulières, et aux obsèques des morts, les bénitiers et les aspergés, l'usage de la salive au Baptême des petits enfans, l'invocation des Saints, leur canonisation, leurs patronages, la distribution de leurs charges ou de leurs emplois, les Images ou simulacres, les Agnus Dei, les Festes de la Toussaints, des Morts, de la Saint Jean et quelques autres, l'usage des Processions, celuy des Rogations, celuy de la descente des Chasses ou des Reliquaires, celuy des Croix dans les Carrefours, celuy des Anniversaires pour les morts, celuy de jurer par les Reliques, et je ne say combien d'autres qui évidemment étoient ou des restes ou des imitations de l'Ancien Paganisme. » (La défense \ de la | Reformation \ contre \ le livre intitulé | Préjuge^ j légitimes (b) | contre les Calvinistes | se vend à Quevilly \ cbe^ Jean Lucas demeurant à Rouen ru aux Juifs | proche l'hostel de Ville | iôjj. Ch. III, § 2, p. iy.)
Cf. Des Traditions et de la Perfection et suffisance de l'Ecriture sainetc. Avec un Catalogue ou Dénombrement des Traditions Romaines, par Pierre Du Moulin, Ministre de la parole de Dieu en l'Eglise de Sedan et Professeur en Théologie, Sedan, 163 1. Dans l'Exposition de la doctrine catholique sur les matières de controverse (Séb. Mabre-Cramoisy, 1671), Bossuet réfute ces critiques.
b) Les Préjuges légitimes sont l'œuvre de Nicole.
paroît aussi par les Homilies de St. Chrysostome, et par les livres de St. Basile, de St. Augustin, etc. que les Chrê-
20 tiens de leur tems fondoient divers présages sur ce que quelcun eternuoit en certaines circonstances ; sur ce qu'on rencontroit en son chemin un chat, ou un chien, une femme de mauvaise vie, une fille, un borgne, ou un boiteux ; qu'on heurtoit contre quelque chose, ou qu'on étoit
25 retenu par le manteau en sortant de son logis ; qu'un membre venoit à tressaillir, etc. St. Eloy pour délivrer ses Peuples de semblables superstitions, leur déclare que c'est être Payen en partie, que de prendre garde en sortant de chés soy, ou en y entrant, à ce que l'on rencontre,
30 ou aux voix que l'on entend, ou au chant des oiseaux, ou à ce que les autres portent. Il n'y a qu'à lire le Traitté de Mr. Thiers (1) pour être pleinement convaincu par l'autorité des Papes, des Conciles Provinciaux, des statuts Synodaux, des Pères, et d'autres graves Auteurs. I. Que
35 les superstitions mentionnées cy-dessus, et plusieurs autres, se trouvent parmi les Chrétiens. II. Que c'est un reste du Paganisme.
Quand nous n'aurions pas l'aveu de tant de grands personnages, il seroit bien facile de prouver, qu'en effet 40 c'est une maladie originairement venue du Paganisme. Car outre que ceux qui ont prêché la Religion de Jésus Christ, n'ont enseigné rien de semblable, il paroît par les monumens de l'Antiquité qui nous restent, que toutes ces superstitions étoient en vogue parmi les Gentils. C'étoit
(1) Jean-Baptiste Thiers, théologien, né à Chartres en 1636. Professeur au Collège du Plessis, curé de Champrond en Gastine, puis de Vibraye, diocèse du Mans. Mort en 1703. Le plus important de ses très nombreux ouvrages est le Traité des Superstitions selon l'Ecriture suinte. Paris, Ant. Dezollier, 1679. 11 était en relation avec plusieurs savants, entre autres Luc d'Achery, Mabillon, l'abbé de Rancé, le Cardinal Bona, Adrien Valois.
45 une opinion fort générale parmi eux, que les éclipses de Lune procedoient de la vertu magique de certaines paroles, par lesquelles on arrachoit la Lune du Ciel, et on l'attiroit vers la terre, pour la contraindre de jetter de l'écume sur les herbes, qui en suite devenoient plus
50 propres aux sortilèges des Enchanteurs (a). Pour délivrer la Lune du tourment qu'elle souffroit, et pour éluder la force du charme, il faloit, disoit-on, empêcher qu'elle n'en oùit les paroles, dequoi on venoit à bout en faisant un bruit horrible. Et voila la cause pour laquelle on s'as-
55 sembloit avec des instrumens d'airain, des trompétes et des clairons, comme à présent pour faire un charivari. Les Perses pratiquent encore cette ridicule cérémonie, au raportde Pietro délia Valle. Elle est aussi en usage dans le Royaume de Tunquin, où l'on s'imagine que la Lune
60 se bat alors contre un dragon (b). Vous ferez réflexion sans doute en lisant cecy, à ce qui est dit dans le livre des Pseaumes, que l'Aspic bouche son oreille, afin de ne pas oûir la voix de l'Enchanteur, et vous m'accorderez, je m'asseure, que les Chrétiens qui pretendoient soulager la
65 Lune par leurs cris, avoient puisé leur erreur dans le Paganisme.
Je ne perdrai point de tems à faire voir, que toutes les autres superstitions censurées par les Pères de l'Eglise, étoient en usage parmi les Payens, parce que c'est une
70 chose trop manifeste. Mais je remarquerai, que c'est d'eux que nous tenons la prétendue vertu brûlante de la Canicule, dont les Poètes nous ont donné à l'envi des descriptions si élaborées ; la prétendue signification de
(a) Et patitur cantu tantos deprcssa Iabores, Douce suppositas propior despumet in herbas.
(Lucan., lib. 6.)
(b) Voy. les nouv. Relat. de Mr Taverniev.
plusieurs malheurs, que nous attribuons aux éclipses, et
75 toutes les chymeres de l'Astrologie. D'où il s'ensuit, que l'erreur où nous sommes sur les présages des Comètes, vient aussi de la même cause ; et par conséquent que c'est une espèce de superstition. Je ferai cette remarque sur la Canicule avec vôtre permission, Mr. c'est que les
80 Romains étoient si persuadez de la malignité de ses influences, que pour l'appaiser (a), ils lui sacrifioient tous les ans des chiens rous assez prés de la Porte Catularia, qu'on appelloit ainsi, ou du nom de l'astre auquel se faisoit le sacrifice, ou du nom de la victime qui lui étoit
85 offerte, ou plutôt à cause de l'un et de l'autre : car il n'étoit gueres possible de faire en cela quelque distinction, puis que la raison pourquoy on immoloit un chien preferablement à toute autre espèce de victime, n'étoit que la conformité des noms. Les autres Peuples (a), qui
90 offraient des sacrifices à la Canicule, n'y cherchoient pas tant de finesse. Nous ne lisons pas qu'ils immolassent des chiens, plutôt que toute autre chose ; et c'étoit une erreur de moins. Car qu'y a-t-il de plus ridicule, que de s'imaginer qu'une étoile fait plus de cas d'une bête que d'une autre ?
95 Néanmoins tous ces Peuples étoient et Superstitieux et Idolâtres : et les Chrétiens se sont contentez de rejetter le dernier de ces maux, aussi bien à l'égard des Comètes, qu'à l'égard du reste.
(a) Apollonius, liv. 2. Valerius Flaccus, 1. 1.
81. C. que tous les ans pour l'apaiser, ils lui sacrifioient des chiens roux.
Pourquoi les S. Pères n'ont pas condamné ceux qui croi oient les présages des Comètes.
J'avoue que je n'ay point leu, que les Pères ayent blâmé la superstition envers les Comètes, comme ils ont 5 blâmé les autres. Mais cela vient sans doute. I. De ce qu'il n'est pas si facile d'en connoitre la vanité que de connoitre la vanité des autres présages. Car il n'est pas si évident que l'apparition d'une Comète ne présage rien.
II. De ce que les inconveniens de cette superstition ne io sont pas si frequens, que ceux qui naissent des autres.
III. De ce qu'ils ont cru que la terreur des Jugemens de Dieu, excitée dans l'ame des pécheurs à la veûe d'une Comète, pouvoit les faire repentir. IV. De ce qu'ils y ont été trompez tout les premiers ; leurs grandes lumières
1 5 s'etendant plutôt du côté des veritez de la Religion, que du côté des veritez naturelles (i). Quoi qu'il en soit, comme
5. Les divisions I, II, III, IV, ne sont pas dans A. 11. A. et enfin de ce qu'ils ont cru. 13. C. et c'est une erreur.