‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 125 sur 167 · A. Outre qu'ils y ont été trompez · texte numérisé non relu

A. Outre qu'ils y ont été trompez

(1) Petit remarquait déjà que « les Pères parlent en Prédicateurs, non en Philosophes ». « Si Saint-Augustin, écrit-il, a ignoré la géographie quand il a nié les Antipodes, Saint Damascene a bien peu ignorer l'Astronomie et la bonne Physique quand il a parlé de la sorte (c'est lui qui a dit que « les Comètes sont formées pour être les Signes de la Mort des Rois ». Liv. 2, Ortodox). Et puis il l'a dit en dévot et par un bon zèle de la gloire de Dieu, pour exciter les Rois à régner avec Pieté et Justice, et tout le monde à faire son devoir, en avertissant un chacun de sa Mortalité. » (Petit, Dissert, sur les Comètes, p. 139.)

il y a assez d'autres motifs d'une certitude indubitable, qui doivent porter les hommes à craindre les jugemens de Dieu, et à s'amender, rien n'empêche que nous n'exami-

20 nions, si la crainte des Comètes est bien fondée, quand même il en devroit arriver que les hommes seroient délivrez d'une terreur chymerique à la vérité, mais pourtant utile. Autrement il faudrait approuver la conduite de ceux qui font des fraudes pieuses, qui enseignent mille

25 fables, qui supposent des miracles à plaisir, quand ils croyent que cela peut aider à la pieté ; ce qui est néanmoins une conduite très éloignée de l'esprit de l'Eglise. N'érigeons point nos fantaisies, dit le grand St. Augustin, enobjets de Religion ; car la moindre vérité est meilleure, que

3° tout ce que Von pourvoit inventer à plaisir (a). Il me semble même que ce seroit aller directement contre l'intention du St. Esprit déclarée dans ces paroles de Jeremie (b), à signis cœli nolite metuere, quae tintent Génies, que d'épouvanter les Peuples par les présages des Comètes (i).

(a) Non sit nobis religio in phantasmatïbus nostris, melius est enim qualecunque verum, quam quicquid pro arbitrio tingi potest. (De ver. relig.,

c SS)

(b) Cap. 10, v. 2.

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