C. Prioleau
Calmet sur les vampires et les apparitions a passé pour un délire ; mais il fait voir combien l'esprit humain est porté à la superstition. » (Siècle de Louis XIV, note de Voltaire, éd. Rébelliau et Marion, p. $56.)
Jean Bodin avait publié une Demonomanie en i^o.
Une déclaration du roi de 1675 défendit aux tribunaux d'admettre les simples accusations de sorcellerie.
(1) Priolo ou Prioli, né à Saint-Jean d'Angeli, en 1602, suivit à Leyde les leçons de Heinsius et de Vossius. Vint à Paris poussé par le désir de voir Grotius et suivit à Padoue les leçons de Ceremonius et de Licetas. Il suivit en i6$2 le parti de Condé, refusa d'écouter les promesses de Ma-arin et se retira en Flandre. Ses biens furent confisqués et sa famille exilée. Ce fut pour dissiper ses chagrins qu'il écrivit son Histoire : Benjamini Prioli ab excessu Ludavici XIII de rébus gallicis bistoriarum libri XII. Carolopoli, e tvpis Gcdeonis Ponccleti, Gerenissimi Ducis Mantuae Typcgrapbi, 1665.
où l'on est spéculatif sur ces choses-Ki plus que par tout ailleurs, jusques à chercher dans le nom d'un Cardinal, s'il sera élevé au Pontificat, il en coûte infailliblement la
35 vie dans l'esprit du Peuple, au Pape, à quelque Cardinal, à quelque Roy : quelquefois même il n'y va pas de moins que d'un changement de domination.
Nôtre Gazette se chargeoit très volontiers de cette sorte de contes, dans ses commencements. Celle du 23 de
40 janvier 1632 raporte dans l'article de Vienne que la naissance d'un monstre composé de deux enfans, la cheute d'une tour que l'Empereur avoit fait bâtir après la défaite du Roy de Bohême à la bataille de Prague, et la mort subite d'un Conseiller d'Etat, faisoient dire bien des choses
45 aux Interprètes des prodiges. Le monstre signifiait quelque Ligue fort étrange. La cheute de la tour ne pouvoit signifier, quoi que la Gazette n'ait pas crû qu'il s'en falust ouvrir entièrement, que la perte de tous les avantages que la maison d'Autriche avoit remporter par la défaite du Roy
50 de Bohême, en faveur duquel se feroit la Ligue étrange. Il peut y avoir des veûes de Politique dans le débit de ces nouvelles, comme je l'ay remarqué en raportant le caractère d'une femme Nouvelliste selon l'idée de Juvenal ; et c'a été sans doute la pensée de Mr. Naudé, qui dans le
55 Dialogue de Mascurat, applique à l'Auteur de la Gazette, tout ce que Juvenal a touché dans ce passage. Mais quoy qu'il en soit, on peut voir par là, que le génie des Peuples d'aujourd'huy est tout semblable à celui des Anciens, qui se repaissoient de fables et de vaines conjectures. Je suis
60 bien aise que pour l'amour de la France, que nôtre Gazette abandonne depuis assez long-temps cette espèce