‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 134 sur 167 · C. si l'on est bien · texte numérisé non relu

C. si l'on est bien

qu'on le feroit imprimer ; car il n'y a rien de plus choquant pour le Roy, que de dire. I. Que la principale ressource pour remédier à la petitesse des fonds destinez à payer les Convertis, est cette providence miraculeuse de 170 Dieu qui a fait croître l'huile et la farine de la Veuve, et multiplié les cinq pains. II. Que Mrs. les Prélats ou autres qui entreront charitablement dans les soins des conversions ne peuvent mieux faire leur cour au Roy, devant les yeux duquel toutes ces listes des convertis repassent, qu'en imitant ce qui a 175 été fait au Diocèse de Grenoble où presque jamais on n'est allé jusqu'à la somme de cent Francs, et presque toujours ou est demeuré extrêmement au dessous. Toute l'Europe est informée des richesses immenses du Roy, et des dépenses magnifiques qu'il fait en toutes choses, et cependant pour 180 une affaire qui regarde la Religion, on nous vient dire que les fonds en sont très petits, mais que la première et principale consolation viendra par quelque miracle de celui qui fait croître l'huile et la farine de la Veuve ; et on ajoute, qu'on ne sauroit mieux faire sa cour au Roy, 185 qu'en ménageant excessivement les fonds qu'il destine aux Convertis.

A l'égard des prodiges, j'espère que si on donne de bons avis à cet Historien, il n'en chargera point son ouvrage. Mais il n'en est pas de même de tant d'autres Secu- 190 liers et Réguliers, qui se mêlent d'écrire l'Histoire de nôtre tems. Ils nous vont accabler de miracles et de présages. Tant pis, Mr. car c'est une erreur la plus insoutenable du monde, que celle qui admet des présages. Plus j'y pense, plus j'en demeure convaincu ; et peu s'en faut 195 que je ne m'emporte jusqu'à la colère contre les Conteurs de prodiges. Cependant tout en est plein : nos Historiens

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