III. Preuve : Les Idolâtres ont été de vrais Athées en un
certain sens.
La troisième raison est, que si l'on y prend bien garde, l'on trouvera que les Idolâtres ont été de vrais Athées, 5 aussi destituez de la connoissance de Dieu, que ceux qui nient formellement son existenee. Car comme ce neseroit point connoître l'homme, que de s'imaginer que l'homme est du bois ; de même ce n'est point connoître Dieu, que de s'imaginer que c'est un être fini, imparfait, impuissant,
10 qui a plusieurs compagnons. De sorte que les Payens n'ayant connu Dieu que sous cette idée, on peut dire qu'ils ne l'ont point connu du tout, et qu'ils detruisoient par leur idée ce qu'ils etablissoient par leurs paroles, comme on l'a remarqué d'Epicure (c). Et c'est ce qu'a
15 voulu dire St. Paul (d), lors qu'il reproche aux Payens,
(a) In peccatis qux contra Deum committuntur, qux tamen sunt maxima, gravissimutn esse videtur, quod aliquis divinum honorem creaturae impendat, quia quantum est in se facit alium Deum in tnundo, minuens principatum divinum. (Secund. 2, quxst. 94. Art. j.)
(b) Mr. Hennan, Vie de S. Atban., 1. 2, ch. 18.
(c) Epicurum Deos verbo posuisse, reverà sustulisse.
(Cicero, } 1. de nat. Deor.)
(d) Epist. ad Roman., c. I.