‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 33 sur 167 · A. c'est luy · texte numérisé non relu

A. c'est luy

dont la parole Serre et lâche la bride, aux Postillons d'^Eole :

comme l'a fort bien remarqué M. de Scudery qui en parloit par expérience : (Préface cTIhnihnnj. Ou si vous l'aimez mieux en phrases latines qu'en phrases de Bartas ;

cui fundit ab austris JEolus armatas hyemes, cui militât -Ether, Et conjurati veniunt ad classica venti.

(Claudian. de 3. Consul. Houor.)

Son pouvoir ne se borne pas à cela. Tous les Elemens, etc.

dont il est question. Apres cela qui ne riroit de voir un très grand nombre de gens d'esprit ne donner, pour toute

30 preuve de la malignité de ces nouveaux Astres, que le terris muiantem régna Cometcn de Lucain ; le regnorum eversor, rubuit hthale Comètes de Silius Italicus ; le nec diri toties arsere Cometx de Virgile ; le nunquam terris spectatum impune Cometen de Claudien et semblables beaux

35 dictons des Anciens Poètes ?

De Y autorité des Historiens.

Pour ce qui est des Historiens, j'avoue qu'ils ne se donnent pas la liberté de supposer ainsi des Phénomènes extraordinaires. Mais il paroit dans la pluspart une si grande envie de raporter tous les miracles et toutes les 5 visions que la crédulité des Peuples a autorisées, qu'il ne seroit pas de la prudence de croire tout ce qu'ils nous débitent en ce genre là (i). Je ne sai s'ils croyent que leurs

30. A : que le rubuit hthale Comètes de Silius Italicus : le nec diri toties arsere Cometx de Virgile : le nunquam terris, etc.

(1) Pour moy quand je vois Tite Live, Plutarque, Justin, Dion, Suétone et les autres qu'on estime grands Hommes, estre tousjours dans les prodiges et dans les présages de toutes leurs plus grandes affaires, des morts de leurs Empereurs, Rois et Magistrats, de leurs batailles gagnées ou perdues, de leurs séditions, pestes ou famines ; et qu'ils farcissent leurs Histoires de Miracles faux en toutes façons ; ...je ne puis avoir pour eux toute l'estime et la vénération que j'aurois s'ils avoient esté moins crédules et plus Philosophes ; aussi ostez leur quelque bon sens commun, la Morale et la Politique, vous n'y trouverez rien à profiter des sciences des choses naturelles. (P. Petit, Dissertation sur la nature des Comètes, p. 84-85.)

Tant il est vray que la pluspart des Historiens sont crédules et men-

Histoires paroitroient trop simples, s'ils ne mêloient aux choses arrivées selon le cours du monde quantité de pro-

io diges et d'accidens surnaturels ; ou s'ils espèrent que par cette sorte d'assaisonnemens qui reviennent fort au goût naturel de l'homme, ils tiendront toujours en haleine leur Lecteur, en lui fournissant toujours de quoi admirer ; ou bien s'ils se persuadent que la rencontre de ces coups

15 miraculeux signalera leur Histoire dans le temps à venir; mais, quoiqu'il en soit, on ne peut nier que les Historiens ne se plaisent (a) extrêmement à compiler tout ce qui

(a) Quidam incredibilium relata, commendationem parant et lectorem dliud acturum, si per quotidiaiia dmeretur, miraculo excitant. Quidam creduli, quidam négligentes sunt, quibusdam mendacium obrepit, quibusdam placet. Illi non évitant, hi appel tint et hoc in commune de tota nations, qux approbare opus suum et jieri populare non putat posse, nisi illud mendacio aspersit (1). (Senec, Natur. quxst., lib. 7, cap. 16. )

15. A. comme l'Empereur Domitien se persuada qu'il luy seroit glorieux que sous son Règne on eut enterré toute vive la Supérieure des Vestales, pour n'avoir pas été un assez grand exemple de continence : (PUnius, 1. 4, Epistola IL) et comme un autre Empereur souhaitta passionnément qu'il arrivast de son tems des incendies, des famines et des mortalitez : qne la terre même s'ouvrist pour abymer dss villes et des Provinces, s'imaginant qu'à moins de cela on ne parleroit point de luy, au lieu que par ce moyen on citeroit son Empire en toutes rencontres ; (Sueton. in vità Caligul.) C. ji. mais quoi qu'il en soit, etc.

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