C. leur ambition leur donne
200 écrivent contre l'Astrologie. Témoin cet Astrologue qui assura le public que M. de Gassendi qui faisoit tant de l'entendu contre la Judiciaire mourroit vers la fin de juillet, ou au commencement d'Août 1650 et (a) qui eut la honte de voir qu'il se trouva guéri en ce tems là de la
205 maladie, sur laquelle la prédiction se fioit apparemment bien plus que sur la vertu des Astres (1).
Du crédit de l' Astrologie parmi les Anciens Payons.
Mais il ne sera pas inutile de faire voir qu'encore que l'Astrologie soit la plus vaine de toutes les impostures, elle n'a pas laissé de s'établir dans le monde une espèce de domination. Il paroit par plusieurs passages de l'Ecri- 5 ture (b) que la Cour des Roys de Babylone étoit toute pleine d'Astrologues, qui semoient leurs prédictions par tout, et flattoient leur nation de mille trompeuses espérances. Il y en avoit aussi beaucoup en Egypte. Ils infa-
(a) Marin. Voyez M. Bernier: Abreg. de Gassendi, tom. 4, p. 489.
(b) Isaïe, cb. 44 et 47.
(1) Petit, dans un long chapitre de sa Dissertation sur tes Comètes, démontre l'Extravagance de l'Astrologie judiciaire (p. 134 sqq.).
« Personne n'ignore que l'Astrologie judiciaire n'est ny un Art ny une Science, puis qu'elle n'a aucun principe ny démontré ni plausible. Tous les Chrestiens demeurent d'accord qu'elle est contraire à la Religion et au Franc- Arbitre, parce qu'elle impose une fatalité indispensable aux actions des Hommes et les fait dépendre d'une imaginaire influence des Astres. Aussi l'Eglise ne permet l'usage de l'Astrologie qu'en ce qui peut servira la Médecine, à la Navigation et à l'Agriculture. » (Comiers, Disc, sur ks Ccmet., Mer. de Fr., janvier 1681, p. 115).
tuerent(i) tellement la. ville de Rome, qu'il falut que l'au-
io torité du Prince reprimast ce grand abus. Mais l'arrêt de leur bannissement étoit si mal exécuté, que cette négligence a fait dire à un Historien, qu'on chasseroil Joûjours les astrologues ci qu'on les retiendront toujours (a). Ce n'est pas que la fausseté de leurs prédictions ne les deust suffi-
15 samment décrier, car le seul Empereur Claude qu'ils menaçaient incessamment de l'heure fatale, les avoit fait mentir tant de fois que Seneque (b) introduisit Mercure priant la Parque de vouloir bien permettre que les Astrologues dissent enfin la vérité. Mais que voulez vous?
20 les hommes aiment à être trompez, et pour cela ils oublient aisément les beveùes des Astrologues, et ne se souviennent que des rencontres où leurs prédictions ont passé pour véritables.
C'est ce qui a été fort bien remarqué par Henri le
25 Grand (2). Il ne se passoit point d'année, ni de mois où les
(a) Genus hominum potentibus injidum, sperantibus fallax, quod in civtiate nostra et vetabitur semper et retinebitur. (Tarit., 1. 1, Histor.)
(b) Patere mathematicos aliquando verum diccre, qui ilîum postquam Priucepsfactus est, omnibus annis, omnibus mcnsibus, cjfcrunt. (De morte Claud. Cxsar.)