A. les Payens et les Mahometans
15. Le § : « Les voyages de M. Tavernier », jusqu'à : « Les Relations de la Chine », a été ajouté dans B.
remarques sur les tems qui sont bons à se saigner, à se purger, à voyager, à s'habiller de neuf, et à d'autres choses
25 de cette nature ; que les Perses donnent une entière créance à cet Almanach, de sorte que qui en peut avoir un, se gouverne en toutes choses selon les reiffles. Cela va si loin qu'en l'an 1667 (b), le Roy de Perse Cha- Sephi II du nom ne pouvant rétablir sa santé par toute
30 l'industrie de ses Médecins, on crut que les Astrologues en étoient la cause pour n'avoir pas seu prendre l'heure favorable, lors que le Roy fut élevé sur le throne. Et là dessus ce fut à recommencer ; car les Médecins et les Astrologues joints ensemble étant convenus d'une heure
35 propice, on ne manqua pas de refaire toutes les cérémonies du couronnement, et il fut même trouvé à propos de changer le nom du Roy. Les Médecins de la Cour furent la principale cause de toute cette Comédie, parce que craignant la disgrâce où quelques uns de leur Corps
40 étoient déjà, ils s'avisèrent de justifier la Médecine au dépens de l'Astrologie, et d'asseurer que la maladie du Roy et la disette qui affligeoit le Royaume en même tems, venoient de la faute des Astrologues, ce qu'ils s'offrirent de prouver prétendant être aussi habiles qu'eux
45 dans la connoissance de l'avenir. Leur proposition ayant plu au Roy et à son Conseil, on ordonna une Consultation d'Astrologues et de Médecins pour trouver une heure favorable à un second couronnement. L'agréable sujet que c'eust été pour Molière qu'une consultation
50 entre des Astrologues et des Médecins pour le bien public d'un grand Ro}"aume ! Combien de railleries n'eust il pas imaginé en voyant la Médecine appeller l'Astro-
(b) Ibid., ch. 1.