A. encore que le Bourgeois n'eut jamais été au monde
(1) « Pour cela (quand beaucoup d'événements funestes suivraient l'apparition des Comètes) faudroit-il conclure parce qu'elles l'auroient précédé, qu'elles en fussent les causes ou les signes ? Quoy, de deux evenemens qui s'entresuivent, dont l'un mesme est ordinaire et naturel, l'autre extraordinaire, le premier sera-t'il la cause ou le signe de l'autre ? je ne sçay pas en quelle Logique cela se peut conclure ; mais je sçay bien que les Pronostiqueurs des Comètes n'ont point de meilleures raisons pour authoriser leurs prédictions. » (P. Petit, Dissert, sur les Comètes, p. 96.)
couvert dans sa conduite une coutume générale de juger de tout sur les premières impressions des sens et des passions, sans attendre un examen plus exact, mais aussi un peu trop pénible. Les gens d'étude qui devroient être 40 la lumière des autres suivent beaucoup plutôt ce torrent là, qu'ils ne le détournent dans le chemin des véritables savants .
Ve Raison : Qu'il est faux, qu'il soit arrivé plus de malheurs dans les années qui ont suivi les Comètes qu'en tout autre tctns.
Outre tout cela on peut mettre en Fait, I. Qu'à conter tout ce qui s'est passé ou dans le monde, ou dans l'une de ses plus grandes parties, il est arrivé autant de malheurs dans les années qui n'ont veu ni suivi de prés aucune Co- 5 mete, que dans celles qui en ont veu ou suivi de prés(i). II. Que les années que l'on croit avoir été empoisonnées par l'influence des Comètes, sont remarquables par d'aussi grands bonheurs pour quelques endroits du monde, qu'aucun autre tems que ce puisse être. III. Que les evenemens ie les plus tragiques et les désolations les plus épouvantables
1. Les chiffres I, II, III, ne sont pas dans A. 9. C. les aventures les plus tragiques.
(1) « Mais quoy, toutes ces choses sinistres qui sont arrivées après les Comètes n'arrivent-elles point devant ? Et n'arriveroient-elles point sans elles ? n'y en a-t-il pas un plus grand nombre et de plus extraordinaires qui n'ont point été précédées par aucunes Comètes ? » (P. Petit, Diss. sur les Com., p. 100.)
n'ont été précédez d'aucune Comète, au lieu que les prosperitez les plus insignes l'ont été. Pour dire tout en peu de paroles, on peut mettre en fait que si on prend l'Histoire générale du monde, et qu'on suppute avec soin le
15 bien et le mal qui a été senti par toute la terre dans l'espace de 15 ou 20 ans, on trouvera que l'un portant l'autre, cela est fort semblable au bien et au mal qui a été par tout le monde dans l'espace d'autres 1 5 ou 20 ans, ce qui fait voir que les années qui suivent l'apparition des
20 Comètes n'ont rien qui les distingue des autres, et qu'ainsi c'est avec une très grande injustice qu'on se fait fort de l'expérience.
S'il y a des jours heureux, ou malheureux (1).
On peut faire la même observation contre ceux qui prétendent qu'il y a certaines saisons affectées aux grands evenemens. Bodin qui malgré son esprit, et sa vaste literature, et son peu de Religion, a fait paroitre beaucoup 5 de crédulité superstitieuse en diverses choses, s'est amusé par ce principe à nous donner (a) un ramas de plusieurs révolutions avenues au mois de Septembre. Il n'y a qu'un mot à dire contre lui et contre tous ceux qui perdent le tems à de semblables recherches, par exemple à recueillir 10 ce qui s'est passé dans les années Climacteriques des Etats, ou sous le 21. 49. 63. Roy d'une Monarchie, 7. ou
(a) De Republic., 1. 4, c. 2.