A. qui se remarque dans les Historiens
(1) Pierre-Ange Manzoli, connu sous le pseudonyme de Marcellus Palingenius, né à la Stellata, territoire de Ferrare. (A moins que le mot Stellatus, qu'il joint à son pseudonyme ne soit une simple allusion aux sujets qu'il traite.) Auteur d'un ouvrage qui a pour titre Marcelli Palingenii Stellati Zodiacus vita?, hoc est de Hominis vita studio ac moribus optimis instituendis,(en XII livres). Bâle, 1537, in-8. C'est un poème latin où il fait valoir les objections libertines contre la Religion. Une particularité de cet ouvrage, qui est à l'index des hérétiques de 1" classe, c'est que les titres n'ont aucun rapport avec les sujets traités dans l'Ouvrage. Il a été traduit en 1731 par M. de la Monnerie, maître paveur. Cf. le Dictionnaire critique de Bayle.
vous même ce que raportent ces témoins, sans vous laisser préoccuper par tout ce qu'ils pourront vous apprendre non pas en qualité de témoins, mais en qualité de faiseurs de complaintes et de reflexions.
Comparaison des aimées qui ont suivi les Comètes de l'an 1665 avec les années qui ont précédé la Comète de l'an
Je ne saurois m'empécher quoi que je ne veuille entrer en aucun détail, de vous faire jetter la veùe sur ce qui s'est passé comme sous nos yeux, pendant les sept années qui ont suivi les deux horribles Comètes de l'an 1665. 5 Pouvez vous dire en conscience que l'Europe ait été affligée pendant ces années là, d'une manière à se recrier que tout étoit perdu ? Y voyez vous des malheurs qui passent le train ordinaire ? A-t-on veu que des nations Barbares comme autrefois les Huns, les Goths, les Alains,
10 les Normans, ayent porté la désolation dans une infinité de Provinces ? A-t-on veu la peste dépeupler les plus florissans Royaumes, et coucher dans le tombeau la plus considérable partie des hommes ? A-t-on crié famine dans la plus part des Pays ? A-t-on veu des Rois mis à
15 bas de leur throne par la rébellion de leurs sujets, ou par l'usurpation de leurs voisins ? A-t-on veu naitre des Hérésies ou des Schismes ? A-t-on veu l'impunité des crimes autorisée par les magistrats ? N'a-t-on pas veu au contraire que la peste, la guerre et la famine, les trois
20 grands fléaux du genre humain, ont épargné les Peuples autant qu'on se le peut promettre dans la condition de nôtre nature ?
Je ne voi guère que quatre guerres dans l'espace du tems que j'ai pris, savoir celle des Turcs et des Vénitiens :
25 celle des Espagnols et des Portugais : celle de la Hollande et de l'Angleterre : et la Campagne de l'Isle. Les deux premières qui avoient commencé long tems avant que les Comètes parussent, ont été terminées heureusement dans le temps que j'ay marqué ; et les deux autres
3° ont commencé et fini presque en même tems, ce qui montre que les influences des deux Comètes de question, étoient bien plus porté pour la paix que pour la guerre, puis qu'elles ont terminé les guerres qui avoient commencé sans leur participation, et calmé bien tôt celles qui
35 s'étoient élevées durant leur re<?ne.
Guerre des Turcs et des Vénitiens.
Vous vous souvenez sans doute, Monsieur, d'un de nos communs Amis, qui n'a jamais voulu se délivrer de l'envie de dire des pointes, selon la mauvaise coutume du vieux tems, quoi que nous l'en ayons souvent raillé : 5 mais je ne sai si vous vous souvenez de la surprise où il fut quand il apprit que la paix conclue après la journée du Raab entre l'Empereur et le Grand Turc, avoit été ratifiée. Quoi, s'écria-t-il, on fait la paix à la barbe d'une Comète et au milieu des plus belles dispositions du monde à 10 reparer les pertes que les Turcs ont fait souffrir aux Chrê-
10e PENSÉES SUR LA COMÈTE
tiens ? Sans doute la Comète recule pour mieux sauter, elle nous attend en Candie, et c'est là quelle déchargera toute sa rage. Cependant, Mr, vous m'avouerez que tout ce qui s'est fait en Candie depuis l'an 1665 jusques au Traitté 15 de paix ne peut être nullement conté pour un de ces grands malheurs que le Ciel annonce à la Terre par des prodiges : car si vous y prenez garde, tout cela se réduit à la perte d'une ville qui étoit bloquée depuis très long tems. Si c'est un malheur pour la Chrétienté que d'avoir 20 perdu l'Isle de Candie, c'est un malheur qu'il faut raporter à un autre tems qu'à celui qui s'est écoulé depuis l'an 1665, puis qu'il est de notoriété publique que les Turcs s'étoient emparez de l'Isle plusieurs années avant celle là, et que par le blocus qu'ils tenoient devant la Capitale, ils 25 rendoient tout le Royaume aussi inutile aux Chrétiens, qu'il le sauroit être à présent et même beaucoup plus, car encore est il permis présentement aux Vénitiens de profiter de ce qui leur reste dans cette Isle, sans faire les dépenses à quoi ils étoient engagez pendant la guerre. 30 De sorte que tout bien conté il se trouvera que la paix faitte l'an 1669, au lieu d'empirer les affaires des Vénitiens, les a améliorées, et par conséquent que la Comète ne s'est pas dédommagée en Candie de ce que la paix d'Allemagne lui avoit fait perdre. Apres tout est ce une 35 chose si étonnante qu'un Prince aussi puissant que le Grand Seigneur, pressant une Ville pendant deux ans de la plus furieuse manière du monde, favorisé du voisinage de ses autres Etats, la prenne sur une Republique qui est contrainte de mendier du secours à éoo lieues loin de là ? 40 N'est ce pas un grand bonheur à cette Republique d'en être quitte à si bon marché.
56. C. pressant de la plus furieuse manière du monde, une ville pendant deux ans.
Guerre des Espagnols et des Portugais.
Le Traitté de Paix de l'an 1668 entre l'Espagne et le Portugal, fut un bien inestimable pour ces deux Couronnes. Pour la première, parce que bien loin d'être en état de se faire rendre ce qu'Elle demandoit, Elle avoit 5 lieu de craindre de nouvelles pertes sous une minorité qui n'étoit pas exempte de broùilleries. Et pour la seconde, parce qu'outre la paisible possession de ses Etats, et la décharge des incommoditez de la guerre, Elle acquit l'avantage de voir sa Souveraineté reconnue par
10 ceux qui l'avoient contredite jusques alors. Quoi qu'il en soit, me direz vous, c'est un malheur pour l'Espagne d'avoir perdu le Portugal, et de n'avoir pas eu la force de le recouvrer. Je l'avoue, mais c'est un malheur qu'il faut raporter à l'an 1640 et aux pertes que cette Couronne
1 5 avoit faites dés avant que les Comètes parussent, qui par là demeurent déchargées de l'accusation qu'on voudroit leur intenter. Vous avez oui dire peut être, ce bon mot du Comte de Villa-Mediana, sur une figure à cheval du Roy Philippe IV où l'on avait mis Philippe le Grand :
20 si lo es, es como un ojo, que mas tierra le llevan, mas le engrande\en. En effet c'est sous le règne de Philippe IV que l'Espagne a le plus perdu de ses Etats, et par conséquent ces pertes ne doivent pas être imputées aux Comètes de l'an 1665.
2. A. est 17 La fin de XXXVII manque dans A depuis : Vous avez oui dire peut être.
Guerre des Anglois et des Hollandois.
Pour ce qui est de la guerre des Anglois et des Hollandois, je ne nie pas qu'elle n'ait été fort rude pendant le peu de tems qu'elle a duré, mais comme deux ou trois Campagnes en ont fait la raison, elle n'a été ni ruineuse S ni fort dommageable aux deux partis. En effet après h Traitté de Breda les Anglois se trouvèrent ce qu'ils étoient avant la guerre, et les Hollandois si peu affoiblis, que leur fortune en devint plus florissante, qu'il n'eut été à souhaitter pour leur repos, car toutes ces prospe-
io ritez leur ayant fait concevoir une trop grande opinion de leurs forces, leur firent oublier qu'ils avaient d'assez grandes obligations à Louis le Grand, pour lui laisser conquérir la Flandre. Il leur en a coûté bon, mais ce n'est pas la faute des Comètes de 1665. C'est une suitte
1 S de la nécessité où ils crurent être de s'opposer à l'aggrandissement d'un voisin redouté de toute l'Europe. Ils crurent que la bonne politique les engageoit à conserver l'équilibre parmi leurs voisins, et qu'ils se dévoient servir de l'état florissant de leur Republique pour empêcher
20 l'entière invasion des Pays-Bas. S'ils se sont mal trouvez d'avoir raisonné sur ces Principes, et si la fortune n'a pas secondé l'usage qu'ils ont fait du bonheur qui les accom-