C. Si l'on
9. C. il fit en sorte que les païs par où ses troupes dévoient passer, fussent délivrez des allarmes.
l'approche d'une armée a de coutume de jetter dans les esprits, ayant fait publier par avance, qu'il ne pretendoit pas rompre la paix des Pyrénées, ni troubler les artisans dans l'exercice de leur métier, ni les laboureurs dans la
1 5 culture des terres, ni les moissonneurs dans le travail de la récolte, ni les marchands dans leur trafic, ni rien faire de tout ce qui rend la marche des armées incommode aux Peuples.
Le progrés de ses armes fut à la vérité surprenant, et
20 tout ce qui osa lui résister succomba bien tôt sous le poids de sa valeur, de sa vigilance, et de cette sage activité avec laquelle il vient promptement à bout des choses les plus difficiles. On le vit percer comme un foudre tous les Pays-Bas Catholiques, et y faire plusieurs tours et retours,
25 laissant par tout des marques éclatantes de sa victoire. Mais après tout la manière dont il traittoit les vaincus ne leur étoit nullement à charge. Bien loin de dire comme ce Prince dont il est parlé dans la Parabole de l'Evangile : (a) Inimicos meos illos, qui nolucrunt me regnare super se,
30 adducite hue, et interficite ante me : Ameinei moi ces ennemis qui n'ont pas voulu me reconnoitre pour leur Roy et les tuez. en ma présence ; Sa Majesté leur donnoit mille marques de sa bonté Royale, et c'a été un bonheur insigne aux villes qui furent conquises cette Campagne là, de n'avoir pas
35 pas eu la force de résister, car si elles fussent demeurées sous la domination d'Espagne, elles n'eussent pas joui de la sécurité où elles ont été plongées pendant la dernière guerre. La puissance du Roy les mettoit à couvert de toute sorte d'inquiétude ; elles ne craignoient ni siège ni
(a) Euangel. secundum Luc, cap. 19, v. 29.