‹ Pensées diverses sur la comèteChapitre 95 sur 167 · G. soutenir ses intérêts plus hautement · texte numérisé non relu

G. soutenir ses intérêts plus hautement

23. La phrase : Il étoit arrivé quelque chose d'approchant etc., n'est pas dans À.

26. A. sages et vertueux, qu'ils conçeussent. 30. Qu'étoit-ce donc ? est une addition de B.

Pensées sur la Comète. 11

contraire tâchant de l'empêcher de toute sa force, il vou-

35 loit qu'on regardast avec horreur et avec tremblement, le manque de respect pour les cérémonies de la Religion, et pour les choses consacrées aux fausses Divinitez.

Que n'a-t-il point fait pour se faire sacrifier des enfans ? Denys d'Halicarnasse nous raconte (a) que Jupiter et

40 Apollon affligèrent les Pelasgiens de la manière la plus désolante. Leurs fruicts et leurs grains étoient tout gâtez avant que de meurir. Leurs fontaines tarissoient, ou devenoient si puantes, qu'on n'en pouvoit boire. On ne voyoit que des avortemens, ou des femmes qui mouroient en

4S travail d'enfant, elles et leur fruict, ou qui ne mettoient au monde que des enfans estropiez, aveugles et contrefaits. Les hommes et les bêtes perissoient de toutes parts de diverses maladies inconnues. En voulez-vous savoir la raison ? C'est que les Pelasgiens ayant voué à ces Dieux

50 là par un tems de stérilité, la dîme de tous leurs fruicts, oublièrent en s'acquittant de leur vœu de sacrifier la dime de leurs enfans. Ce fût sans supercherie, car ils n'avoient jamais eu intention de vouer la disme de cette sorte de fruicts. Mais comme ils avoient à faire à plus fin

55 qu'eux, on leur fit chicane sur un mot, on leur déclara que qui dit tout, n'excepte rien, et par conséquent que la disme de leurs enfans devoit être aussi sacrifiée, à quoi ils se soumirent pour avoir la paix.

L'Histoire ancienne est pleine de faits semblables (b)

(a) Lib. I.

(b) Voi. Peucer, de Divination, generibus, p. 15 (1).

(1) Gaspar Peucer né à Bautzen (Lusace) en 1525 ; mort en 1602. Enseigna les mathématiques, puis devint docteur et professeur en médecine à Wittemberg. Ami de Melanchthon, il épousa une de ses filles. Poursuivi pour ses opinions religieuses, il resta onze ans en prison. Il fut l'éditeur des œuvres de Melanchthon. Sa principale œuvre

60 qui établissent clair comme le jour, que le moyen le plus efficace dont les Démons se soient servis pour fomenter le culte sacrilège des Idoles, et pour étendre les cérémonies superstitieuses des Gentils jusqu'aux crimes les plus affreux, a été d'épouvanter le monde par des prodiges, et

65 d'accoutumer les hommes à juger que c'étoit une dénonciation des maux à venir, et un reproche de négligence dans le service des Dieux ; qu'il falloit donc multiplier les cérémonies Religieuses, ordonner des processions et des vœux solennels, tel qu'étoit celui qu'on appelloit ver

70 sacrum, faire couler le sang d'une infinité de victimes, bâtir des Temples et des Autels, instituer des Fêtes et des Jeux publics en l'honneur des Dieux, et faire venir de nouvelles Divinitez, comme quand les Romains envoyèrent chercher à Epidaure (a) le Dieu Esculape en suite d'une

75 cruelle peste ; et à Pessinunte (b), la Déesse Cybele en suite de quelques pluies de pierre qu'on avoit veu tomber en Italie.

(a) L\m de Rome 461. Livius, lib. 10.

(b) L'an de Rome 548. Livius, dcc. 3, lib. p.

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